{"id":17,"date":"2006-11-13T00:00:00","date_gmt":"2006-11-12T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=17"},"modified":"2006-11-13T00:00:00","modified_gmt":"2006-11-12T23:00:00","slug":"sunny-afternoon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=17","title":{"rendered":"Sunny afternoon"},"content":{"rendered":"<p>Originaires de Muswell Hill, quartier ouvrier de Londres, les jeunes fr&egrave;res Davies d&eacute;cident en 1963 de tenter leur chance dans la musique, lass&eacute;s qu&rsquo;ils sont de se faire virer de partout pour frasques diverses.<\/p>\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;influence de passionn&eacute;s comme Alexis Korner et Giorgio Gomelski qui l&rsquo;introduisent dans les clubs Londoniens, le rhythm&rsquo;n&rsquo;blues est en vogue en Albion, et les deux frangins ne sont pas les derniers &agrave; s&rsquo;y int&eacute;resser. Augment&eacute; de Peter Quaife &agrave; la basse, un ex-camarade de classe, le Ray Davies Quartet attire tr&egrave;s vite l&rsquo;attention de m&eacute;c&egrave;nes qui ne tardent gu&egrave;re &agrave; fournir au groupe un manager (Larry Page), un producteur (Shel Talmy) et une maison de disques (Pye). Le batteur Mick Avory rejoint la formation, rebaptis&eacute;e The Kinks, &agrave; la fin de la m&ecirc;me ann&eacute;e.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s des d&eacute;buts qui les voient chercher leur empreinte, d&rsquo;abord en reprenant du Little Richard (&laquo; Long Tall Sally &raquo;) et en imitant les Beatles (&laquo; You Still Want Me &raquo;), puis en perp&eacute;trant des chansons archi-satur&eacute;es ( &laquo; All Day And All Of The Night &raquo;, &laquo; You really Got Me &raquo;) les Kinks trouvent leurs marques en 1966 sur l&rsquo;album <em>Face to Face<\/em>. Le 45 tours &laquo; Sunny Afternoon &raquo; se hisse au sommet des charts en Angleterre. Ray Davies se pose en chroniqueur caustique, tournant les aristos et bobos en d&eacute;rision sur &laquo; Well Respected Man &raquo; et &laquo; Dedicated Follower Of Fashion &raquo;, dans un style m&acirc;tin&eacute; de pop l&eacute;g&egrave;re et de folk catchy. <\/p>\n<p>En 1967, alors que tout le gratin y va de son album lysergique (les Beatles avec <em>Sgt Pepper<\/em>, les Stones avec <em>Their Satanic Majesties Request<\/em>) et que les maisons de disques parachutent des caisses enti&egrave;res de contrats sur San Francisco (la Mecque du psych&eacute;d&eacute;lisme), les Kinks sortent le bien-nomm&eacute; <em>Something Else<\/em>, collection de vignettes pop peupl&eacute;es de personnages burlesques. &laquo; David Watts &raquo;, jeune m&rsquo;as-tu-vu &agrave; qui tout r&eacute;ussit odieusement. La s&oelig;ur jalouse de &laquo; Two Sisters &raquo;. Le fain&eacute;ant que sa belle-m&egrave;re oblige &agrave; d&eacute;goter un job dans &laquo; Situation Vacant &raquo;. &laquo; Waterloo Sunset &raquo; fait un tabac avec son refrain mythique : &laquo; Mais je n&rsquo;ai pas besoin d&rsquo;amis\/ Tant que je regarde le soleil se coucher sur Waterloo\/ je suis au paradis &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><strong>&#8230;Que la campagne est belle ! <\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p>En 1968, nos s&eacute;millants Kinks balancent dans la mare psych&eacute;d&eacute;lique de l&rsquo;&eacute;poque un bon gros sac de chansons d&eacute;di&eacute;es &agrave; la belle campagne anglaise, celle qui fleure la passion pour les th&eacute;i&egrave;res raffin&eacute;es, les armoires &agrave; grand-m&egrave;re et le nanisme, celui des bonshommes de jardin en terre cuite, s&rsquo;entend. Principalement maniganc&eacute; par l&rsquo;a&icirc;n&eacute; Davies, <em>The Village Green Preservation Society<\/em> rencontre la perplexit&eacute; de tous &agrave; sa sortie, gage de th&egrave;mes &agrave; contrepied. Foin de Katmandou, du livre des morts tib&eacute;tain et toutes ces lubies californiennes, Davies invente le retour &agrave; la ruralit&eacute;, vingt ans avant que &ccedil;a devienne p&eacute;nible avec Cabrel (beaucoup moins bon). Comme le dit Ray Davies lui-m&ecirc;me : &laquo; Tandis que le monde entier gravitait autour de l&rsquo;amour, de la paix et de San Francisco, les Kinks &eacute;taient dans la banlieue de Londres &agrave; faire cet &eacute;trange petit disque sur un village bucolique imaginaire. Tandis que tous les autres pensaient que la chose le plus branch&eacute;e &eacute;tait