{"id":302,"date":"2011-04-15T00:00:00","date_gmt":"2011-04-14T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=302"},"modified":"2011-04-15T00:00:00","modified_gmt":"2011-04-14T23:00:00","slug":"kid-congo-powers-the-pink-monkey-birds","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=302","title":{"rendered":"Kid Congo Powers &#038; The Pink Monkey Birds"},"content":{"rendered":"<p>Dans le rock comme dans d&#39;autres entreprises plus douteuses comme &quot;beurk! le sport&quot; ou &quot;beurk! la politique&quot;, savoir s&#39;entourer est souvent un gage de succ&egrave;s. Demandez donc &agrave; Clapton si troquer Jack&nbsp; Bruce contre les dessous de Carla Bruni a bonifi&eacute; sa discographie. Dans la cat&eacute;gorie des sous-fifres qui ont eu l&#39;intuition de sous-fifrer pour les bons chevaux, je demande Kid Congo Powers. Compagnon de slide de Jeffrey Lee Pierce, Lux Interior et Nick Cave, le dandy m&eacute;t&egrave;que pr&ecirc;che le boogaloo &agrave; deux pas de chez vous.  <!--more--><\/p>\n<p><strong>M&acirc;con<\/strong>, Rh&ocirc;ne-Alpes. Pour trouver la salle de concert, filer le train d&#39;une procession de tatou&eacute;s. Ne pas oublier: un barbu c&#39;est un barbu, trois barbus c&#39;est des barbouzes. Quatre jeunes &eacute;tranget&eacute;s capillaires &eacute;clusent une bouteille de gin. C&#39;est l&agrave;. La cave &agrave; Musique. Pemi&egrave;re partie: &quot;Big Love &amp; The Heartbreakers&quot;. Alias us&eacute; jusqu&#39;&agrave; la corde de mi grave, mais morceaux qui claquent: le punk-rock t&eacute;tanique de ces supp&ocirc;ts locaux des <strong>Cramps<\/strong> ouvre l&#39;app&eacute;tit. Foutre diable! <\/p>\n<p>&quot;Crash Normal&quot;, power duo concentr&eacute;, s&#39;empare de la sc&egrave;ne avec un vrombissement maousse qui cafouille vite fait, faute &agrave; vingt-mille branchements entre dix-mille bo&icirc;tiers d&#39;effets et un jack long et d&eacute;fectueux comme un intestin de canc&eacute;reux de la tripaille. Quelques bidouillages plus tard, le grondement repart de plus belle, entre riffs denses et courts d&eacute;rapages bruitistes &agrave; la <strong>Sonic Youth<\/strong>. &Agrave; mi-prestation, le cadet l&acirc;che la deuxi&egrave;me guitare pour la caisse claire. Et d&#39;enclumer comme un forcen&eacute;, jusqu&#39;&agrave; ce qu&#39;on commence &agrave; se faire un peu chier. Trop c&#39;est trop. Tout le monde n&#39;a pas la chance d&#39;avoir des tympans bioniques.<\/p>\n<p>Le temps de s&#39;enfiler quelques bi&egrave;res, arrivent <strong>Kid Congo et les Pink Monkey Birds<\/strong>. Le quinquag&eacute;naire <strong>Kid<\/strong> ressemble au rejeton secret d&#39;<strong>Henri Salvador<\/strong> et d&#39;une momie azt&egrave;que, avec en sus les mani&eacute;rismes de <strong>Juliette Gr&eacute;co<\/strong> et le veston d&#39;un vendeur de porte-&agrave;-porte. <br \/>Dans un sourire reliant une oreille &agrave; l&#39;autre en passant par le noeud de cravate, <strong>Brian Tristan<\/strong> prononce quelques mots pour introduire le premier morceau. Entre chaque chanson, l&#39;homme parle &agrave; un public qui ne pige pas un mot pour annoncer par un court monologue badin le titre qui va suivre. Exemple lorsqu&#39;il s&#39;adresse &agrave; l&#39;ing&eacute; du son pour demander plus de retour sur sa guitare:&nbsp; &laquo;&nbsp;<em>Je veux un son saignant comme une bon steak saignant<\/em> (en anglais, &laquo; <em>rare<\/em>&nbsp;&raquo;)&#8230;<em> I like it rare&#8230; RARE AS THE YETI<\/em>!!