{"id":214,"date":"2009-05-15T00:00:00","date_gmt":"2009-05-14T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=214"},"modified":"2009-05-15T00:00:00","modified_gmt":"2009-05-14T23:00:00","slug":"gun-club-a-history-of-violence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=214","title":{"rendered":"Gun Club: A History Of Violence"},"content":{"rendered":"<p><span><\/span>Cette semaine, le Rennet fait tourner les tables pour vous conter l&#39;histoire du cinqui&egrave;me amendement du rock. <!--more--><strong>Rituel foireux<\/strong> <\/p>\n<p>Le temps a pass&eacute;, les albums ont &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;dit&eacute;s, r&eacute;&eacute;valu&eacute;s,des documentaires sont sortis, un recueil de textes &eacute;galement. A sa mort en 1996, Lib&eacute;ration &eacute;crivait &laquo;&nbsp;<em>mort d&#39;un loser&nbsp;<\/em>&raquo;. Aujourd&#39;hui, <strong>Jeffrey Lee Pierce<\/strong> est devenu une des ic&ocirc;nes de ralliement des amateurs de rock &agrave; goudron et &agrave; plumes. N&eacute; en 1958 d&#39;un p&egrave;re fonctionnaire WASP et d&#39;une m&egrave;re mexicaine de descendance indienne et fran&ccedil;aise, Jeffrey Lee Pierce grandit dans le quartier d&#39; El Monte &agrave; Los Angeles. C&#39;est un adolescent solitaire, d&eacute;voreur de livres autant qu&#39;&eacute;cumeur de disquaires. Pierce &eacute;coute, lit (c&#39;est un inconditionnel de <strong>William Burroughs<\/strong>), observe, et bourlingue. New York, puis la Jama&iuml;que, la Nouvelle-Orl&eacute;ans, Memphis. Fatalement, il commence &agrave; &eacute;crire. Il devient le chroniqueur reggae du tr&egrave;s influent fanzine Slash. Admirateur de <strong>Blondie<\/strong>, dont il est le pr&eacute;sident du fan-club en Californie, il se teint les cheveux en blond en hommage &agrave; <strong>Deborah Harry<\/strong>. Il est &eacute;galement incollable sur les grands anciens du blues, pour, selon la l&eacute;gende, avoir fr&eacute;quent&eacute; <strong>Bob &laquo;&nbsp;<em>The Bear<\/em>&nbsp;&raquo; Hite<\/strong>, ancien chanteur de <strong>Canned Heat<\/strong> et grand collectionneur d&#39;anciennet&eacute;s devant l&#39;&eacute;ternel. <strong>Son House<\/strong>, <strong>Charley Patton<\/strong>, <strong>Leadbelly<\/strong>&#8230; Bient&ocirc;t Pierce fait la connaissance de <strong>Brian Tristan<\/strong>, lui-m&ecirc;me m&eacute;tis et pr&eacute;sident du fan-club des <strong>Ramones<\/strong>. Un soir, l&#39;alcool aidant, Pierce propose &agrave; Tristan de monter un groupe pour &laquo;&nbsp;<em>faire chier le peuple<\/em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>se faire payer des coups par les journalistes&nbsp;<\/em>&raquo;. Tristan ne sait pas jouer de guitare? Faux-fuyants! N&#39;importe quel gougnafier peut apprendre &agrave; jouer d&#39;une guitare accord&eacute;e en open de mi: il suffit de&nbsp; plaquer l&#39;index sur le manche pour pouvoir jouer n&#39;importe quel accord majeur. Le r&eacute;pertoire de <strong>Creeping Ritual<\/strong> (le nom du groupe) se compose de murder ballads incunables et de blues fuligineux. Le groupe n&#39;est pas en place: pour ce qui est de faire chier le peuple, l&#39;objectif est atteint &agrave; chaque concert. Pour tout rituel, le groupe se voit l&#39;objet de lancers de projectiles vari&eacute;s. Peu-&agrave;-peu, n&eacute;anmoins, sa musique s&#39;&eacute;toffe. Rebaptis&eacute; &laquo;&nbsp;<strong><em>The Gun Club<\/em><\/strong>&nbsp;&raquo;, le groupe franchit un cap avec l&#39;adjonction de deux anciens des &laquo;&nbsp;<strong><em>Bags<\/em><\/strong>&nbsp;&raquo; : le bassiste <strong>Rob Ritter<\/strong> et le batteur <strong>Terry Graham<\/strong> (&laquo;&nbsp;<em>la premi&egrave;re fois que