d&rsquo;absorber de l&rsquo;acide, de prendre le plus de drogues possibles et d&rsquo;&eacute;couter de la musique dans un coma profond, les Kinks chantaient des des chansons sur des amis perdus, sur la bi&egrave;re, sur les motards, sur des sorci&egrave;res m&eacute;chantes et des chats qui volent. &raquo; Les titres de l&rsquo;album &eacute;voquent ainsi une certaine nostalgie et un attachement &agrave; la flore et aux maisons &agrave; colombages : &laquo; The Village Green Preservation Society &raquo;, &laquo; Picture Book &raquo;, &laquo; Do You Remember Walter &raquo;, &laquo; Last Of The Steam-Powered Trains &raquo;, &laquo; Big Sky &raquo;,<\/p>\n<p>&laquo; Sitting By The Riverside &raquo;, &laquo; Phenomenal Cat &raquo;, etc&hellip;Autant de chroniques rurales magnifi&eacute;es par l&rsquo;ironie nasillarde et douce-am&egrave;re de Davies, &eacute;lev&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de cette d&eacute;rision britannique impeccable qui fait ricaner au moment du refrain. On y parle de vieux amis comme un certain Walter, avec qui le chanteur faisait les 400 coups dans la jeunesse et dont celui-ci craint qu&rsquo;il soit d&eacute;sormais &laquo; gros et mari&eacute;, et toujours au lit &agrave; dix heures et demie &raquo;. On s&rsquo;amuse des gens qui prennent des photos entre eux &laquo; pour prouver qu&rsquo;ils s&rsquo;aimaient il y a tr&egrave;s longtemps &raquo;. Le bondissant single &laquo; Picture Book &raquo; interpelle d&rsquo;entr&eacute;e l&rsquo;auditeur : <\/p>\n<p>&laquo; Imagines-toi quand tu vieilliras &raquo;. Mais le v&eacute;ritable r&eacute;sum&eacute; th&eacute;matique tient dans les quelques trois minutes du premier titre, qui r&eacute;sonne comme une parodie de bulletin &eacute;lectoral : &laquo; Nous sommes la soci&eacute;t&eacute; de pr&eacute;servation du village vert. Dieu sauve Donald Duck, le vaudeville et la vari&eacute;t&eacute;. [&hellip;] Nous sommes le consortium d&rsquo;appr&eacute;ciation de la tarte aux pommes, Dieu sauve la George Cross et tous ceux qui en ont &eacute;t&eacute; d&eacute;cor&eacute;s. [&hellip;] Nous sommes le groupuscule de condamnation des gratte-ciels, Dieu sauve les maisons de style Tudor, les tables et les billards anglais. &raquo; <\/p>\n<p>Par&eacute; d&rsquo;atours m&eacute;lodiques savamment ourl&eacute;s, de rythmes p&eacute;tulants et enrob&eacute; dans une production l&eacute;ch&eacute;e, <em>The Village Green Preservation Society<\/em> est une &oelig;uvre majeure dans la discographie tr&egrave;s in&eacute;gale des Kinks (la m&eacute;fiance est de rigueur &agrave; partir de la deuxi&egrave;me moiti&eacute; des ann&eacute;es 70). Une &oelig;uvre qui ne conna&icirc;tra pourtant pas le succ&egrave;s des pr&eacute;c&eacute;dents albums. Mais l&rsquo;obsession restera. Comme Ray Davies le d&eacute;clarait en 1993 dans une interview aux Inrocks : &laquo; Il y a un endroit &agrave; Highgate , o&ugrave; j&rsquo;ai grandi, qui s&rsquo;appelle Highgate Pond, dans Waterloo Park. Je m&rsquo;y baladais souvent. C&rsquo;est &ccedil;a, mon Village Green, mon id&eacute;e du monde. Ca n&rsquo;existe pas. Il y a un bassin magique et il y a le bassin du mal de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;. Deux bassins. J&rsquo;ai r&eacute;crit &laquo; Village Green &raquo; en 1990. C&rsquo;est mon mythe personnel. Mon myhte arthurien, mon <em>1984.<\/em> Il existe dans ma t&ecirc;te et je ne sais pas r&eacute;ellement ce que c&rsquo;est. C&rsquo;est mon &eacute;pitaphe, mon but. Ca ne me quittera jamais, &ccedil;a restera toujours &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s. &raquo; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Joe l&#39;Trembleur<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Originaires de Muswell Hill, quartier ouvrier de Londres, les jeunes fr&egrave;res Davies d&eacute;cident en 1963 de tenter leur chance dans la musique, lass&eacute;s qu&rsquo;ils sont de se faire virer de partout pour frasques diverses.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":18,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-17","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=17"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/18"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=17"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=17"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=17"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}