{"id":204,"date":"2009-03-03T00:00:00","date_gmt":"2009-03-02T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=204"},"modified":"2009-03-03T00:00:00","modified_gmt":"2009-03-02T23:00:00","slug":"hey-cow-boy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=204","title":{"rendered":"Hey&#8230; cow boy !"},"content":{"rendered":"<p>Plus culte que le b&eacute;n&eacute;dicit&eacute;, plus am&eacute;ricain que le bourbon Four Roses, plus moustachu qu&#39;une crapule de cin&eacute;ma, Ladies and gentlemen, Lee Hazlewood! Compositeur inspir&eacute; et arrangeur exquis, Pygmalion de la fille de Le Frank Sinatra, Hazlewood est un de ces gaillards dont les disques font instantan&eacute;ment passer tous les autres pour des petits gar&ccedil;ons agit&eacute;s. <!--more--><\/p>\n<p>La carri&egrave;re musicale de <strong>Lee Hazlewood<\/strong> commence &agrave; son retour de la guerre de Cor&eacute;e. &Eacute;tabli comme DJ d&#39;une station de radio de Phoenix, <strong>Hazlewood<\/strong> &eacute;crit pour le chanteur <strong>Sanford Clark<\/strong> une chanson intitul&eacute;e &laquo; <em>The Fool<\/em> &raquo; qui se classe en 7&egrave; position dans les charts en 1956. Ce premier succ&egrave;s le conduit &agrave; cr&eacute;er le label &laquo; <em>Jamie<\/em> &raquo; avec <strong>Dick Clark<\/strong>, le pr&eacute;sentateur de l&#39;&eacute;mission &laquo; <em>American Bandstand<\/em> &raquo;. Lequel, on s&#39;en doute, ne manquera jamais une occasion de programmer les poulains du label dans son &eacute;mission. Commence alors une collaboration fructueuse avec le guitariste <strong>Duane Eddy,<\/strong> les deux hommes inventant conjointement le &laquo; <em>twang<\/em> &raquo; (style de guitare instrumental gorg&eacute; de r&eacute;verb&#39;) avec le titre &laquo; <em>Rebel Rouser<\/em> &raquo; en 1958. <strong>Link Wray<\/strong>, il est wray, pardon, vrai, faisait beaucoup plus crade et sauvage en 1958, mais ses enregistrements de l&#39;&eacute;poque, jug&eacute;s &laquo; <em>n&eacute;fastes pour la jeunesse<\/em> &raquo; (bien que purement instrumentaux!) ne verront le jour qu&#39;en 2006 (cf. l&#39;album &laquo; <em>White Lightning, Lost Cadence Sessions &#39;58 <\/em>&raquo; chez <strong>Sundazed<\/strong>). En 1964, tandis qu&#39;&laquo; <em>American Bandstand<\/em> &raquo; chancelle, <strong>Hazlewood<\/strong> met sur pied un nouveau label: LHI, pour &laquo; <em>Lee Hazlewood Industries<\/em> &raquo;. Il est bient&ocirc;t contact&eacute; par <strong>Reprise<\/strong>, la maison de disques de <strong>Sinatra<\/strong> p&egrave;re. <strong>Hazlewood<\/strong> compose quelques tubes pour les artistes de <strong>Reprise<\/strong>, dont &laquo; <em>Houston<\/em> &raquo; pour <strong>Dean Martin<\/strong>. Il existe diff&eacute;rentes versions quant &agrave; l&#39;origine de son partenariat avec <strong>Nancy Sinatra<\/strong>. Selon l&#39;une, c&#39;est <strong>Hazlewood<\/strong> qui aurait approch&eacute; <strong>Jimmy Bowen<\/strong> de <strong>Reprise<\/strong> pour lui faire part de son d&eacute;sir de composer pour <strong>Nancy<\/strong>. &laquo; <em>Je veux l&#39;enregistrer. Je vous garantis un hit d&#39;entr&eacute;e.<\/em> &raquo; Selon l&#39;autre, c&#39;est le papa, lass&eacute; des bides de sa fille, qui aurait demand&eacute; &agrave; <strong>Hazlewood<\/strong> de sauver la carri&egrave;re de celle-ci. Jusqu&#39;alors, <strong>Nancy Sinatra<\/strong> ne repr&eacute;sentait que des bluettes m&eacute;diocres. Hazlewood en fera une pin-up &agrave; l&#39;innocence perverse.<\/p>\n<p>&laquo; <em>Comment faut-il que je la chante<\/em>? &raquo; demande <strong>Nancy Sinatra<\/strong> au cours d&#39;une de leurs premi&egrave;res sessions. &laquo; <em>Comme une fille de seize ans qui sortait avec un homme de quarante ans, mais c&#39;est fini maintenant<\/em> &raquo;, r&eacute;pond <strong>Hazlewood<\/strong>. &laquo; <em>Nancy, tu as &eacute;t&eacute; mari&eacute;e. Personne ne croit plus &agrave; ces conneries de chansons innocentes <\/em>&raquo;. Comme promis, <strong>Nancy Sinatra<\/strong> obtient un tube gigantesque avec &laquo; <em>Boots<\/em> &raquo;, propuls&eacute; num&eacute;ro 1 des charts. Le duo enregistre plusieurs albums en quelques ann&eacute;es, parmi lesquels &laquo; <em>Boots<\/em> &raquo;, &laquo; <em>Country, My Way<\/em> &raquo;, &laquo; <em>Nancy In London<\/em> &raquo;, &laquo; <em>Nancy &amp; Lee<\/em> &raquo;, etc&#8230; Parall&egrave;lement, <strong>Lee Hazlewood<\/strong> publie des albums solo. Ce qui nous am&egrave;ne &agrave; notre sujet. En 1970, <strong>Hazlewood<\/strong> effectue un s&eacute;jour en Su&egrave;de. Instantan&eacute;ment, il