j&#39;ai fait un show avec Jeffrey, il&nbsp; &eacute;tait sap&eacute; en blanc avec une cravate et portait une Bible &eacute;norme sous le bras. Il a balanc&eacute; la Bible sur le sol et a pris une cha&icirc;ne et commenc&eacute; &agrave; fouetter la Bible avec. Et j&#39;ai pens&eacute;: &laquo;&nbsp;&ccedil;a me pla&icirc;t, c&#39;est vraiment pas mal&nbsp;&raquo;. Je viens du Texas, alors j&#39;&eacute;tais en mesure d&#39;appr&eacute;cier &raquo;<\/em>). <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Sacrifice auriculaire<\/strong> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Suite &agrave; la d&eacute;fection de leur guitariste <strong>Bryan Gregory<\/strong>, les <strong>Cramps<\/strong> entrent en contact avec Brian Tristan. Celui-ci est encore un guitariste fruste, mais il a le look, la fra&icirc;cheur, l&#39;attitude. La sulfureuse <strong>Poison Ivy<\/strong> le joint par t&eacute;l&eacute;phone pour lui demander ce qu&#39;il serait pr&ecirc;t &agrave; sacrifier pour int&eacute;grer les Cramps.<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;<em>Euh, aller &agrave; la fac, voyager, mon groupe actue<\/em>l..?&nbsp;&raquo; hasarde le jeune homme. &laquo;&nbsp;<em>Non, r&eacute;pond Ivy, je veux dire, tu serais pr&ecirc;t &agrave; te couper un doigt<\/em>?&nbsp;&raquo;. Avec la b&eacute;n&eacute;diction de Pierce, Tristan rejoint ainsi les Cramps pour l&#39;enregistrement de &laquo;&nbsp;<em>Psychedelic Jungle<\/em>&nbsp;&raquo;, excellent second album du groupe de psychobilly. Il se voit affubl&eacute; du sobriquet de &laquo;&nbsp;<em>Kid Congo Powers<\/em>&nbsp;&raquo;, nom de guerre qui ne le l&acirc;chera plus. D&eacute;pit&eacute; de ne pas avoir &eacute;t&eacute; retenu par le groupe de <strong>Lux Interior<\/strong>, le guitariste <strong>Ward Dotson<\/strong> se pr&eacute;sente &agrave; Jeffrey Lee Pierce. Dotson est un musicien autrement plus aguerri que Powers. Il s&#39;approprie les morceaux du groupe en un rien de temps. Ainsi constitu&eacute;, le <strong>Gun Club<\/strong> court en studio (au sens propre) graver son premier album. Press&eacute;s par le manque de moyens, les musiciens ne peuvent se permettre de passer trop de temps &agrave; enregistrer et sont contraints de se ruer hors du studio avec leurs instruments sous le bras apr&egrave;s avoir couch&eacute; cinq ou six chansons. Ceci expliquant en partie le tempo enlev&eacute; des chansons (&laquo;&nbsp;<em>Sex Beat<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>She&#39;s Like Heroin To Me<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Preachin&#39; The Blues&nbsp;<\/em>&raquo;).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<strong>Elvis de la g&eacute;henne<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Reste &agrave; trouver un label. Malin, Pierce emm&egrave;ne la cassette dans les locaux de <strong>Slash Magazine<\/strong> pour la passer sur le magn&eacute;to de la r&eacute;daction. Ni une ni deux, l&#39;album &laquo;&nbsp;<em>Fire Of Love<\/em>&nbsp;&raquo; para&icirc;t sur le label <strong>Ruby<\/strong>, sous-division de Slash Records en 1981. Jusque dans le New-York Times, la critique s&#39;enflamme pour cette synth&egrave;se ign&eacute;e du delta blues rural et du punk urbain. Injecter la fr&eacute;n&eacute;sie du punk dans un folklore hant&eacute;: la d&eacute;marche n&#39;est pas nouvelle, les <strong>Pogues<\/strong> en ont eu l&#39;id&eacute;e quelques ann&eacute;es plus t&ocirc;t. Mais personne n&#39;avait ainsi chop&eacute; le blues par le colback&nbsp; depuis les premiers temps du <strong>British Blues Boom<\/strong>. Le blues des origines v&eacute;hiculait une&nbsp; mal&eacute;diction poisseuse. <strong>Robert Johnson<\/strong> chantait