{"id":101,"date":"2007-09-28T00:00:00","date_gmt":"2007-09-27T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=101"},"modified":"2007-09-28T00:00:00","modified_gmt":"2007-09-27T23:00:00","slug":"nallez-pas-au-stade-de-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=101","title":{"rendered":"N&rsquo;allez pas au Stade de France !!!"},"content":{"rendered":"<p>Le Stade de France existe, Rennet l&#39;a rencontr&eacute;&#8230; De notre envoy&eacute; sp&eacute;cial &agrave; St Denis, Louis Lefourbe.<!--more--><\/p>\n<p><strong>Cauchemar dionysien<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;Elev&eacute; au rang de panth&eacute;on du sport fran&ccedil;ais, le Stade de France s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; c&eacute;l&eacute;brer son dixi&egrave;me anniversaire. En attendant les &eacute;c&oelig;urantes r&eacute;jouissances dont nous gratifiera certainement la soci&eacute;t&eacute; qui l&rsquo;exploite, c&rsquo;est l&rsquo;heure ou jamais de poser un regard lucide sur l&rsquo;enceinte dionysienne.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p><em>De ce terrible paysage, <\/em><\/p>\n<p><em>Tel que jamais mortel n&rsquo;en vit, <\/em><\/p>\n<p><em>Ce matin encore l&rsquo;image, <\/em><\/p>\n<p><em>Vague et lointaine, me ravit.<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p><strong>19 heures<\/strong>&nbsp;: il est temps de se mettre en route pour aller assister au match.&nbsp;Peu importe lequel d&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est &agrave; chaque fois le m&ecirc;me cirque. Dans les rames bond&eacute;es du RER, des hordes de footix &ndash; ou leurs alter-ego rugbystiques &ndash; v&ecirc;tus de bleu commencent &agrave; pousser la chansonnette. Ca fleure bon la France d&rsquo;en bas, les rillettes et la vinasse. La plupart viennent en famille&nbsp;: Papa est boudin&eacute; par son maillot bleu, Maman rajuste la casquette officielle du club des supporters de l&rsquo;&eacute;quipe de France, et le fiston arbore fi&egrave;rement une &eacute;charpe aux couleurs de ses h&eacute;ros. &laquo;&nbsp;Ce soir, va y avoir de l&rsquo;ambiance,&nbsp;&raquo; affirme avec un large sourire le paternel, la moustache fr&eacute;tillante. Ca promet&hellip;<\/p>\n<p>&nbsp;<em>Le sommeil est plein de miracles ! <\/em><\/p>\n<p><em>Par un caprice singulier <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;avais banni de ces spectacles <\/em><\/p>\n<p><em>Le v&eacute;g&eacute;tal irr&eacute;gulier, <\/em><\/p>\n<p><em>Et, peintre fier de mon g&eacute;nie, <\/em><\/p>\n<p><em>Je savourais dans mon tableau <\/em><\/p>\n<p><em>L&rsquo;enivrante monotonie <\/em><\/p>\n<p><em>Du m&eacute;tal, du marbre et de l&rsquo;eau.<\/em><em>&nbsp;<\/em> <\/p>\n<p><strong>19h45<\/strong>&nbsp;: c&rsquo;est le moment de sortir du RER et d&rsquo;affronter la mar&eacute;e humaine qui jalonne les quelques centaines de m&egrave;tres reliant la gare au stade. Les marchands du temple nous attendent&nbsp;: install&eacute;s derri&egrave;re les comptoirs de leurs baraques &agrave; frites, ils commencent d&eacute;j&agrave; &agrave; ne plus savoir o&ugrave; donner de la t&ecirc;te. Apr&egrave;s un quart d&rsquo;heure &agrave; jouer des coudes, je parviens enfin &agrave; commander un merguez-frites et une pinte de bi&egrave;re. &laquo;&nbsp;Y a plus de moutarde,&nbsp;&raquo; daigne m&rsquo;informer l&rsquo;un des