{"id":13,"date":"2006-11-13T00:00:00","date_gmt":"2006-11-12T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=13"},"modified":"2006-11-13T00:00:00","modified_gmt":"2006-11-12T23:00:00","slug":"une-egerie-folk","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=13","title":{"rendered":"Une \u00e9g\u00e9rie folk"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;humanit&eacute; enti&egrave;re a d&eacute;j&agrave; entendu la voix de Sandy Denny sur la ballade baba-druidique &laquo; The Battle Of Evermore &raquo;* sur laquelle la chanteuse &laquo; duote &raquo; avec un Plant en pleines divagations r&eacute;gressives, inspir&eacute;es sans doute par un m&eacute;lange nocif&#8230;<\/p>\n<p>  <!--more--><\/p>\n<p>&#8230; de Tolkien et de substances pas catholiques. Mais les amateurs de vieilles pierres connaissent d&rsquo;abord Alexandra Elene McLean Denny comme l&rsquo;organe enchanteur du Fairport Convention des d&eacute;buts, avec lequel elle enregistra trois LPs majeurs : <em>What We Did On Our Holidays<\/em>, <em>Unhalfbricking<\/em> et <em>Liege &amp; Lief<\/em>, ce dernier album &eacute;tant g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute; comme la pierre angulaire du folk-rock britannique. Le groupe devait ensuite subir un fort revers avec les d&eacute;parts conjugu&eacute;s de Ashley Hutchings, bassiste et membre fondateur, et de sa chanteuse donc (qui rejoindra cependant une mouture diff&eacute;rente de Fairport Convention en 1975 pour l&rsquo;album <em>Rising For The Moon<\/em>). Le premier s&rsquo;en alla former le groupe Steeleye Span, qui livra vite fait bien fait un fort recommandable premier opus dans la m&ecirc;me veine folk-rock : <em>Hark, The Village Wait<\/em>. <\/p>\n<p>Quant &agrave; Sandy Denny, elle monta le groupe Fotheringay, dont le seul album (&eacute;ponyme) est devenu l&rsquo;objet d&rsquo;une adoration plus confidentielle et sophistiqu&eacute;e que les cultes des soci&eacute;t&eacute;s secr&egrave;tes archi-cucul de Dan Brown (superbe &laquo; Nothing Else<em> <\/em>&raquo;). En r&eacute;compense de services rendus &agrave; la cause musicale, Sandy Denny re&ccedil;oit la m&ecirc;me ann&eacute;e les honneurs du Melody Maker qui l&rsquo;&eacute;lit chanteuse de l&rsquo;ann&eacute;e. En 1971, entour&eacute;e entre autres de Richard Thompson et Trevor Lucas des formations pr&eacute;cit&eacute;es, elle compose un premier album solo, <em>The North star Grassman &amp; The Ravens<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les sanglots longs des violons&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par synesth&eacute;sie myst&eacute;rieuse, de la m&ecirc;me mani&egrave;re que le deuxi&egrave;me album du Band sent le bois de conif&egrave;re des montagnes rocheuses &agrave; plein nez, <em>The North star Grassman &amp; The Ravens (<\/em>TNSG&amp;TR),&eacute;voque l&rsquo;automne, saison des brumes et des b&eacute;mols m&eacute;lancoliques. La chanson qui ouvre l&rsquo;album s&rsquo;intitule d&rsquo;ailleurs &laquo; Late November &raquo;. Arp&egrave;ges de guitare introspectifs, accords de piano pluvieux, roulements de batterie annon&ccedil;ant l&rsquo;orage &agrave; la premi&egrave;re c&eacute;sure, ce premier titre intime d&rsquo;embl&eacute;e d&rsquo;aller attraper quelques fagots dehors et de rentrer ensuite ingurgiter un th&eacute; &agrave; la camomille. <\/p>\n<p>Suit &laquo; Blackwaterside &raquo;, jolie ballade emprunt&eacute;e au r&eacute;pertoire traditionnel. Un accord&eacute;on lancinant<span> <\/span>et une guitare fl&acirc;neuse accompagnent des intonations impossibles &agrave; siffloter (rappelons qu&rsquo;en 1971, le march&eacute; de la sonnerie de portable &eacute;tait inexistant). &laquo; John The Gun &raquo; constitue le sommet &eacute;pique de l&rsquo;album, qui raconte une b&ecirc;te de guerre aux m&ecirc;mes effets d&eacute;sherbants qu&rsquo;Attilla. <span>&laquo; My shadow follows me wherever I should chance to go\/ John the Gun did say\/ If you should chance to meet me as I wander to and fro\/ Sad would be your day &raquo;. <\/span>L&rsquo;instrumentation est fantastique, la rythmique et le chant sont d&rsquo;une puissance rare. Conform&eacute;ment &agrave; ce que laisse entendre son titre, ce morceau est une tuerie. <\/p>\n<p><span><\/span>&laquo; Next Time Around &raquo; est une ode aux id&eacute;es noires, une interpellation neurasth&eacute;nique.