{"id":238,"date":"2009-10-30T00:00:00","date_gmt":"2009-10-29T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=238"},"modified":"2009-10-30T00:00:00","modified_gmt":"2009-10-29T23:00:00","slug":"je-dechirerai-les-rires-banania-sur-tous-les-murs-de-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=238","title":{"rendered":"\u00ab Je d\u00e9chirerai les rires Banania sur tous les murs de France&#8230;* \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;homme moderne et press&eacute; se doit d&rsquo;emprunter le TGV&hellip; c&rsquo;est ainsi que rattrap&eacute; par mon &eacute;poque, je me dois, par instants, sauter dans le train de l&rsquo;innovation, tel un Hobo &eacute;lectrifi&eacute;, et me laisser bercer par ces luxueux Express &agrave; haut d&eacute;bit&hellip;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Tant l&rsquo;aisance de ces carrioles impeccables peut convenir &agrave; la r&ecirc;verie instantan&eacute;e, tant je fais d&eacute;finitivement partie de ces voyageurs liseurs, ceux pour qui la moindre vir&eacute;e peut se transformer en marathon litt&eacute;raire, faisant passer Bernard Pivot pour une lanterne rouge&hellip; Pas d&eacute;cid&eacute; &agrave; transbahuter les 20 tomes de &laquo;&nbsp;<em>le psych&eacute;d&eacute;lisme des ann&eacute;es De Gaulle<\/em>&nbsp;&raquo;, je me d&eacute;cide parfois pour de la lecture de type magazine. Non pas que l&rsquo;offre dudit type concern&eacute; soit des plus affriolante, mais il est bon parfois de se gausser mollement en lisant cette litt&eacute;rature jacobine&hellip; c&rsquo;est donc tout naturellement que je me dirige vers un exemplaire de Rock and Folk, priant l&rsquo;ectoplasme de <strong>Buddy Holly<\/strong> que le dossier ne soit pas sur la nouvelle bande du Gibus. Gagn&eacute;&nbsp;! La trogne de <strong>Ringo Star<\/strong> ne laisse que peu d&#39;ambigu&iuml;t&eacute; sur la teneur de ce num&eacute;ro&hellip; j&rsquo;en glousse&nbsp;!<\/p>\n<p>Pas convaincu de coller quelques euros dans un magazine du Figaro (bien que j&rsquo;adore voir les gueules des descendants de <strong>Marie-Antoinette<\/strong> et consorts), je laisse mon &oelig;il fl&acirc;ner n&eacute;gligemment sur ces revues bigarr&eacute;es qui font passer le contingent f&eacute;minin pour un Tiers &eacute;tat sur talons, glissant sur les revues de Tuning, d&eacute;daignant cr&acirc;nement les revues sportives&hellip; Le temps pressant et par d&eacute;sarroi, je m&rsquo;approche de la caisse afin d&rsquo;y effectuer une transaction fiduciaire quand je vois du coin de l&rsquo;oreille un stand tout plein du Mensuel de Rennes (je ne sais pas si le stand &eacute;tait plein, ni m&ecirc;me si les revues concern&eacute;es &eacute;taient effectivement pos&eacute;es sur un stand&hellip; Mais vous savez comment sont les souvenirs&hellip;&nbsp;! Quand ma m&egrave;re raconte son voyage au <strong>Kilimandjaro<\/strong>, elle reste persuad&eacute;e d&rsquo;y avoir rencontr&eacute; Pascal Danel habill&eacute; en Tarzan.).<\/p>\n<p>Me voici donc en possession de &laquo;&nbsp;<em><strong>le mensuel de Rennes- Magazine ind&eacute;pendant- N&deg; 06- Septembre 2009 &ndash; 3,90 boules<\/strong><\/em>&nbsp;&raquo;&hellip; Alors que le cheval de fer s&rsquo;&eacute;branle, je m&rsquo;y plonge de suite, reniflant les odeurs d&rsquo;imprimerie tout en d&eacute;couvrant rubriques et articles&hellip; L&rsquo;&eacute;tat de concentration n&eacute;cessaire &agrave; la lecture vient rapidement dans un train et je lis goul&ucirc;ment jusqu&rsquo;&agrave; &ecirc;tre stopp&eacute; net&hellip; L&rsquo;article est intitul&eacute; sobrement &laquo;&nbsp;faits