&nbsp;&raquo; <br \/>Piff! Bang! Pow! Basse chaloup&eacute;e, rythmique surf, riff d&eacute;coiffant, refrain qui tombe au bon endroit, et retour de distortion foudroyant. Pour l&#39;essentiel, le r&eacute;pertoire solo de <strong>Kid Congo Powers<\/strong> est construit sur ce mod&egrave;le imp&eacute;rissable. Les gifles se succ&egrave;dent avec la r&eacute;gularit&eacute; d&#39;un <strong>Lino Ventura<\/strong> face &agrave; <strong>Jean Lefevre<\/strong> dans &laquo;<em> Ne Nous F&acirc;chons Pas&nbsp;<\/em>&raquo;. On retient &laquo;<em>&nbsp;Rare As A Yeti<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Black Santa&nbsp;<\/em>&raquo;, et deux extraits du nouvel album sorti la veille: &laquo;&nbsp;<em>Gorilla Rose<\/em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>Bo Bo Boogaloo<\/em>&nbsp;&raquo;. Un bref interm&egrave;de country &amp; western avec &laquo;<em>&nbsp;La Llorona<\/em>&nbsp;&raquo;, avant l&#39;&eacute;vocation des tr&eacute;pass&eacute;s. Creusant le cimeti&egrave;re, <strong>Kid Congo<\/strong> encha&icirc;ne coup sur coup hommages &agrave; <strong>Lux Interior<\/strong> et <strong>Jeffrey Lee Pierce<\/strong>: &laquo;&nbsp;<em>I&#39;m Cramped<\/em>&nbsp;&raquo;, puis &laquo;&nbsp;<em>Sex Beat<\/em>&nbsp;&raquo;. La centaine de spectateurs est au taquet. Un solide gaillard rebondit devant la sc&egrave;ne de mani&egrave;re aussi impr&eacute;visible qu&#39;un ballon de rugby. &Ccedil;a pogote &eacute;nergiquement. Un p&eacute;quin balance sa bi&egrave;re sur le groupe. Une brute au faci&egrave;s rappelant le <strong>Mitchum<\/strong> de &laquo; <em>Cape Fear<\/em> &raquo;, portant une chemise &agrave; motif d&#39;&eacute;cailles, ne cesse d&#39;aller et de revenir des chiottes en attrapant avec une d&eacute;licatesse inou&iuml;e les gens par les &eacute;paules pour les &ocirc;ter pr&eacute;cautionneusement de son itin&eacute;raire de titubement. Les filles remuent le popotin. Des anciens savourent cette r&eacute;surgence du bon vieux temps. <\/p>\n<p>G&eacute;n&eacute;reux devant ce public peu nombreux mais compl&egrave;tement rock&#39;n&#39;roll, Powers et ses acolytes donnent deux longs rappels incr&eacute;dules. Ses s&eacute;ides brillants, un grand bassiste &agrave; rouflaquettes fris&eacute;es et un guitariste\/ organiste chauve &agrave; barbe rousse (sorte de mormon de l&#39;enfer), confirment d&eacute;finitivement que le rock est aussi affaire de s&eacute;rendipit&eacute;. Ce ne sont pas les d&eacute;funts h&eacute;ros du psychobilly qui reviendraient sur terre pr&eacute;tendre le contraire.<\/p>\n<p><strong>Horseface O&#39;Brien<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le rock comme dans d&#39;autres entreprises plus douteuses comme &quot;beurk! le sport&quot; ou &quot;beurk! la politique&quot;, savoir s&#39;entourer est souvent un gage de succ&egrave;s. 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