le diable et les chiens de l&#39;enfer. Au fil des ann&eacute;es 70, cependant, le blues s&#39;&eacute;tait &eacute;tir&eacute;, dilu&eacute;. Sur toutes les ondes, des guitaristes en charentaises pratiquaient un yo-yo pentatonique fatigant. La virtuosit&eacute;, on le sait, est l&#39;adversaire de l&#39;&eacute;vidence. &laquo;&nbsp;<em>Invention was betrayed by the machine<\/em>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;<em>Fire Spirit<\/em>&nbsp;&raquo;). <\/p>\n<p>Le groupe fait beaucoup parler de lui &agrave; Los Angeles et sur la c&ocirc;te Est des Etats-Unis. Pierce fait le couverture du New-York Rocker sous le titre &laquo;&nbsp;<em>All Dressed Up Like An Elvis From Hell<\/em>&nbsp;&raquo;, tir&eacute; des paroles de sa chanson &laquo;&nbsp;<em>For The Love Of Ivy<\/em>&nbsp;&raquo; (la Poison Ivy des Cramps?). Obs&eacute;d&eacute; par les murder ballads, Pierce menace dans ce morceau de s&#39;acheter son propre cimeti&egrave;re, de se procurer un flingue long comme le bras et de tuer tous ceux qui lui ont fait du tort. La violence crue des paroles de Pierce est assortie de provocations sexuelles dans la tradition salace des bluesmen d&#39;antan. <span>&laquo;&nbsp;<em>We can fuck forever but you will never get my soul<\/em>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;<em>Sex Beat<\/em>&nbsp;&raquo;) ; &laquo;&nbsp;<em>And when you fall in love with me, we can dig a hole by the willow tree, then I will fuck you &#39;till you die&nbsp;<\/em>&raquo; (&laquo;&nbsp;<em>Jack On Fire<\/em>&nbsp;&raquo;). <\/span>Dans la r&eacute;alit&eacute;, cependant, et malgr&eacute; une apparence de <strong>Brando<\/strong> platine, Pierce ne conna&icirc;t pas un succ&egrave;s extraordinaire avec l&#39;autre sexe. Il se fait mener par le bout du nez par la chanteuse <strong>Texacala Jones<\/strong>, harpie toxique, Siouxsie bis en somme, dont il contribue pourtant &agrave; lancer le groupe (&laquo;<em><strong>&nbsp;Tex &amp; The Horseheads<\/strong><\/em>&nbsp;&raquo;). <\/p>\n<p>&nbsp; <\/p>\n<p><strong>Hillbilly tropical<\/strong> <\/p>\n<p>L&#39;int&eacute;r&ecirc;t gagne bient&ocirc;t l&#39;Europe et le chanteur attrape la grosse t&ecirc;te. D&eacute;j&agrave; pas facile &agrave; vivre, il devient rapidement compl&egrave;tement imbuvable. D&#39;autant plus imbuvable qu&#39;il est alcoolique et ne tient vraiment pas la boisson. &laquo;&nbsp;<em>Je buvais plus que lui, mais je ne me comportais pas comme un idiot pour autant. &Ccedil;a avait un effet diff&eacute;rent sur lui. Il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; fou de toute fa&ccedil;on. &Ccedil;a ne faisait que le rendre encore plus cingl&eacute;, se souvient Dotson. Il voulait &ecirc;tre un junkie et un alcoolique. C&#39;est une chose terrible de vouloir &ecirc;tre &ccedil;a, d&#39;aspirer &agrave; devenir comme &ccedil;a. Mais apparemment son voeu s&#39;est r&eacute;alis&eacute;, &ccedil;a lui est arriv&eacute;.<\/em> &raquo; se souvient <strong>Dotson<\/strong>. Son comportement va encore empirant apr&egrave;s la sortie du deuxi&egrave;me album, &laquo;&nbsp;<em>Miami<\/em>&nbsp;&raquo; (produit par <strong>Chris Stein<\/strong> de Blondie). Inspir&eacute; par cette ville dans laquelle Pierce ne voit qu&#39; &laquo;&nbsp;<em>un cimeti&egrave;re des &eacute;l&eacute;phants d&eacute;guis&eacute; en paradis tropical<\/em>&nbsp;&raquo;, c&#39;est un album moite, v&eacute;n&eacute;neux, ent&ecirc;tant. Pour la critique, Jeffrey Lee Pierce est le nouveau <strong>Jim Morrison<\/strong>. Un parolier lettr&eacute;, un chanteur habit&eacute;, une gueule d&#39;angelot bouffi, une morgue d&eacute;testable. On est loin pourtant des m&eacute;lismes psych&eacute;d&eacute;liques des