apprentis ma&icirc;tre-queux. Tant pis, quelques centilitres de graisse liquide feront l&rsquo;affaire&hellip; Plus l&eacute;ger de huit euros, je m&rsquo;&eacute;loigne de la cohue en me maudissant d&rsquo;avoir oubli&eacute; de demander un essuie tout. Vingt m&egrave;tres plus loin, c&rsquo;est le drame&nbsp;: quelques excit&eacute;s paradant derri&egrave;re un drapeau tricolore me heurtent et font tomber ma pr&eacute;cieuse pinte. Heureusement que j&rsquo;ai pens&eacute; &agrave; emmener une bouteille d&rsquo;eau dans mon sac&hellip;<\/p>\n<p>&nbsp;<em>Babel d&rsquo;escaliers et d&rsquo;arcades, <\/em><\/p>\n<p><em>C&rsquo;&eacute;tait un palais infini <\/em><\/p>\n<p><em>Plein de bassins et de cascades <\/em><\/p>\n<p><em>Tombant dans l&rsquo;or mat ou bruni ; <\/em><\/p>\n<p>En chemin, mon regard s&rsquo;attarde sur les panneaux indiquant le nom des rues attenantes. Rue Jules Rimet, en hommage au cr&eacute;ateur de la coupe du monde de football&nbsp;: passe encore. Mais perpendiculairement &agrave; celle-ci, je constate avec effarement que les traverses ont &eacute;t&eacute; baptis&eacute;es Rue du Mondial 1998, Rue de l&rsquo;Olympisme, Rue du Tournoi des Cinq Nations et Rue de Brennus. La glorification de la France comme patrie du sport n&rsquo;a pas de limites, tout comme le manque d&rsquo;imagination des &eacute;lus locaux. Ces venelles sans charme sont bord&eacute;es d&rsquo;immeubles de verre et de m&eacute;tal, au pied desquels scintillent les enseignes de quelques brasseries sans &acirc;me, o&ugrave; la bi&egrave;re est encore plus ch&egrave;re que dans les baraques &agrave; frites. D&eacute;tournant le regard, je presse le pas.<\/p>\n<p><em>Et des cataractes pesantes, <\/em><\/p>\n<p><em>Comme des rideaux de cristal <\/em><\/p>\n<p><em>Se suspendaient, &eacute;blouissantes, <\/em><\/p>\n<p><em>A des murailles de m&eacute;tal.<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>Arriv&eacute; sur l&rsquo;esplanade, c&rsquo;est l&rsquo;instant d&eacute;sormais familier de la contemplation b&eacute;ate&nbsp;: la masse gigantesque de l&rsquo;enceinte me domine de toute sa hauteur. Le b&acirc;timent est orn&eacute; de colossales repr&eacute;sentations picturales o&ugrave; tous les tons de l&rsquo;arc-en-ciel se m&eacute;langent joyeusement&nbsp;: le jaune d&rsquo;un constructeur automobile, le rouge d&rsquo;une boisson gazeuse, le bleu d&rsquo;un assureur, l&rsquo;orange d&rsquo;un fournisseur d&rsquo;&eacute;nergie, le vert d&rsquo;un loueur de voitures&hellip; D&rsquo;immenses b&acirc;ches qui bordent l&rsquo;autoroute attenante permettent aux automobilistes de passage d&rsquo;avoir droit &agrave; leur part de r&ecirc;ve. Outrageusement fard&eacute; comme une vieille prostitu&eacute;e pour compenser la faillite de ses charmes, le Stade de France brille dans la nuit aux couleurs de ses &laquo;&nbsp;<em>partenaires<\/em>&nbsp;&raquo;. Une forte envie de vomir me tenaille le bide&nbsp;: pas s&ucirc;r que ce soit le merguez-frites que je viens d&rsquo;ingurgiter.<\/p>\n<p>&nbsp;<em>Non d&rsquo;arbres, mais de colonnades <\/em><\/p>\n<p><em>Les &eacute;tangs dormants s&rsquo;entouraient <\/em><\/p>\n<p><em>O&ugrave; de gigantesques na&iuml;ades, <\/em><\/p>\n<p><em>Comme des femmes, se miraient.