{"id":29,"date":"2006-11-16T00:00:00","date_gmt":"2006-11-15T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=29"},"modified":"2006-11-16T00:00:00","modified_gmt":"2006-11-15T23:00:00","slug":"toe-mon-maudit-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=29","title":{"rendered":"To\u00e9, mon maudit fran\u00e7ais !"},"content":{"rendered":"\n<p>Si vous connaissez cette expression, c&#39;est que vous avez d&eacute;j&agrave; fait un tour dans la Belle Province.&nbsp; <\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p>Peut-&ecirc;tre pas r&eacute;cemment, mais plus probablement il y a plus de 10-15 ans. Aujourd&#39;hui &quot;maudit fran&ccedil;ais&quot; est devenu un terme presqu&#39;affectueux. Quoique&#8230; il resurgit r&eacute;guli&egrave;rement d&#39;un Qu&eacute;b&eacute;cois agac&eacute; par un accent si pointu, une culture si universelle, une nation si civilisatrice, un pays plus beau que tous les autres&#8230;bref, d&#39;un Qu&eacute;b&eacute;cois irrit&eacute; par un d&eacute;faut typiquement Fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>Terme d&#39;amour-haine, &quot;maudit fran&ccedil;ais !&quot; a connu son apog&eacute;e &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les Fran&ccedil;ais &eacute;taient &agrave; la fois le mod&egrave;le impos&eacute; pour tout ce qui relevait de la langue et de la culture. Radio, t&eacute;l&eacute;vision, th&eacute;&acirc;tre, chanson devaient s&#39;exprimer en &quot;fran&ccedil;ais de France&quot;. Heureusement , il y avait des coop&eacute;rants ou d&#39;&eacute;minents enseignants qui venaient r&eacute;guli&egrave;rement nous apprendre cette langue. (D&#39;ailleurs d&#39;o&ugrave; venaient-ils ces fran&ccedil;ais qui se disaient &quot;sans accent&quot; ? Ni de Marseille, ni de Bordeaux, ni du pays Gallo, ni du Nord en tous cas). C&#39;est qu&#39;au fond, les Qu&eacute;b&eacute;cois admiraient sinc&egrave;rement les Fran&ccedil;ais, &eacute;taient r&eacute;ellement reconnaissants &agrave; la France d&#39;&ecirc;tre grande et forte (mais si lointaine&#8230;), affirmant par l&agrave; que sa langue &eacute;tait bien r&eacute;elle , vivante et capable de r&eacute;sister &agrave; l&#39;anglais. D&#39;ailleurs, c&#39;est gr&acirc;ce aux Fran&ccedil;ais si nous existions, un vrai miracle en continent anglophone. De l&agrave; un violent amour pour ce pays auquel nous &eacute;tions encore reli&eacute;s par un cordon ombilical, transporteur de sang et de culture. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais trop c&#39;est trop ! Nous n&#39;&eacute;tions pas tous des b&ucirc;cherons. La neige n&#39;&eacute;tait pas notre seule saison. M&ecirc;me si notre histoire collective &eacute;tait r&eacute;cente, nous n&#39;&eacute;tions pas un pays &quot;sans histoire&quot;. Notre parler n&#39;&eacute;tait ni pittoresque, ni tout &agrave; fait celui de Robert Charlebois. De l&agrave;, un violent sentiment de haine. Non, le mot est trop fort. Il s&#39;agit plut&ocirc;t d&#39;une grande col&egrave;re &agrave; l&#39;&eacute;gard d&#39;une France qui nous a longtemps ignor&eacute;s (apr&egrave;s nous avoir laiss&eacute; tomber dans les bras des Anglais&#8230;), puis d&eacute;daign&eacute;s, voire m&eacute;pris&eacute;s. Quand elle s&#39;est enfin int&eacute;ress&eacute;e au Qu&eacute;bec, &agrave; partir des ann&eacute;es 70-80, ce pays avait bien entam&eacute; sa &quot;r&eacute;volution tranquille&quot; et commen&ccedil;ait &agrave; se trouver lui-m&ecirc;me bien sympathique et int&eacute;ressant &#8211; peut-&ecirc;tre m&ecirc;me sup&eacute;rieur aux Fran&ccedil;ais, encrout&eacute;s dans leurs centaines d&#39;ann&eacute;es d&#39;histoire. Ce sont donc les touristes fran&ccedil;ais de cette &eacute;poque et des quelques ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes qui ont fait les frais des sentiments si contradictoires des &quot;canadiens fran&ccedil;ais&quot; d&#39;abord, puis des Qu&eacute;b&eacute;cois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si vous connaissez cette expression, c&#39;est que vous avez d&eacute;j&agrave; fait un tour dans la Belle Province.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":30,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-29","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-mon-onc-des-ameriques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/29","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=29"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/29\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/30"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=29"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=29"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=29"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}