Doors. &laquo;&nbsp;Miami&nbsp;&raquo; &eacute;voque plut&ocirc;t un <strong>Creedence Clearwater Revival<\/strong> sous peyotl. Hillbilly psychotique, l&#39;album contient d&#39;ailleurs une reprise assez convaincante de &laquo;&nbsp;<em>Run Through The Jungle<\/em>&nbsp;&raquo;. Mais le clou du disque est cette reprise d&eacute;mentielle du &laquo;&nbsp;<em>Fire Of Love<\/em>&nbsp;&raquo; de <strong>John Reynolds<\/strong>. Une v&eacute;ritable fournaise! Fid&egrave;le &agrave; sa d&eacute;nomination, le Gun Club d&eacute;fouraille des calibres &agrave; tir serr&eacute;: &laquo;&nbsp;<em>Bad Indian<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>A Devil In The Woods<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Sleeping In Blood City<\/em>&nbsp;&raquo;. Par moments, on se demande si JLP n&#39;aurait pas invent&eacute; le grunge, des fois. Le disque se conclut sur une jolie ballade apais&eacute;e, &laquo;&nbsp;<em>Mother Of Earth<\/em>&nbsp;&raquo; (soit dit en passant, les &eacute;l&eacute;ments naturels occupent une place tr&egrave;s importante dans la th&eacute;matique du groupe).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>F&ecirc;te mortuaire<\/strong> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Exc&eacute;d&eacute; par les d&eacute;lires monomaniaques du chanteur, le bassiste <strong>Rob Ritter<\/strong> quitte le groupe. <\/p>\n<p>Il n&#39;appara&icirc;tra pas sur la pochette de l&#39;album. Il est remplac&eacute; par la tr&egrave;s gothique <strong>Patricia Morrison<\/strong>, ex-<strong>Legal Weapon<\/strong> et future <strong>Sister Of Mercy<\/strong>. Ritter est vite imit&eacute; par Dotson qui ira fonder les <strong>Pontiac Brothers<\/strong>. &laquo;&nbsp;<em>Pendant des ann&eacute;es, j&#39;ai fait le r&ecirc;ve r&eacute;current que je lui frappais la tronche avec un club de golf&nbsp;<\/em>&raquo;, dira le guitariste de Jeffrey Lee Pierce. <strong>Terry Graham<\/strong> ne reste pas beaucoup plus longtemps. Pierce embauche alors le guitariste des <strong>Panther Burns<\/strong>, <strong>Jim Duckworth<\/strong>, et le batteur <strong>Dee Pop<\/strong>, issu des <strong>Bush Tetras<\/strong>. Ensemble ils enregistrent le mini-album &laquo;&nbsp;<em>Death Party<\/em>&nbsp;&raquo; en 1983. Les cinq titres du maxi s&#39;inscrivent dans la lign&eacute;e des deux albums pr&eacute;c&eacute;dents, entre le blues amph&eacute;tamin&eacute; de &laquo;&nbsp;<em>Lucky Jim<\/em>&nbsp;&raquo;, la rengaine de juke-joint de &laquo;&nbsp;<em>House On Highland Ave.<\/em>&nbsp;&raquo; ou la transe bruitiste de &laquo;&nbsp;<em>Death Party<\/em>&nbsp;&raquo;. Suite &agrave; une tourn&eacute;e europ&eacute;enne marqu&eacute;e par des exc&egrave;s en tous genres, Pierce se s&eacute;pare de son batteur (malgr&eacute;, ou &agrave; cause de, ses bons rapports avec Dee Pop. Terry Graham r&eacute;int&egrave;gre alors le Gun Club pour quelques concerts aux USA. Mais le jour m&ecirc;me o&ugrave; le groupe doit prendre l&#39;avion pour une tourn&eacute;e en Australie, <strong>Graham<\/strong> et <strong>Duckworth<\/strong> laissent le chanteur en plan, insatisfaits qu&#39;ils sont du caract&egrave;re tr&egrave;s vague de ses engagements (Terry Graham r&eacute;int&eacute;grera n&eacute;anmoins le groupe une fois celui-ci rentr&eacute; en Am&eacute;rique). Dans l&#39;urgence, Pierce appelle son vieil ami Kid Congo Powers. Le retour de Brian Tristan signale le d&eacute;but d&#39;une nouvelle phase pour le groupe.