tombe amoureux de ce pays. Il y enregistre une &eacute;mission de t&eacute;l&eacute;vision intitul&eacute;e &laquo; <em>Cowboy In Sweden<\/em> &raquo;, dont sera tir&eacute;e un de ses albums les plus c&ocirc;t&eacute;s, aujourd&#39;hui aussi introuvable que des armes de destruction massive en Irak. <strong>Hazlewood<\/strong> y pr&eacute;sente une &eacute;criture digne de comparaison avec les plus grands. Les paroles de &laquo; <em>Prayed Them Bars Away<\/em> &raquo; rivalisent ais&eacute;ment avec la chanson de taulard r&eacute;f&eacute;rence de <strong>Johnny Cash<\/strong> (&laquo; <em>Folsom Prison Blues<\/em> &raquo;). La voix de baryton velouteuse d&#39;<strong>Hazlewood <\/strong>&eacute;voque un outlaw trop ironique et blas&eacute; pour esp&eacute;rer ni d&eacute;sesp&eacute;rer sortir de prison. &laquo; <em>Leather and Lace<\/em> &raquo; expose les principes de la haute couture Hazlewoodienne: rugosit&eacute; tendre, m&eacute;lancolie enlev&eacute;e, solennit&eacute; subtile, duo cuir et dentelle (<strong>Hazlewood et Nina Lizell<\/strong>). &laquo; <em>The Night Before<\/em> &raquo; est une le&ccedil;on de composition magistrale, un &laquo; <em>film pour les oreilles<\/em> &raquo;, selon la formule de <strong>Frank Zappa<\/strong>. Avec une &eacute;conomie de mots remarquable, <strong>Hazlewood<\/strong> traduit un remords gigantesque. Un homme se r&eacute;veille avec la gueule de bois. Des bouteilles de whisky vides et des disques sont &eacute;parpill&eacute;s sur le sol. Il entend une femme pleurer de la chambre &agrave;-c&ocirc;t&eacute;.<span>&laquo; <em>Then I remember the night before<\/em> &raquo;. <\/span>Mais que s&#39;est-il donc pass&eacute; la nuit pr&eacute;c&eacute;dente? <span>Il la revoit danser, &laquo; <em>so young with laughter in her face<\/em> &raquo;. <\/span>Les bouteilles vides deviennent des jur&eacute;s dans le proc&egrave;s de sa conscience brouill&eacute;e. <span>&laquo; <em>Then I hear footsteps as she&#39;s leaving. And I remember the night before &raquo;<\/em>. <\/span>Rien &agrave; faire, l&#39;auditeur ne saura pas ce qui est arriv&eacute;. Dans cette douloureuse r&eacute;sipiscence, c&#39;est toute la psych&eacute; musicale de <strong>Lee Hazlewood<\/strong> qui bouillonne: nappes de cordes Hollywoodiennes, trompettes bouch&eacute;es de fun&eacute;railles militaires, glissandos de guitare &eacute;lastique, contrebasse de cabaret, orgue de chapiteau hant&eacute;. Du tr&egrave;s grand art! <\/p>\n<p>&laquo; <em>Hey Cowboy<\/em> &raquo; pourrait &ecirc;tre le moment cocasse d&#39;une com&eacute;die musicale sur Broadway. C&#39;est un r&eacute;gal de cordes et de trompettes enjou&eacute;es. <span>Avec une candeur moqueuse, <strong>Nina Lizell<\/strong> demande &agrave; un <strong>Hazlewood<\/strong> las: &laquo; <em>What are you doin&#39; in the land of the midnight sun? You better run, you&#39;re just a toy cow-boy<\/em> &raquo; &laquo; <em>No Train To Stockholm<\/em> &raquo; rappelle qu&#39;aucun producteur n&#39;a jamais fait sonner une basse comme <strong>Hazlewood<\/strong>. <\/span>Le son de basse des productions <strong>Hazlewood<\/strong>, c&#39;est un son sec, claquant, qu&#39;on croirait avoir &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; dans un silo &agrave; grains (une autre l&eacute;gende dont on ne sait pas trop si elle est fond&eacute;e ou non). La guitare en est r&eacute;duite &agrave; arp&eacute;ger au second-plan. &laquo;<em> For A Day Like Today<\/em> &raquo; serait le th&egrave;me p&eacute;nulti&egrave;me de cette com&eacute;die musicale r&ecirc;v&eacute;e plus haut. Dans un monde de go&ucirc;t, dix mille spectateurs, boulevers&eacute;s par tant de lyrisme, l&#39;applaudiraient chaque soir depuis 1970. L&#39;aboutissement de ce spectacle fantasmatique serait &laquo; <em>Vem Kan Segla<\/em> &raquo;, chanson de boy-scout bien connue, chant&eacute;e en su&eacute;dois par Lizell et traduite en anglais de rogomme par <strong>Hazlewood<\/strong>. <\/p>\n<p><strong>Hazlewood<\/strong> est mort le 4 ao&ucirc;t 2007 d&#39;un cancer des reins. <span>&laquo; <em>I heard the preacher say: &quot;God must have a sens of humour&quot;, cause when they put him in his grave, it didn&#39;t even rain <\/em>&raquo; (<strong>Cold hard world<\/strong>). <\/span><\/p>\n<p><span><\/span><\/p>\n<p><span><strong>Requiescat in pace.<\/strong> <\/span><span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus culte que le b&eacute;n&eacute;dicit&eacute;, plus am&eacute;ricain que le bourbon Four Roses, plus moustachu qu&#39;une crapule de cin&eacute;ma, Ladies and gentlemen, Lee Hazlewood! 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