{"id":312,"date":"2011-06-17T00:00:00","date_gmt":"2011-06-16T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=312"},"modified":"2011-06-17T00:00:00","modified_gmt":"2011-06-16T23:00:00","slug":"tony-roman-monsieur-yeye","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=312","title":{"rendered":"Tony Roman&#8230; Monsieur Y\u00e9Y\u00e9."},"content":{"rendered":"<p>Tony Roman, c&#39;est le monsieur 100.000 volts d&#39;outre Atlantique, la tornade canadienne, le twister franco-canadien, la toupie qu&eacute;b&eacute;coise&#8230; Idole des jeunes canucks, Tony Roman impr&eacute;gne de sa fougue Soul le Qu&eacute;bec des ann&eacute;es 60. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>N&eacute; &agrave; <strong>Montr&eacute;al<\/strong>, en 1942, <strong>Antoine d&#39;Ambrosio<\/strong> est un &eacute;l&egrave;ve inspir&eacute; du conservatoire royal o&ugrave; il apprend le piano. D&egrave;s 1959, il choisit son nom de sc&egrave;ne et devient <strong>Tony Roman<\/strong>. M&ucirc;r pour la sc&egrave;ne, il forme son premier groupe et se produit sous le nom de <strong>Tony Roman et les Tip tops<\/strong> o&ugrave; il exerce son talent de chanteur et danseur fr&eacute;n&eacute;tique. Mettant &agrave; profit sa formation de pianiste, il accompagne &eacute;galement de nombreux chanteurs et groupes, dont les <strong>Baronets<\/strong>&#8230; le groupe de<strong> Ren&eacute; Angeli<\/strong>l. Tony est un des premiers fans des <strong>Beatles<\/strong> au Canada. Il pousse les <strong>Baronets<\/strong> &agrave; enregistrer des adaptations fran&ccedil;aises des &quot;<em>Fab Four<\/em>&quot;, leur apportant un son nouveau et un nouveau public, plus juv&eacute;nile. Lui m&ecirc;me enregistre une version fran&ccedil;aise du smash <em>&quot;she loves you<\/em>&quot; qui devient &quot;<em>elle t&#39;aime<\/em>&quot;. <\/p>\n<p>En 1964, il conna&icirc;t son premier succ&egrave;s avec sa version francophone de <em>Doo wah diddy<\/em>. <strong>Monsieur y&eacute;y&eacute;<\/strong>, comme on le surnomme &agrave; l&#39;&eacute;poque, forme un nouveau groupe pour l&#39;accompagner, les <strong>Dauphins<\/strong>. <strong>Tony et les Dauphins<\/strong> signent sur l&#39;&eacute;tiquette &quot;<em>Jupiter<\/em>&quot;, le label &agrave; la mode du producteur <strong>Yvan Dufresne<\/strong>. Le succ&egrave;s mineur dans sa forme originelle de <em>doo wah diddy<\/em>, interpr&eacute;t&eacute; par les <strong>Exciters<\/strong>, est balay&eacute; par la reprise des <strong>Manfred Mann<\/strong> qui en font un hit international. Le succ&egrave;s profite &eacute;galement &agrave; <strong>Tony et les Dauphins<\/strong> qui ne tardent d&#39;ailleurs pas &agrave; reprendre &quot;<em>sha la la<\/em>&quot;, &eacute;galement un tube du <strong>Manfred Mann<\/strong>. En 1965, Tony est en passe de devenir une star au Qu&eacute;bec. Il participe &agrave; la revue &quot;<strong><em>y&eacute;y&eacute; 65<\/em><\/strong>&quot; et tourne aux quatre coins de la province. Apr&egrave;s cette tourn&eacute;e, <strong>Tony Roman<\/strong> est d&eacute;finitivement lanc&eacute; et son apparition sur sc&egrave;ne fait baver le public juv&eacute;nile et d&eacute;clenche des crises d&#39;hyst&eacute;rie chez les filles. <\/p>\n<p> <strong>Monsieur y&eacute;y&eacute;<\/strong> multiplie les enregistrements et reprend les <strong>Everly Brothers<\/strong>, <strong>Ray Charles<\/strong>, <strong>Johnny Hallyday<\/strong> ou bien encore <strong>Claude Fran&ccedil;ois<\/strong>. A la fin de l&#39;ann&eacute;e 1965 jusqu&#39;au d&eacute;but 66, <strong>Tony Roman<\/strong> s&#39;en va &agrave; <strong>New York<\/strong> pour s&#39;inspirer des nouveaux sons et de la nouvelle sc&egrave;ne&#8230; <strong>New York<\/strong> n&#39;est qu&#39;&agrave; quelques heures de <strong>Montr&eacute;al<\/strong> et pourtant le qu&eacute;b&eacute;cois sait qu&#39;il s&#39;y passe des choses nouvelles et &eacute;mergentes. Tony est f&eacute;ru d&#39;innovations dans la forme sonore. Pendant sa courte exp&eacute;rience am&eacute;ricaine, Tony s&#39;impr&egrave;gne de tout, nouveaut&eacute;s de prises studio, sc&egrave;ne Garage et Soul mais aussi de la nouvelle fa&ccedil;on de traiter des affaires et de faire du commerce avec la musique, notamment sur l&#39;importance des nouvelles &eacute;tiquettes, les labels enti&egrave;rement d&eacute;di&eacute;s &agrave; la jeunesse.  