&nbsp; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<strong>Rien ne va plus<\/strong> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;<em>The Las Vegas Story<\/em>&nbsp;&raquo; (1984) voit les d&eacute;buts &agrave; la guitare de Jeffrey Lee Pierce. Album de transition, il ne r&eacute;alise pas les ambitions qu&#39;on y d&eacute;c&egrave;le. Les compositions sont moins &eacute;videntes que sur les albums pr&eacute;c&eacute;dents. En dehors d&#39;un ravageur &laquo;&nbsp;<em>Walking With The Beast<\/em>&nbsp;&raquo; avec riff de tron&ccedil;onneuse et rodomontades de foire, d&#39;un &laquo;&nbsp;<em>Eternally Is Here<\/em>&nbsp;&raquo; carillonnant et d&#39;une p&eacute;pite de deux minutes intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;<em>Secret Fires<\/em>&nbsp;&raquo; (qui b&eacute;n&eacute;ficie d&#39;une guitare slide &laquo;&nbsp;<em>emprunt&eacute;e<\/em>&nbsp;&raquo; &agrave; Ry Cooder, lequel utilisait le m&ecirc;me studio pour enregistrer la B.O. de <strong>Paris, Texas<\/strong>), l&#39;album est trop h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne et tarabiscot&eacute; (&laquo;&nbsp;<em>Bad America<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Stranger In Our Town<\/em>&nbsp;&raquo;). Ou bien c&#39;est la prise de voix qui laisse &agrave; d&eacute;sirer (&laquo;&nbsp;<em>Moonlight Motel<\/em>&nbsp;&raquo;). Les reprises de &laquo;&nbsp;<em>The Master Plan<\/em>&nbsp;&raquo; (<strong>Pharoah Sanders<\/strong>) et &laquo;&nbsp;<em>My Man&#39;s Gone Now<\/em>&nbsp;&raquo; (<strong>Gershwin<\/strong>), pour correctement interpr&eacute;t&eacute;es qu&#39;elles soient, n&#39;apportent rien au disque. Le son de guitare &agrave; la fois poisseux et soufr&eacute; des premiers albums a &eacute;t&eacute; pass&eacute; au d&eacute;tergent hard FM. En clair, &laquo;&nbsp;<em>The Las Vegas Story<\/em>&nbsp;&raquo; pr&eacute;sente une sonorit&eacute; beaucoup plus eighties (le gros mot!). <\/p>\n<p>Apr&egrave;s deux mois de tourn&#038;<br \/>\nacute;e en Europe, Pierce d&eacute;cide de s&#39;&eacute;tablir &agrave; Londres. C&#39;en est assez pour Graham qui fait ses valoches pour de bon. La lassitude se r&eacute;v&egrave;le d&#39;autant plus grande &agrave; la fin de la tourn&eacute;e que Powers et Pierce ont ingurgit&eacute; des drogues tout du long. Peut-&ecirc;tre d&eacute;courag&eacute; des prises de chou ayant &eacute;maill&eacute; l&#39;existence du Gun Club, Pierce se lance dans un projet solo avec des musiciens de studio. Le Gun Club est d&eacute;mantel&eacute;. Pour la premi&egrave;re fois, JLP se retrouve seul &agrave; tenir la guitare. &laquo;&nbsp;<em>Wildweed<\/em>&nbsp;&raquo;, le r&eacute;sultat, est mitig&eacute; mais encourageant. Le morceau d&#39;ouverture, &laquo;&nbsp;<em>Love And Desperation<\/em>&nbsp;&raquo;, convoque les vertiges malsains des nuits blanches, les affres d&eacute;lirantes de l&#39;obsession, l&#39;amour ivre du d&eacute;sespoir. Pour le reste, Pierce se contente de semer diff&eacute;rentes id&eacute;es qui &eacute;cloront en beaut&eacute; sur l&#39;album d&#39;apr&egrave;s, chef d&#39;oeuvre de la seconde p&eacute;riode du Gun Club. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;<strong>Exploit hallucin&eacute;<\/strong> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jeffrey Lee Pierce engage des musiciens pour assurer la promotion de <strong>Wildweed<\/strong>. La section rythmique du &laquo;&nbsp;<em>Jeffrey Lee Pierce Quartet<\/em>&nbsp;&raquo; est compos&eacute;e de <strong>Nick Sanderson<\/strong> &agrave; la batterie et <strong>Romi Mori<\/strong> &agrave; la basse. Mori devient la petite amie de Pierce. Boursoufl&eacute; par l&#39;alcool et les drogues, celui-ci entreprend de se refaire une sant&eacute;- sans pour autant arr&ecirc;ter de boire. Il se met au jogging! Par ailleurs il cesse de se teindre les cheveux. C&#39;est un Jeffrey Lee Pierce amaigri aux cheveux noirs qui propose &agrave; Kid Congo Powers de reformer le Gun Club avec Sanderson et