{"id":111,"date":"2007-11-02T00:00:00","date_gmt":"2007-11-01T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=111"},"modified":"2007-11-02T00:00:00","modified_gmt":"2007-11-01T23:00:00","slug":"heavy-trash-rocknroll-animal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=111","title":{"rendered":"Heavy Trash&#8230; Rock&rsquo;n&rsquo;roll animal"},"content":{"rendered":"<p>En septembre de l&rsquo;an dernier, une centaine de hipsters graiss&eacute;s &agrave; la brillantine investissait le Petit Campus &agrave; Montr&eacute;al, bandana en foulard autour du cou, lunettes noires d&rsquo;aviateur sur le pif, zippo dans la poche int&eacute;rieure du cuir, tiags aff&ucirc;t&eacute;es au schlass &agrave; cran d&rsquo;arr&ecirc;t, et une poign&eacute;e de biftons dans les poches du futal pour parer &agrave; la soif. <!--more--><\/p>\n<p>Un d&eacute;but de grabuge et &ccedil;a aurait arqu&eacute; les guibolles et claqu&eacute; des doigts partout dans la rue Prince Arthur. Le r&eacute;dac&rsquo; chef de &laquo;&nbsp;Le Rennet&nbsp;&raquo;, zeboss himself, &eacute;tait dans la place, comme je devais l&rsquo;apprendre quelques mois plus tard. Le fait que ni lui ni moi ne s&rsquo;aper&ccedil;ut de la pr&eacute;sence de l&rsquo;autre t&eacute;moigne du caract&egrave;re accaparant de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement. <\/p>\n<p>La raison de cette effervescente r&eacute;surgence des fifties&nbsp;? <strong>Heavy Trash<\/strong>. Soit&nbsp; <strong>Jon Spencer et Matt Verta-Ray<\/strong> revenus d&rsquo;un voyage temporel en l&rsquo;Am&eacute;rique d&rsquo;Eisenhower dans un ovni cahotant bourr&eacute; &agrave; craquer de trinitrotolu&egrave;ne, de gomina et de matos d&rsquo;&eacute;poque. On ne pr&eacute;sente plus le pr&ecirc;cheur survolt&eacute; du Blues Explosion, z&eacute;lateur speed&eacute; du grabuge &eacute;lectrique, m&egrave;tre soixante de charisme concentr&eacute; &agrave; rouflaquettes touffues. <\/p>\n<p>Son comp&egrave;re Matt Verta-Ray, belle gueule et belles chemises, le look coco (et sans doute&nbsp; amph&egrave;tes aussi), a fait le bozo avec les Speedball Baby dans les &eacute;pisodes pr&eacute;c&eacute;dents. Par la suite, il s&rsquo;est forg&eacute; une r&eacute;putation d&rsquo;arrangeur pas piqu&eacute; des blues et, en passionn&eacute; de la mati&egrave;re sonore, il s&rsquo;est offert son propre studio. <\/p>\n<p>Les deux bonshommes se rencontrent lors d&rsquo;une tourn&eacute;e commune entre leurs groupes. <\/p>\n<p>Ils se d&eacute;couvrent derechef une passion commune pour les fifties. Moins les abris antiatomiques en kit familial, la chasse aux sorci&egrave;res et la bonne morale conservatrice. <strong>Le Blues Explosion<\/strong> et <strong>Speedball Baby<\/strong> v&eacute;g&eacute;tant depuis certaine lurette, Spencer et Verta-Ray franchissent le pas et montent ensemble un side-project rockabilly. <\/p>\n<p>Depuis lors, les deux acolytes r&eacute;pandent l&rsquo;impie Parole du rock&rsquo;n&rsquo;roll telle que la hoquetaient&nbsp; jadis les disciples du Eddie Cochran, du Little Richard et du Jerry Lee. Heavy Trash, c&rsquo;est la rencontre entre Fonzie et Dracula dans un magasin de guitares vintage &agrave; Redneckville, Tennessee. <\/p>\n<p>On a rarement entendu paroles aussi crues que sur leur premier album de 2005. &laquo;&nbsp;<em>Hey, baby, ta m&egrave;re est une pute<\/em>&nbsp;!&nbsp;&raquo; s&rsquo;exclament les deux allum&eacute;s sur &laquo;&nbsp;<strong>Lover Street<\/strong>&nbsp;&raquo;, apr&egrave;s un simple tour de chauffe en ouverture d&rsquo;album. &laquo;&nbsp;<em>C&rsquo;est comme &ccedil;a. Faut que &ccedil;a reste dans la famille<\/em>&nbsp;&raquo;. Puis, sur le titre suivant&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>On m&rsquo;appelle le mal-aim&eacute;. Je suis une m&eacute;chante teigne de fils de pute. Appelez-moi le sans-c&oelig;ur&hellip; J&rsquo;en ai rien &agrave; branler.