D&egrave;s son retour &agrave; Montr&eacute;al, il cr&eacute;&eacute; sa compagnie de disque, <strong>Canusa<\/strong>, contraction de <strong>Canada<\/strong> et d&#39;<strong>USA<\/strong>. C&#39;est &eacute;galement &agrave; New York qu&#39;il rencontre sa compagne, <strong>Nanette Workman<\/strong>, chanteuse et ancienne choriste des <strong>Rolling Stones<\/strong>. Il lui compose des titres mais les labels qu&eacute;b&eacute;cois refusent d&#39;enregistrer la demoiselle parce qu&#39;elle a un accent fran&ccedil;ais d&eacute;plorable. Qu&#39;importe, <strong>Tony<\/strong> enregistre <strong>Nanette<\/strong> et sort ses disques sur son label <strong>Canusa<\/strong>. Lui m&ecirc;me donne de sa personne et enregistre <em>Hanky Panky<\/em>, un hit des <strong>Tommy James and the shondells<\/strong>. Le disque est un succ&egrave;s et une piste de lancement pour son label naissant.<\/p>\n<p> D&eacute;finitivement tourn&eacute; vers la Soul et le Rythm and blues, Tony encha&icirc;ne les versions qu&eacute;b&eacute;coises des grands titres de la Soul de l&#39;&eacute;poque, comme <em>Attends-moi je reviens (Hold On, I&#39;m Coming \/<\/em> <strong>Sam &amp; Dave<\/strong>), <em>Je suis seul (what is Soul ? <\/em>\/ <strong>Ben E. King<\/strong>), <em>Mustang Sally<\/em> (<strong>Sir Mack Rice<\/strong>). Production extr&ecirc;mement dynamique, grooves implacables et cuivres surpuissants, l&#39;&eacute;tiquette <strong>Canusa<\/strong> se fait un joli nom et devient gage de qualit&eacute;. A noter que les titres chant&eacute;s par Tony Roman sont bourr&eacute;s d&#39;&eacute;nergie et son chant est particuli&egrave;rement &quot;<em>sauvage<\/em>&quot;.<\/p>\n<p> Plong&eacute; dans l&#39;euphorie du mouvement Pop, <strong>Tony Roman<\/strong> s&#39;inspire de ses idoles pour tenter des exp&eacute;rimentations sonores. Fan de <strong>Spector<\/strong>, <strong>George<\/strong> <strong>Martin<\/strong> ou de <strong>George<\/strong> <em><strong>Shadow<\/strong><\/em> <strong>Morton<\/strong>, il fait des exp&eacute;rimentations sonores, enregistrements remplis de collages ing&eacute;nieux et de bizarreries psych&eacute;d&eacute;liques. Ses exp&eacute;rimentations profitent aux artistes <strong>Canusa<\/strong> comme les <strong>Hou<\/strong> <strong>Lops<\/strong>, <strong>R&eacute;volution<\/strong> <strong>Fran&ccedil;aise<\/strong>, le <strong>25e<\/strong> <strong>r&eacute;giment<\/strong>&#8230;<\/p>\n<p> Il collabore notamment avec l&#39;artiste et producteur fran&ccedil;ais <strong>Jean Pierre Massiera<\/strong> dans des projets psych&eacute; pop, comme <strong>Exp&eacute;rience<\/strong> <strong>9<\/strong> (<strong>Maledictus Sound<\/strong>) ou les <strong>r&eacute;els psych&eacute;d&eacute;liques<\/strong>. Les deux artistes innovent dans le traitement de la r&eacute;verb&eacute;ration en studio, alliant nouvelles technologies sonores et instruments vintages, claviers fous et arrangements grooves. Toutes ces tentatives ne connaissent que moyennement de succ&egrave;s populaire mais lancent une nouvelle fa&ccedil;on de travailler, une ouverture o&ugrave; tout est possible. <strong>Tony<\/strong> adapte un concept de <strong>George<\/strong> <strong>Morton<\/strong>, &agrave; l&#39;origine &eacute;crit pour les <strong>Shangri<\/strong> <strong>Las<\/strong>, se nommant <em>past, present and futur<\/em>. <\/p>\n<p> En 1968, <strong>Tony Roman<\/strong> et <strong>Nanette Workman<\/strong> connaissent un succ&egrave;s grandissant avec une &eacute;mission de