Mori. Entre-temps, Powers s&#39;est greff&eacute; aux <strong>Bad Seeds<\/strong> de <strong>Nick Cave<\/strong>, lequel partage son temps entre Londres et Berlin. Kid Congo Powers sugg&egrave;re d&#39;enregistrer le nouveau Gun Club dans la capitale allemande, dont on sait l&#39;influence tr&egrave;s particuli&egrave;re qu&#39;elle peut avoir sur les musiciens. Jeffrey Lee Pierce demande &agrave; <strong>Robin Guthrie<\/strong>, dont il appr&eacute;cie le groupe les &laquo;&nbsp;<strong><em>Cocteau Twins<\/em><\/strong>&nbsp;&raquo;, de produire le disque. &Agrave; priori, le choix est saugrenu. Les Cocteau Twins excellent dans une musique froide, ouat&eacute;e, tout en nuances atmosph&eacute;riques; la musique du Gun Club n&#39;a pas vraiment une gueule d&#39;atmosph&egrave;re. Si l&#39;on devait la d&eacute;finir en termes de d&eacute;cor, &agrave; ce stade de sa discographie, ce serait un ancien tripot conf&eacute;d&eacute;r&eacute; construit sur un antique cimeti&egrave;re indien et reconverti en squat &agrave; junkies sous l&#39;&egrave;re dor&eacute;e du Reaganisme triomphant. Et pourtant. La production de Robin Guthrie conf&egrave;re &agrave; &laquo;&nbsp;<em>Mother Juno<\/em>&nbsp;&raquo; (1987) un caract&egrave;re hallucin&eacute;, somnambulique, &agrave; l&#39;image de la peinture flipp&eacute;e de <strong>Claus Castenskiold<\/strong> qui orne la pochette. Dans ce paysage &agrave; la Munch, les riffs explosent comme des geysers.&nbsp; L&#39;homme des Cocteau Twins a tremp&eacute; les guitares du groupe dans l&#39;azote liquide. On n&#39;est pas dans les gnangnanteries des <strong>Smiths<\/strong>. Le groupe l&acirc;che les chevaux sur &laquo;&nbsp;<em>Thunderhead<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Lupita Screams&nbsp;<\/em>&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Hearts<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>My Cousin Kim<\/em>&nbsp;&raquo;. Ce n&#39;est plus une harde, ma petite dame, c&#39;est un cyclone! Dans cette temp&ecirc;te, Pierce instille successivement une ballade empoisonn&eacute;e&nbsp; (&laquo;&nbsp;<em>Yellow Eyes<\/em>&nbsp;&raquo;) et son antidote (&laquo;&nbsp;<em>Breaking Hands<\/em>&nbsp;&raquo;). Tout lui r&eacute;ussit sur ce coup, y compris une ballade power pop presque putassi&egrave;re, mais qui marche &agrave; fond (&laquo;&nbsp;<em>Port Of Souls<\/em>&nbsp;&raquo;). <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<strong>Retour de scoumoune<\/strong> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Gr&acirc;ce &agrave; &laquo;&nbsp;<em>Mother Juno<\/em>&nbsp;&raquo;, la critique se rappelle au bon souvenir du Club. Mais le sort r&eacute;serve un sale coup &agrave; l&#39;album. Le label <strong>Red Rhino<\/strong>, qui le distribue, fait faillite peu de temps apr&egrave;s sa sortie. La conjonction des efforts physiques r&eacute;guliers de Pierce et de sa consommation d&#39;alcool continuelle provoque une rupture de sa rate. Le groupe repara&icirc;t en 1990 avec &laquo;&nbsp;<em>Pastoral Hide &amp; Seek<\/em>&nbsp;&raquo;, qui voit le jour gr&acirc;ce au soutien financier d&#39;un inconditionnel hollandais du groupe. Inconditionnel, il faut l&#39;&ecirc;tre assur&eacute;ment pour se procurer cet album, qui est de loin le moins bon de la discographie de Jeffrey Lee Pierce. Avec le temps, celui-ci est devenu un tr&egrave;s bon guitariste. Il le d&eacute;montre en encha&icirc;nant des plans sophistiqu&eacute;s (&laquo;&nbsp;<em>St John&#39;s Divine<\/em>&nbsp;&raquo;, une reprise du &laquo;&nbsp;<em>Eskimo Blue Day<\/em>&nbsp;&raquo; de <strong>Jefferson Airplane<\/strong>) et des solos au doigt&eacute; impeccable (&laquo;&nbsp;<em>Emily&#39;s Changed<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Temptation &amp; I<\/em>&nbsp;&raquo;), mais l&#39;ensemble demeure anecdotique, ennuyeux m&ecirc;me. Le groupe sonne comme des <strong>Red Hot Chili Peppers<\/strong> d&eacute;gonfl&eacute;s et mis sous cellophane. L&#39;E.P. &laquo;&nbsp;<em>Divinity<\/em>&nbsp;&raquo; qui para&icirc;t en 1991 ne convainc pas non plus, malgr&eacute; deux reprises r&eacute;ussies: celle, funky, du traditionnel &laquo;&nbsp;<em>Keys To The Kingdom&nbsp;<\/em>&raquo; et celle, heavy, du &laquo;&nbsp;<em>Black Hole<\/em>&nbsp;&raquo; des <strong>Urinals<\/strong>. &laquo;&nbsp;<em>Sorrow Knows<\/em>&nbsp;&raquo; est une pi&egrave;ce mont&eacute;e guitaristique enfl&eacute;e mais qui manque de saveur. Kid Congo n&#39;a plus le coeur de continuer. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<strong>Lugubre catharsis<\/strong> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par ailleurs la sant&eacute; de Jeffrey Lee Pierce&nbsp; ne cesse de d&eacute;cliner. Il passe beaucoup de&nbsp; son temps dans les h&ocirc;pitaux. Pour ne rien arranger, sa relation avec Romi Mori bat de l&#39;aile (elle&nbsp; le quittera pour Nick Sanderson, le batteur du groupe, apr&egrave;s la sortie de &laquo;&nbsp;<em>Lucky Jim<\/em>&nbsp;&raquo;, dernier album du groupe, en 1993). Pierce s&#39;envole alors pour l&#39;Asie du Sud-Est. Il se rend au Japon (un pays dont la culture le passionne), au Cambodge et au Vietnam. Pour <strong>Dave Alvin<\/strong>, le guitariste des <strong>Blasters<\/strong>,&nbsp; les motifs de son voyage sont tristement &eacute;vidents: &laquo;&nbsp;<em>Des mecs comme &ccedil;a, s&#39;ils vont en Asie du Sud-Est, ce n&#39;est pas pour visiter les ruines et faire de la rando. Ils y vont pour la drogue<\/em>&nbsp;&raquo;. Il y compose plusieurs morceaux qui figureront sur &laquo;&nbsp;<em>Lucky Jim<\/em>&nbsp;&raquo;. D&eacute;but 1992, il est au Pays-Bas pour enregistrer un album de pur blues avec le guitariste <strong>Cypress Grove<\/strong> et le batteur <strong>Willie Love<\/strong>. Pour faire simple, et en d&eacute;pit de quelques titres &eacute;lectrifi&eacute;s, &laquo;&nbsp;<em>Ramblin&#39; Jeffrey Lee &amp; Cypress Grove with Willie Love<\/em>&nbsp;&raquo; serait un peu l&#39;album &laquo;&nbsp;<em>Unplugged<\/em>&nbsp;&raquo; de Pierce. En &eacute;rudit du genre, l&#39;Am&eacute;ricain reprend avec brio des blues confidentiels de <strong>Don Nix<\/strong>, <strong>Charley Patton<\/strong>, <strong>Willie Brown<\/strong>, <strong>Frankie Lee Sims<\/strong>, <strong>Robert Wilkins<\/strong>, <strong>Skip James<\/strong>, <strong>Chester Burnett<\/strong>. Son interpr&eacute;tation de &laquo;&nbsp;<em>Hardtime Killin&#39; Floor Blues&nbsp;<\/em>&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>Alabama Blues<\/em>&nbsp;&raquo;, en particulier, est merveilleuse. Pierce livre &eacute;galement deux chansons de son cru, une lugubre catharsis (&laquo;&nbsp;<em>Stranger In My Heart<\/em>&nbsp;&raquo;), et une m&eacute;lop&eacute;e minimaliste pr&eacute;texte &agrave; de nombreux solos dans le style de son guitariste favori <strong>Jimi Hendrix<\/strong>. RJL&amp;CGWWL est un album hommage au blues r&eacute;ussi, mais qui s&#39;int&eacute;resse encore &agrave; ce type de projet en 1992? En tous cas, pas la presse qui ignore le disque. Quelques morceaux de &laquo;&nbsp;<em>Lucky Jim<\/em>&nbsp;&raquo; sont couch&eacute;s sur bande &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque. Le reste est enregistr&eacute; un an plus tard. Pierce se porte tr&egrave;s mal. &Ccedil;a s&#39;entend. Sur &laquo;&nbsp;<em>A House Is Not A Home<\/em>&nbsp;&raquo; (qui n&#39;a pas grand-chose &agrave; voir avec la chanson de<strong> Burt Bacharach<\/strong>), il broie du noir