&nbsp;Parce que quand tu vas entendre ma moto rugir, ma poule, tu ferais mieux de bouffer la poussi&egrave;re et sucer le sol.&nbsp;<\/em>&raquo;&nbsp; Un long rot d&eacute;gueulasse introduit la cinqui&egrave;me piste, &laquo;&nbsp;<strong>Justine Alright<\/strong>&nbsp;&raquo;. Spencer cabotine &agrave; qui mieux-mieux sur un shuffle de turbor&eacute;acteur.&nbsp;&nbsp; &laquo;&nbsp;<strong>Gatorade<\/strong>&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est carr&eacute;ment une ode au cunnilingus&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>J&rsquo;ai dit&nbsp;: mais ch&eacute;rie, tu te sers pas de ce truc pour pisser&nbsp;? Elle a r&eacute;pondu&nbsp;: pourquoi est-ce que tu le sucerais pas, pour voir&nbsp;? Je me suis senti un peu dr&ocirc;le, mais, si tu veux savoir, j&rsquo;ai essay&eacute;. Aouh&nbsp;! Un petit coin de paradis, juste entre ses cuisses&nbsp;!<\/em>&nbsp;&raquo; En trente-neuf minutes, les deux briscards r&eacute;gurgitent blues, boogie, gospel et rockabilly avec une aisance et un zeste confondants. La voix de Spencer est mise en avant, pour le meilleur&nbsp;: le turbulent rockeur croone, harangue, rugit, tr&eacute;pigne, hal&egrave;te, exulte. Derri&egrave;re, Matt Verta-Ray tord les notes de guitare dans tous les sens jusqu&rsquo;&agrave; en faire suinter un groove crado, ob&eacute;issant &agrave; la directive du pater Robert Johnson&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Compresse-moi le citron jusqu&rsquo;&agrave; ce que le jus me coule sur la jambe<\/em>&nbsp;&raquo;. Un orgue du meilleur tonneau et des choristes mielleuses couinent discr&egrave;tement &ccedil;&agrave; et l&agrave;. En live, ces chansons sont autant de mandales qui remettent les id&eacute;es en place. Cette soir&eacute;e de septembre 2006, le bien-nomm&eacute; <strong>Bloodshot Bill<\/strong> (&laquo;&nbsp;<em>Bill Inject&eacute; de Sang&nbsp;<\/em>&raquo;) ouvrait les hostilit&eacute;s. Le Petit Campus est une salle tout ce qui se fait de plus feutr&eacute;e, situ&eacute;e en haut d&rsquo;un escalier assez raide sur le tron&ccedil;on pav&eacute; de la rue Prince-Arthur reliant le carr&eacute; St-Louis (havre &agrave; clodos avec kiosque et fontaine) au boulevard St-Laurent (segment des fils &agrave; papa et nymphomanes anglophones en Dolce et Gabbana). On y trouve des bars et des restaurants m&eacute;diterran&eacute;ens pas donn&eacute;s, un d&eacute;panneur (&eacute;picerie) et un vague cr&ecirc;pier qui vend aussi des glaces. En haut des escaliers, un vestiaire, des h&ocirc;tesses souriantes, puis une petite salle carr&eacute;e au plafond bas. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, la sc&egrave;ne, de l&rsquo;autre une estrade comportant deux ou trois tables et quatre ou cinq chaises. Au milieu de tout &ccedil;a, une trou&eacute;e h&eacute;bergeant une console de mixage sur laquelle s&rsquo;affairent les habituels ing&eacute;nieurs du son imbus de leur personne. C&rsquo;est bien connu, pousser des boutons et tourner des molettes rend les gens pr&eacute;tentieux. Debout dans une niche attenante au vestiaire, une barmaid tatou&eacute;e fournit les boissons.