<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>Une fois pass&eacute;s les contr&ocirc;les de s&eacute;curit&eacute; pr&eacute;liminaires, o&ugrave; j&rsquo;ai d&ucirc; abandonner ma bouteille d&rsquo;eau en gage de ma bonne conduite, je gravis les escaliers pour rejoindre ma place en tribune. Pas encore plein, le Stade commence d&eacute;j&agrave; &agrave; se chauffer les cordes vocales, dop&eacute; par l&rsquo;entrain surnaturel des footix. Les footix constituent la cohorte la plus bruyante des 80 000 privil&eacute;gi&eacute;s qui assistent, une grosse vingtaine de fois l&rsquo;an, aux matchs qui se tiennent au Stade de France. La plus bruyante, mais de loin la moins nombreuse, et la seule &agrave; venir en transports en commun.<\/p>\n<p><em>Des nappes d&rsquo;eau s&rsquo;&eacute;panchaient, bleues, <\/em><\/p>\n<p><em>Entre des quais roses et verts, <\/em><\/p>\n<p><em>Pendant des millions de lieues, <\/em><\/p>\n<p><em>Vers les confins de l&rsquo;univers :<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>Ils sont largement devanc&eacute;s par une population de parisiens ais&eacute;s, qui viennent passer la soir&eacute;e entre l&rsquo;A1 et le p&eacute;riph&eacute;rique comme on va au th&eacute;&acirc;tre ou &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra. Attention &agrave; ceux-l&agrave;, il ne faudra pas les d&eacute;ranger durant le spectacle.<\/p>\n<p>&nbsp;<em>C&rsquo;&eacute;taient des pierres inou&iuml;es <\/em><\/p>\n<p><em>Et des flots magiques, c&rsquo;&eacute;taient <\/em><\/p>\n<p><em>D&rsquo;immenses glaces &eacute;blouies <\/em><\/p>\n<p><em>Par tout ce qu&rsquo;elles refl&eacute;taient !<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>La derni&egrave;re partie de l&rsquo;assistance, sans doute la plus nombreuse, est compos&eacute;e des l&eacute;gions de collaborateurs de grandes entreprises qui viennent parler business dans les loges au-dessus du premier &eacute;tage, ou en tribune &ndash; lat&eacute;rale bien s&ucirc;r &ndash; quand les espaces VIP sont surcharg&eacute;s. Pour le confort de ces derniers, il ne faudra pas crier trop fort pendant le match. On s&rsquo;en voudrait de g&ecirc;ner leurs transactions commerciales.<\/p>\n<p><em>Insouciants et taciturnes, <\/em><\/p>\n<p><em>Des Ganges, dans le firmament, <\/em><\/p>\n<p><em>Versaient le tr&eacute;sor de leurs urnes <\/em><\/p>\n<p><em>Dans des gouffres de diamant.<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p><strong>20h35&nbsp;<\/strong>: il est temps d&rsquo;en griller une pour patienter, et accessoirement faire passer l&rsquo;arri&egrave;re-go&ucirc;t de graisse laiss&eacute; par le faux hot-dog. Dans dix minutes, le match va commencer&nbsp;: c&rsquo;est le moment d&rsquo;aller aux toilettes, parce qu&rsquo;&agrave; la mi-temps la foule aura compl&egrave;tement salop&eacute; les lieux. En retournant &agrave; ma place, j&rsquo;entends la musique protocolaire annoncer le d&eacute;but des r&eacute;jouissances. Le speaker &eacute;gr&egrave;ne les pr&eacute;noms des joueurs et laisse les spectateurs, ravis, scander les noms de leurs idoles. Satisfaits par ce premier jeu r&eacute;ussi, les footix se rassoient, c&eacute;dant aux demandes pressantes et pour l&rsquo;instant polies des amateurs de th&eacute;&acirc;tre. Il est 20h45, les acteurs entrent en sc&egrave;ne.