divers et vari&eacute;s&nbsp;&raquo;, la journaliste y d&eacute;peint une soir&eacute;e pass&eacute;e en compagnie de la Police Nationale. Entre patrouilles et interventions, description du boulot peu reluisant des fonctionnaires&hellip; Et puis d&rsquo;un coup, sans pr&eacute;venir, l&rsquo;article marque une d&eacute;rive &eacute;trange&nbsp;: la journaliste narre l&rsquo;interpellation d&rsquo;un Kosovar, jusqu&rsquo;&agrave; retranscrire ses paroles dans un style direct &laquo;&nbsp;<em>Oui, Missieur le Capitaine. Excusez-moi, Missieur le Capitaine&#8230;&nbsp;<\/em>&raquo; Cette affaire l&agrave; ne sent pas vraiment la faute de frappe, dites moi&hellip; On sent une volont&eacute; plus ou moins exprim&eacute;e d&rsquo;en dire plus, grossir le trait, voire de singulariser le discours du quidam concern&eacute;, accentuer encore plus son appartenance &eacute;trang&egrave;re. Le seul int&eacute;r&ecirc;t de transcription, ou de transposition, d&rsquo;une langue orale &agrave; l&rsquo;&eacute;crit, c&rsquo;est de faire ressentir une culture intime, un sentiment d&rsquo;appartenance &agrave; une culture ou &agrave; un peuple&hellip; mais c&rsquo;est avant tout une forme d&rsquo;expression et de langage litt&eacute;raire. Et l&agrave;, on n&#39;y est pas!<\/p>\n<p>Qu&rsquo;on fasse un proc&egrave;s &agrave; Herg&eacute;, j&rsquo;suis pas partant&hellip; <strong>Tintin au Congo<\/strong> a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; expurg&eacute; une fois, ce qu&rsquo;il en reste est quand m&ecirc;me r&eacute;v&eacute;lateur de la vision &eacute;triqu&eacute;e de l&rsquo;&eacute;poque et est d&eacute;finitivement t&eacute;moin &agrave; charge&hellip; on va pas sa mettre &agrave; d&eacute;graisser &laquo;&nbsp;<strong>Voyage au bout de la nuit<\/strong>&nbsp;&raquo; ni &laquo;&nbsp;<strong>Mogambo<\/strong>&nbsp;&raquo;, tout autant t&eacute;moins d&rsquo;une &eacute;poque o&ugrave; la vision colonialiste &eacute;tait symbole de l&rsquo;ignorance crasse&hellip; Mais l&agrave;, qu&rsquo;est ce que c&rsquo;est que ce bordel&nbsp;? C&rsquo;est de l&rsquo;humour, peut &ecirc;tre&nbsp;? Ou alors, la r&eacute;dactrice veut faire du vintage colonial, genre&hellip; accentuer la d&eacute;rision de l&rsquo;homme ivre&hellip; Qu&rsquo;importe&nbsp;! Ce n&rsquo;est pas tr&egrave;s classe ni de bon go&ucirc;t, et ce genre de banalisation (ou de bananisation)&nbsp;de la stigmatisation de l&rsquo;&eacute;tranger n&rsquo;a rien &agrave; foutre l&agrave;&hellip; <\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp; <\/p>\n<p>&nbsp;<em>* <strong>L&eacute;opold Sedar Senghor<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;homme moderne et press&eacute; se doit d&rsquo;emprunter le TGV&hellip; c&rsquo;est ainsi que rattrap&eacute; par mon &eacute;poque, je me dois, par instants, sauter dans le train de l&rsquo;innovation, tel un Hobo &eacute;lectrifi&eacute;, et me laisser bercer par ces luxueux Express &agrave; haut d&eacute;bit&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":239,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-238","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-apportez-moi-la-tete-de"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/238","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=238"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/238\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/239"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=238"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=238"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=238"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}