t&eacute;l&eacute; hebdomadaire, <em>fleurs d&#39;amour et d&#39;amiti&eacute;<\/em>. En 1969, non content de ses labels <strong>Canusa<\/strong> et <strong>A1<\/strong>, T<strong>ony Roman<\/strong> cr&eacute;&eacute; les labels <strong>R&eacute;volution<\/strong>, <strong>Visa<\/strong> et <strong>RandB<\/strong>. Ce dernier, super &eacute;tiquette soul et rythm and blues, ne dure qu&#39;un an mais permet la sortie de trucs tr&egrave;s chouettes comme <strong>Jacques Desrosiers<\/strong>, <strong>Armistis<\/strong> ou <strong>Jacques<\/strong> <strong>Crevier<\/strong>. <strong>Jacques Crevier<\/strong> est compositeur, producteur et arrangeur en chef pour <strong>Tony<\/strong> <strong>Roman<\/strong>. Ils se sont connus &agrave; l&#39;&eacute;poque des <strong>Baronets<\/strong> dans lesquels Crevier jouait de la guitare. Largement m&eacute;connu, Jcques Crevier a &eacute;t&eacute; incroyablement pr&eacute;sent sur toute la sc&egrave;ne qu&eacute;b&eacute;coise entre 1960 et 1980. Dans les ann&eacute;es 70, <strong>Tony Roman<\/strong> conna&icirc;t plus de succ&egrave;s par l&#39;interm&eacute;diaire de ses artistes que par sa propre carri&egrave;re. En 1971, il conna&icirc;t un one hit single avec une adaptation de <strong>Morricone<\/strong>,<em> la ballade de Sacco et Vanzetti<\/em>, qui devient <em>la ballade de Riel et Ch&eacute;nier<\/em>. C&#39;est un de ses derniers tubes, si ce n&#39;est &quot;<em>la grosse Mado<\/em>&quot; en 1975 et <em>Ani Kuni<\/em>, une version psych&eacute;d&eacute;lique d&#39;un mantra am&eacute;rindien. Il produit l&#39;album de<strong> Boule Noire<\/strong> en 1976 qui conna&icirc;t un grand succ&egrave;s.<\/p>\n<p> Fin 1976, Tony Roman anticipe le mouvement punk en enregistrant de jeunes groupes &eacute;mergents sur ses labels <strong>Plastic Poison<\/strong> et <strong>Montreco<\/strong>  &nbsp;C&#39;est sur ce dernier label qu&#39;il signe le groupe des fr&egrave;res <strong>Fenton<\/strong>, <strong>The Action<\/strong>, groupe punk de <strong>Toronto<\/strong>. L&#39;enregistrement de <strong>The Action<\/strong> est le premier enregistrement punk canadien. Le mot d&#39;ordre de Tony Roman devient <em>&quot;Hurry Up, Forget The Tuning&quot;<\/em>. Il sort notamment un groupe mont&eacute; par <strong>Kim Fowley<\/strong> nomm&eacute; <strong>Venus and the Razorblades<\/strong>.<\/p>\n<p>Peu apr&egrave;s, <strong>Roman<\/strong> se retire sur la c&ocirc;te ouest am&eacute;ricaine. Depuis sa participation au film de <strong>Harel<\/strong>, <em>Bulldozer<\/em>, Tony Roman est passionn&eacute; par le cin&eacute;ma. A <strong>Los Angeles<\/strong>, il fait des musiques de films, participe &agrave; l&#39;&eacute;criture de sc&eacute;narios. A son retour au <strong>Qu&eacute;bec<\/strong> dans les ann&eacute;es 90, il se joint &agrave; la maison de production cin&eacute;matographique <strong>Malo<\/strong>. En 2004, il co sc&eacute;narise son synopsis de <em>Camping sauvage<\/em> qui est r&eacute;alis&eacute; par <strong>Guy Lepage<\/strong>. <strong>Tony Roman<\/strong> meurt en 2007 &nbsp; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tony Roman, c&#39;est le monsieur 100.000 volts d&#39;outre Atlantique, la tornade canadienne, le twister franco-canadien, la toupie qu&eacute;b&eacute;coise&#8230; Idole des jeunes canucks, Tony Roman impr&eacute;gne de sa fougue Soul le Qu&eacute;bec des ann&eacute;es 60. &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":313,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-312","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/312","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=312"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/312\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/313"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=312"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=312"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=312"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}