<\/p>\n<p>&nbsp;<em>Architecte de mes f&eacute;eries,<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;Je faisais, &agrave; ma volont&eacute;, <\/em><\/p>\n<p><em>Sous un tunnel de pierreries <\/em><\/p>\n<p><em>Passer un oc&eacute;an dompt&eacute; ;<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>Le match commence sous les vivats bon enfant du public. Les flash cr&eacute;pitent, les applaudissement retentissent et, pass&eacute;es les premi&egrave;res secondes, le silence retombe. Souvenez-vous&nbsp;: nous sommes au th&eacute;&acirc;tre, on fait du bruit seulement quand un acte se termine. Trop &eacute;loign&eacute;s de la sc&egrave;ne, les spectateurs des rangs sup&eacute;rieurs reportent maintenant leurs regards vers les &eacute;crans g&eacute;ants qui surplombent les virages&nbsp;: c&rsquo;est le moment que choisit la r&eacute;alisation TV pour lancer le deuxi&egrave;me jeu de la soir&eacute;e. Sur le terrain, une action s&rsquo;arr&ecirc;te&nbsp;; sur l&rsquo;&eacute;cran appara&icirc;t le visage d&rsquo;une jeune fille grim&eacute;e de bleu, blanc et rouge. Apr&egrave;s quelques instants d&rsquo;incompr&eacute;hension, l&rsquo;adolescente se met &agrave; gesticuler grotesquement en reconnaissant sa caboche. C&rsquo;est ensuite au tour d&rsquo;un quatuor de quinquag&eacute;naires de trinquer &agrave; leur propre sant&eacute; par le truchement de l&rsquo;&eacute;cran&hellip; Le man&egrave;ge se r&eacute;p&eacute;tera &agrave; intervalles r&eacute;guliers pendant toute la rencontre.<\/p>\n<p>&nbsp;<em>Et tout, m&ecirc;me la couleur noire, <\/em><\/p>\n<p><em>Semblait fourbi, clair, iris&eacute; ; <\/em><\/p>\n<p><em>Le liquide ench&acirc;ssait sa gloire <\/em><\/p>\n<p><em>Dans le rayon cristallis&eacute;.<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>Et soudain, l&rsquo;explosion&nbsp;: la France a marqu&eacute;&nbsp;! Sc&egrave;nes de liesse dans le stade&nbsp;: les footix se jettent dans les bras des uns et des autres, alors que les bourgeois applaudissent chaleureusement avec leurs deux mains. M&ecirc;me les VIP, qui quelques instants plus t&ocirc;t commandaient une troisi&egrave;me coupe de champagne dans leurs loges, se congratulent, cigare et sourire aux l&egrave;vres. Tout &agrave; son bonheur, le public du Stade de France s&rsquo;unit alors dans une grande mise en sc&egrave;ne de l&rsquo;hyst&eacute;rie collective&nbsp;: c&rsquo;est l&rsquo;heure de la ola, le troisi&egrave;me jeu. Lanc&eacute;e depuis un virage, elle gagne rapidement la tribune lat&eacute;rale, puis le second virage, avant d&rsquo;arriver &agrave; la pr&eacute;sidentielle. Face au manque d&rsquo;enthousiasme des grands de ce monde, quelques sifflets retentissent, mais apr&egrave;s dix ou douze tours de stade tout le monde est dans le rythme. La ola, c&rsquo;est le moment pr&eacute;f&eacute;r&eacute; des footix, c&rsquo;est celui qui leur fait dire ensuite&nbsp;: &laquo;&nbsp;y avait une de ces ambiances, ce soir&nbsp;!&nbsp;&raquo; En rentrant, chacun dira &laquo;&nbsp;c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai lanc&eacute;e, et si t&rsquo;avais vu comme on a siffl&eacute; quand la tribune d&rsquo;honneur a pas voulu bouger son cul&nbsp;!&nbsp;&raquo; M&ecirc;me les bourgeois adorent, parce que c&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;on ne fait pas &agrave; l&rsquo;op&eacute;ra. En agitant leurs bras au-dessus de leurs t&ecirc;tes, ils ont l&rsquo;impression jubilatoire de d&rsquo;accomplir un acte d&eacute;fendu.