&nbsp; <\/p>\n<p>Je finissais ma premi&egrave;re Molson lorsque le colosse Javanais &agrave; la banane luisante posa son cul sur un tabouret sans prononcer un seul mot, et soudain BAM, il se mit &agrave; bastonner sa guitare, martelant de ses pieds la grosse caisse et les cymbales pos&eacute;es devant lui, &eacute;ructant des brouett&eacute;es d&rsquo;insanit&eacute;s. C&rsquo;&eacute;tait du tron&ccedil;onnage en r&egrave;gle- &agrave; ce rythme-l&agrave;, le gars d&eacute;boisait toute l&rsquo;Amazonie au m&eacute;diator en quelques jours. Il n&rsquo;en serait rest&eacute; qu&rsquo;un marais de sueur, de salive et de graisse. Apr&egrave;s cinq chansons en presque autant de minutes, en effet, la sc&egrave;ne &eacute;tait d&eacute;j&agrave; couverte de ses glaviots (il molardait &agrave; tout va), de ses essences corporelles et de la brillantine qui gouttait de son front. Sa banane &eacute;tait d&eacute;mantibul&eacute;e, sa chemise rouge n&rsquo;&eacute;tait plus qu&rsquo;une flaque malodorante, mais il continuait de gueuler, de pilonner et de tron&ccedil;onner. Aucun temps mort. Un ph&eacute;nom&egrave;ne. On ne sera pas surpris d&rsquo;apprendre qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; interdit de s&eacute;jour aux Etats-Unis. Adoss&eacute; au linteau des coulisses sur le c&ocirc;t&eacute; gauche de la sc&egrave;ne, Matt Verta-Ray, cam&eacute;ra au poing, n&rsquo;en perdait pas une goutte. <\/p>\n<p>Comment prend-on la suite d&rsquo;un one-man band fou &agrave; lier&nbsp;? Pardi&nbsp;! En la jouant orchestre de flingueurs en chemise brod&eacute;e. Pour la partie canadienne de leur tourn&eacute;e, les Heavy Trash avaient d&eacute;bauch&eacute; les Sadies, gang de pistoleros &eacute;lev&eacute;s au Band, au Quicksilver Messenger Service, aux fr&egrave;res Allman et aux Byrds p&eacute;riode &laquo;&nbsp;<strong>Sweeheart Of The Rodeo<\/strong>&nbsp;&raquo; (profitons-en pour saluer leur dernier disque, &laquo;&nbsp;New Seasons&nbsp;&raquo;, excellente concoction de country-rock psych&eacute;). Sur chaque c&ocirc;t&eacute; de la sc&egrave;ne, un fr&egrave;re Good en blazer batifolait avec une guitare, un orgue, des p&eacute;dales et des amplis. Entre les deux, attif&eacute; comme un mac &agrave; Vegas en 1969, Matt Verta-Ray moulinait&nbsp; en dandinant des hanches. Derri&egrave;re lui, un barbu adipeux dansait une gigue avec une contrebasse. Le batteur avait la frappe s&egrave;che et pr&eacute;cise du mar&eacute;chal-ferrant. <\/p>\n<p>Entour&eacute; de tous ces cadors, Jon Spencer y allait de bon c&oelig;ur, d&eacute;bitant quarante mots &agrave; la croche et centrifugeant comme une essoreuse. C&rsquo;&eacute;tait donc &ccedil;a, un chanteur de roqu&egrave;nerolle. Mince, on n&rsquo;en avait jamais vu avant, finalement. Les amplis d&eacute;flagraient des power chords chrom&eacute;s sur un groove concass&eacute; comme une carcasse de bagnole. Toute l&rsquo;assistance battait du pied et hochait la t&ecirc;te au rythme fou de la chamade irr&eacute;sistible. Ca donnait envie de tripoter des inconnues et de se faire cogner sur la gueule et de bousiller une t&eacute;loche ou une bagnole. Ca donnait envie de coller une mandale &agrave; son patron, de bouffer un steak, de saccager un casino. Ca donnait envie de rouler une pelle &agrave; un drag, de se jeter sur le capot d&rsquo;une voiture de police, d&rsquo;initier une alerte &agrave; la bombe. Ca donnait envie d&rsquo;&ecirc;tre un chanteur de roqu&egrave;nerolle pour donner soi-m&ecirc;me envie de tout &ccedil;a aux autres. <\/p>\n<p>Apr&egrave;s plus d&rsquo;une heure de mitraillage continu, les musiciens ralentirent le tempo pour encha&icirc;ner sur un sermon bluesy. Spencer soliloquait comme un pr&ecirc;cheur qui d&eacute;raillait. Il r&eacute;ussit m&ecirc;me &agrave; nous faire adresser des &laquo;&nbsp;<em>I Love You<\/em>&nbsp;&raquo; &agrave; dobeliou Bush. Ca n&rsquo;est pas donn&eacute; &agrave; tout le monde. Puis