{"id":346,"date":"2012-04-20T00:00:00","date_gmt":"2012-04-19T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=346"},"modified":"2012-04-20T00:00:00","modified_gmt":"2012-04-19T23:00:00","slug":"the-l-h-i-years","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=346","title":{"rendered":"The L.H.I. years"},"content":{"rendered":"<p>A l&#39;occasion du record store day (disquaire day en fran&ccedil;ais de France), le label d&eacute;poussi&eacute;reur Light in the attic sort un double album vinyle de Lee Hazlewood, intitul&eacute; &quot;the LHI years&quot;. Bourr&eacute; de prises alternatives, de morceaux rares voire compl&egrave;tement in&eacute;dits, ce double vinyle ressuscite un peu le moustachu disparu.<!--more-->Plus culte que le b&eacute;n&eacute;dicit&eacute;, plus am&eacute;ricain que le bourbon Four Roses, plus moustachu qu&#39;une crapule de cin&eacute;ma, Ladies and gentlemen, <em>Lee Hazlewood<\/em>! Compositeur inspir&eacute; et arrangeur exquis, Pygmalion de la fille de Le Frank Sinatra, Hazlewood est un de ces gaillards dont les disques font instantan&eacute;ment passer tous les autres pour des petits gar&ccedil;ons agit&eacute;s.<\/p>\n<p>La carri&egrave;re musicale de Lee Hazlewood commence &agrave; son retour de la guerre de Cor&eacute;e. &Eacute;tabli comme DJ d&#39;une station de radio de Phoenix, Hazlewood &eacute;crit pour le chanteur Sanford Clark une chanson intitul&eacute;e &laquo; <em>The Fool<\/em> &raquo; qui se classe en 7&egrave; position dans les charts en 1956. Ce premier succ&egrave;s le conduit &agrave; cr&eacute;er le label &laquo; <em>Jamie<\/em> &raquo; avec <strong>Dick Clark<\/strong>, le pr&eacute;sentateur de l&#39;&eacute;mission &laquo; <em>American Bandstand<\/em> &raquo;. Lequel, on s&#39;en doute, ne manquera jamais une occasion de programmer les poulains du label dans son &eacute;mission. Commence alors une collaboration fructueuse avec le guitariste <strong>Duane Eddy<\/strong>, les deux hommes inventant conjointement le &laquo; twang &raquo; (style de guitare instrumental gorg&eacute; de r&eacute;verb&#39;) avec le titre &laquo; <em>Rebel Rouser<\/em> &raquo; en 1958. <strong>Link Wray<\/strong>, il est wray, pardon, vrai, faisait beaucoup plus crade et sauvage en 1958, mais ses enregistrements de l&#39;&eacute;poque, jug&eacute;s &laquo; <em>n&eacute;fastes pour la jeunesse<\/em> &raquo; (bien que purement instrumentaux!) ne verront le jour qu&#39;en 2006 (cf. l&#39;album &laquo; <em>White Lightning, Lost Cadence Sessions &#39;58 <\/em>&raquo; chez Sundazed). En 1964, tandis qu&#39;&laquo; American Bandstand &raquo; chancelle, Hazlewood met sur pied un nouveau label: LHI, pour &laquo; Lee Hazlewood Industries &raquo;. Il est bient&ocirc;t contact&eacute; par Reprise, la maison de disques de Sinatra p&egrave;re. Hazlewood compose quelques tubes pour les artistes de Reprise, dont &laquo; <em>Houston<\/em> &raquo; pour Dean Martin. Il existe diff&eacute;rentes versions quant &agrave; l&#39;origine de son partenariat avec Nancy Sinatra. Selon l&#39;une, c&#39;est Hazlewood qui aurait approch&eacute; Jimmy Bowen de Reprise pour lui faire part de son d&eacute;sir de composer pour Nancy. &laquo; <em>Je veux l&#39;enregistrer. Je vous garantis un hit d&#39;entr&eacute;e<\/em>. &raquo; Selon l&#39;autre, c&#39;est le papa, lass&eacute; des bides de sa fille, qui aurait demand&eacute; &agrave; Hazlewood de sauver la carri&egrave;re de celle-ci. Jusqu&#39;alors, <strong>Nancy Sinatra<\/strong> ne repr&eacute;sentait que des bluettes m&eacute;diocres. Hazlewood en fera une pin-up &agrave; l&#39;innocence perverse.