<\/p>\n<p>Toute vell&eacute;it&eacute; de jovialit&eacute; fout invariablement le camp d&egrave;s les deux accords de piano cafardeux de l&rsquo;intro Et pass&eacute; un bref r&eacute;pit de deux titres inoffensifs, &laquo; Wretched Wilbur &raquo; remet &ccedil;a. Flanqu&eacute;e de violons endeuill&eacute;s et de guitares min&eacute;rales, la chanson est &agrave; peu pr&egrave;s aussi p&ecirc;chue que la rubrique n&eacute;crologique du torchon paroissial. <\/p>\n<p>La chanson qui donne son titre &agrave; l&rsquo;album est une somptueuse r&ecirc;verie marine &agrave; &eacute;couter les yeux ferm&eacute;s&#8230; Le flux et reflux des vagues sur la gr&egrave;ve&#8230;Un orgue dans la nuit &eacute;toil&eacute;e&#8230; Une voix &agrave; la fois sobre et solennelle entonne un chant d&rsquo;adieu.<span> <\/span><span>&ldquo;They stood upon the deck\/ As the ship went out to sea\/ The wind it took the sails\/ And left the land a memory&rdquo;. <\/span>Le bateau s&rsquo;&eacute;loigne sur une port&eacute;e d&rsquo;accords m&eacute;lancoliques qui introduisent un second couplet m&eacute;ditatif.<\/p>\n<p><span>&ldquo;All upon the shore for \/To wonder why the sailor goes\/ All to close their eyes\/ And wonder what the sailor knows&rdquo;. Puis une triste r&eacute;signation vient hanter le refrain:<\/span><\/p>\n<p><span>&laquo; That is you to them\/ That is who they think you are\/ Never on the land but sailing by the North Star &raquo;.<\/span><\/p>\n<p>Mais comme une vague en chevauche une autre, la m&eacute;lancolie vient recouvrir le refrain d&rsquo;une douce et pensive m&eacute;lop&eacute;e:<\/p>\n<p><span>&ldquo;To the Tower and to the Ravens\/ And the tale that hopes they&rsquo;ll never leave\/ What if they should go? <\/span>We always dread to think of them.&rdquo;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Plus dure sera la chute<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Malgr&eacute; une poign&eacute;e de chansons splendides, TNSG&amp;TR ne marchera pas. Et la carri&egrave;re solo de Sandy Denny ne d&eacute;collera jamais vraiment. Son album suivant, simplement intitul&eacute; <em>Sandy<\/em>, ne rencontrera pas le succ&egrave;s recherch&eacute;. Trop produit, trop boursoufl&eacute;, &agrave; l&rsquo;image de la chanson &laquo; It&rsquo;ll Take A Long Time &raquo; qui d&eacute;gouline de soli de guitare jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;coeurement, et d&rsquo;un &laquo; Listen Listen &raquo; qui sonne coupablement vari&eacute;teux. <em>Like An Old-Fashioned Waltz <\/em>(1973) ne convaincra personne non plus, et <em>Rendez-Vous<\/em> (1978) est un d&eacute;sastre format&eacute; FM. <\/p>\n<p>En 1980, Sandy Denny mourra d&rsquo;une h&eacute;morragie c&eacute;r&eacute;brale apr&egrave;s une chute dans un escalier. <\/p>\n<p>La presse ne se souciera gu&egrave;re de lui rendre hommage. Seuls amis et musiciens verseront dans <\/p>\n<p>la dithyrambe. Robert Plant en fera sa chanteuse anglaise pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e. <\/p>\n<p>Richard Thompson, qui la c&ocirc;toya toute sa vie, dira qu&rsquo;il n&rsquo;a &laquo; jamais entendu depuis une chanteuse avec un don pareil&hellip;Elle pouvait tendre &agrave; un certain herm&eacute;tisme dans son &eacute;criture utilisant des r&eacute;f&eacute;rences personnelles ou litt&eacute;raires qui ne sont pas faciles &agrave; d&eacute;crypter, et dans lesquelles il est difficile de rentrer &eacute;motionnellement&hellip;Et pour cette raison elle pouvait rebuter l&rsquo;auditeur. Mais&hellip;certaines de mes chansons favorites de tous les temps sont des chansons de Sandy- quelques-unes des meilleures chansons &eacute;crites apr&egrave;s la guerre. &raquo;<\/p>\n<p>Prudence dans les escaliers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Joe l&#39;trembleur<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;humanit&eacute; enti&egrave;re a d&eacute;j&agrave; entendu la voix de Sandy Denny sur la ballade baba-druidique &laquo; The Battle Of Evermore &raquo;* sur laquelle la chanteuse &laquo; duote &raquo; avec un Plant en pleines divagations r&eacute;gressives, inspir&eacute;es sans doute par un m&eacute;lange nocif&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-13","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}