il descendit de sc&egrave;ne pour venir s&rsquo;asseoir parmi les cent-cinquante veinards qui composaient l&rsquo;assistance. Il fit s&rsquo;asseoir les gens en cercle autour de lui, et tandis que le groupe continuait de jouer le m&ecirc;me motif r&eacute;p&eacute;titif, abaissa sa voix jusqu&rsquo;au murmure. On se serait cru en plein pow-pow, pr&ecirc;tant l&rsquo;oreille aux vaticinations de l&rsquo;homme-m&eacute;decine. Soudain il se releva d&rsquo;un bond en gueulant, et le groupe paracheva la soir&eacute;e avec un &laquo;&nbsp;<em>Yeah Baby<\/em>&nbsp;&raquo; supersonique. G&eacute;n&eacute;reux, les Heavy Trash canonn&egrave;rent plusieurs salves en rappel, gouaille et plaisir de jouer intacts. On sortit du Petit Campus la m&acirc;choire tombante, tous poils raidis. On venait d&rsquo;assister au concert de rock quintessenciel. <\/p>\n<p>Or donc le deuxi&egrave;me album du bin&ocirc;me est sorti il y a peu. Moins groovy que le premier, &laquo;&nbsp;<strong>Going Way Out With Heavy Trash<\/strong>&nbsp;&raquo; est en revanche plus incisif, plus rentre-dedans, plus proche en d&eacute;finitive du Heavy Trash live. Le fait que les <strong>Sadies<\/strong> oeuvrent sur cinq chansons y est sans doute pour beaucoup. Comme pour le premier album, la chanson d&rsquo;entr&eacute;e n&rsquo;est qu&rsquo;un chauffe-doigts anecdotique. Le barouf s&eacute;rieux commence &agrave; la deuxi&egrave;me piste avec cet &laquo;&nbsp;<strong>Outside Chance<\/strong>&nbsp;&raquo; faramineux. Un tonnerre de guitares, un enclumage sec, des entrelacs d&rsquo;orf&egrave;vre, un chorus &eacute;pid&eacute;mique, un solo griffu, des ch&oelig;urs&nbsp;! Et un Spencer fid&egrave;le &agrave; lui-m&ecirc;me, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; donf.&nbsp; Tous les refrains de tous les titres suivants sont &agrave; se taper la t&ecirc;te contre les murs, jusqu&rsquo;&agrave; la onzi&egrave;me piste peut-&ecirc;tre, &agrave; partir de laquelle l&rsquo;album commence &agrave;&nbsp; s&rsquo;essouffler. &laquo;&nbsp;<strong>Double Line<\/strong>&nbsp;&raquo; la joue funky&nbsp;; &laquo;&nbsp;<strong>Kissy Baby<\/strong>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<strong>They Were Kings<\/strong>&nbsp;&raquo; (hommage &agrave; tous les rockeurs de seconde zone des d&eacute;buts du genre) d&eacute;rouillent le rockabilly dans les cordes ; &laquo;&nbsp;<strong>I Want Oblivion<\/strong>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<strong>Way Out<\/strong>&nbsp;&raquo; l&rsquo;ach&egrave;vent &agrave; poings nus. <\/p>\n<p>&nbsp; <\/p>\n<h1>Joe L&rsquo;Trembleur<\/h1>\n<p>&nbsp;&nbsp; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En septembre de l&rsquo;an dernier, une centaine de hipsters graiss&eacute;s &agrave; la brillantine investissait le Petit Campus &agrave; Montr&eacute;al, bandana en foulard autour du cou, lunettes noires d&rsquo;aviateur sur le pif, zippo dans la poche int&eacute;rieure du cuir, tiags aff&ucirc;t&eacute;es au schlass &agrave; cran d&rsquo;arr&ecirc;t, et une poign&eacute;e de biftons dans les poches du futal [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":112,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-111","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/111","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=111"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/111\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/112"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=111"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=111"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=111"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}