<\/p>\n<p>&nbsp;<em>Nul astre d&rsquo;ailleurs, nuls vestiges<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;De soleil, m&ecirc;me au bas du ciel, <\/em><\/p>\n<p><em>Pour illuminer ces prodiges, <\/em><\/p>\n<p><em>Qui brillaient d&rsquo;un feu personnel !<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>C&rsquo;est sans doute le vingt-septi&egrave;me tour de ola qui a emp&ecirc;ch&eacute; les plus acharn&eacute;s de r&eacute;aliser que la France venait de se faire joindre au score. Un silence de mort s&rsquo;abat sur le stade. Tout le monde s&rsquo;assied et commence &agrave; grommeler. Devant l&rsquo;incapacit&eacute; des Bleus &agrave; reprendre l&rsquo;avantage, les premiers lazzi fusent. A l&rsquo;approche du coup de sifflet final, c&rsquo;est une v&eacute;ritable bronca qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve des tribunes. Les VIP, soucieux d&rsquo;&eacute;viter les embouteillages sur le p&eacute;riph, sont d&eacute;j&agrave; repartis. Les bourgeois leur embo&icirc;tent le pas, alors que les footix se lamentent. Au coup de sifflet final, une nouvelle salve de cris r&eacute;sonne, ponctu&eacute; de quelques mots fleuris. Ch&egrave;vres, baltringues, guignols, le champ lexical du th&eacute;&acirc;tre populaire prend le dessus. Il est 22h30, le Stade de France est vide.<\/p>\n<p>&nbsp;<em>Et sur ces mouvantes merveilles <\/em><\/p>\n<p><em>Planait (terrible nouveaut&eacute; ! <\/em><\/p>\n<p><em>Tout pour l&rsquo;&oelig;il, rien pour les oreilles !) <\/em><\/p>\n<p><em>Un silence d&rsquo;&eacute;ternit&eacute;.<\/em>&nbsp; <\/p>\n<p>Et c&rsquo;est de nouveau la course, le slalom entre les gens pour regagner le RER au plus vite, les embouteillages aux portillons, la compression dans les rames, la proximit&eacute; avec les aisselles malodorantes des voisins, et enfin le retour &agrave; Paris. Arriv&eacute; chez moi une heure plus tard, j&rsquo;allume une nouvelle clope et avale d&rsquo;un trait un demi-litre d&rsquo;eau fra&icirc;che. Ec&oelig;ur&eacute;, fourbu et passablement d&eacute;go&ucirc;t&eacute;, je me brosse les dents et file me pieuter. Pas de r&eacute;veil demain, c&rsquo;est dimanche.<\/p>\n<p><em>En rouvrant mes yeux pleins de flamme <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai vu l&rsquo;horreur de mon taudis,<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;Et senti, rentrant dans mon &acirc;me, <\/em><\/p>\n<p><em>La pointe des soucis maudits ; <\/em><\/p>\n<p><em>La pendule aux accents fun&egrave;bres Sonnait brutalement midi, <\/em><\/p>\n<p><em>Et le ciel versait des t&eacute;n&egrave;bres<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;Sur le triste monde engourdi.<\/em>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Louis LEFOURBE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Stade de France existe, Rennet l&#39;a rencontr&eacute;&#8230; De notre envoy&eacute; sp&eacute;cial &agrave; St Denis, Louis Lefourbe.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":102,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":["post-101","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-terra-incognita"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/101","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=101"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/101\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=101"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=101"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}