comme un concasseur une vieille bagnole. C&#39;est le m&ecirc;me bruit. Trois ballades formidables ressortent n&eacute;anmoins de l&#39;album. &laquo;&nbsp;<em>Lucky Jim<\/em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>Idiot Waltz<\/em>&nbsp;&raquo; sont empreintes d&#39;une puissante m&eacute;lancolie. &laquo;&nbsp;<em>Cry To Me<\/em>&nbsp;&raquo; est un moment d&#39;optimisme plut&ocirc;t bienvenu dans ce fatras de noirceur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<strong>Objets de culte&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Min&eacute; par sa rupture avec Mori, atteint d&#39;une maladie incurable au foie, bouffi par la drogue, Jeffrey Lee Pierce n&#39;est plus que l&#39;ombre de lui-m&ecirc;me. Il vit comme une trahison le fait que son ex se soit mise avec <strong>Nick Sanderson<\/strong>. Le Gun Club est dissous de facto. Le fid&egrave;le Kid Congo acceptera bien de donner encore un concert ou deux, mais le groupe n&#39;enregistrera plus. Assist&eacute; par <strong>Henry Rollins<\/strong> (&laquo;&nbsp;<strong><em>Black Flag<\/em><\/strong>&nbsp;&raquo;), Pierce assemble divers &eacute;crits de sa plume dans le but de sortir un livre (ce sera le recueil &laquo;&nbsp;<em>Go Tell The Mountain<\/em>&nbsp;&raquo;). Le 31 mars 1996, il d&eacute;c&egrave;de des suites d&#39;une h&eacute;morragie c&eacute;r&eacute;brale. Un coffret de 4 CD intitul&eacute; &laquo;&nbsp;<em>The Life And Times Of Jeffrey Lee Pierce<\/em>&nbsp;&raquo; est sorti r&eacute;cemment. Difficile de dire &agrave; qui cet objet s&#39;adresse exactement. Le premier CD, une compilation studio pour le moins sujette &agrave; d&eacute;bat, ne pr&eacute;sente pas vraiment d&#39;int&eacute;r&ecirc;t pour les fans absolus. Quant aux trois CDs restants, remplis de prestations live, pas s&ucirc;r qu&#39;ils passionnent le n&eacute;ophyte. Autant jeter une oreille sur &laquo;&nbsp;<em>Fire Of Love<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Miami<\/em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>Mother Juno<\/em>&nbsp;&raquo; d&#39;abord. Pour les mordus, recommandons deux documentaires r&eacute;cents: en premier lieu, l&#39;excellent &laquo;&nbsp;<em>Ghost On The Highway<\/em>&nbsp;&raquo; de <strong>Kurt Voss<\/strong>, qui retrace la trajectoire de Jeffrey Lee Pierce en l&#39;agr&eacute;mentant des t&eacute;moignages de ceux qui l&#39;ont connu (documentaire auquel je me suis pas mal r&eacute;f&eacute;r&eacute; pour cette chronique), et &laquo;&nbsp;<em>Hard Time Killing Floor Blues<\/em>&nbsp;&raquo;, qui montre l&#39;homme dans les derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie. Le bouquin &laquo;&nbsp;<em>Go Tell The Mountain<\/em> &raquo; est d&eacute;sormais &eacute;puis&eacute;. Il s&#39;arrache sur internet &agrave; des prix prohibitifs. Preuve, s&#39;il en faut, que la musique du Gun Club continue de passionner. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong><em>Nichachien Reilly<\/em><\/strong>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette semaine, le Rennet fait tourner les tables pour vous conter l&#39;histoire du cinqui&egrave;me amendement du rock.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":215,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-214","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/214","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=214"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/214\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/215"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=214"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=214"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=214"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}