<br \/>&laquo; <em>Comment faut-il que je la chante<\/em>? &raquo; demande Nancy Sinatra au cours d&#39;une de leurs premi&egrave;res sessions. &laquo; <em>Comme une fille de seize ans qui sortait avec un homme de quarante ans, mais c&#39;est fini maintenant <\/em>&raquo;, r&eacute;pond Hazlewood. &laquo; <em>Nancy, tu as &eacute;t&eacute; mari&eacute;e. Personne ne croit plus &agrave; ces conneries de chansons innocentes<\/em> &raquo;. Comme promis, Nancy Sinatra obtient un tube gigantesque avec &laquo; Boots &raquo;, propuls&eacute; num&eacute;ro 1 des charts. Le duo enregistre plusieurs albums en quelques ann&eacute;es, parmi lesquels &laquo; Boots &raquo;, &laquo; Country, My Way &raquo;, &laquo; Nancy In London &raquo;, &laquo; Nancy &amp; Lee &raquo;, etc&#8230; Parall&egrave;lement, Lee Hazlewood publie des albums solo. Ce qui nous am&egrave;ne &agrave; notre sujet. En 1970, Hazlewood effectue un s&eacute;jour en Su&egrave;de. Instantan&eacute;ment, il tombe amoureux de ce pays. Il y enregistre une &eacute;mission de t&eacute;l&eacute;vision intitul&eacute;e &laquo; Cowboy In Sweden &raquo;, dont sera tir&eacute;e un de ses albums les plus c&ocirc;t&eacute;s, aujourd&#39;hui aussi introuvable que des armes de destruction massive en Irak. Hazlewood y pr&eacute;sente une &eacute;criture digne de comparaison avec les plus grands. Les paroles de &laquo; Prayed Them Bars Away &raquo; rivalisent ais&eacute;ment avec la chanson de taulard r&eacute;f&eacute;rence de Johnny Cash (&laquo; Folsom Prison Blues &raquo;). La voix de baryton velouteuse d&#39;Hazlewood &eacute;voque un outlaw trop ironique et blas&eacute; pour esp&eacute;rer ni d&eacute;sesp&eacute;rer sortir de prison. &laquo; Leather and Lace &raquo; expose les principes de la haute couture Hazlewoodienne: rugosit&eacute; tendre, m&eacute;lancolie enlev&eacute;e, solennit&eacute; subtile, duo cuir et dentelle (Hazlewood et Nina Lizell). &laquo; The Night Before &raquo; est une le&ccedil;on de composition magistrale, un &laquo; film pour les oreilles &raquo;, selon la formule de Frank Zappa. Avec une &eacute;conomie de mots remarquable, Hazlewood traduit un remords gigantesque. Un homme se r&eacute;veille avec la gueule de bois. Des bouteilles de whisky vides et des disques sont &eacute;parpill&eacute;s sur le sol. Il entend une femme pleurer de la chambre &agrave;-c&ocirc;t&eacute;.&laquo; Then I remember the night before &raquo;. Mais que s&#39;est-il donc pass&eacute; la nuit pr&eacute;c&eacute;dente? Il la revoit danser, &laquo; so young with laughter in her face &raquo;. Les bouteilles vides deviennent des jur&eacute;s dans le proc&egrave;s de sa conscience brouill&eacute;e. &laquo; Then I hear footsteps as she&#39;s leaving. And I remember the night before &raquo;. Rien &agrave; faire, l&#39;auditeur ne saura pas ce qui est arriv&eacute;. Dans cette douloureuse r&eacute;sipiscence, c&#39;est toute la psych&eacute; musicale de Lee Hazlewood qui bouillonne: nappes de cordes Hollywoodiennes, trompettes bouch&eacute;es de fun&eacute;railles militaires, glissandos de guitare &eacute;lastique, contrebasse de cabaret, orgue de chapiteau hant&eacute;. Du tr&egrave;s grand art!<br \/>&laquo; Hey Cowboy &raquo; pourrait &ecirc;tre le moment cocasse d&#39;une com&eacute;die musicale sur Broadway. C&#39;est un r&eacute;gal de cordes et de trompettes enjou&eacute;es. Avec une candeur moqueuse, <strong>Nina Lizell<\/strong> demande &agrave; un Hazlewood las: &laquo; What are you doin&#39; in the land of the midnight sun? You better run, you&#39;re just a toy cow-boy &raquo; &laquo; No Train To Stockholm &raquo; rappelle qu&#39;aucun producteur n&#39;a jamais fait sonner une basse comme Hazlewood. Le son de basse des productions Hazlewood, c&#39;est un son sec, claquant, qu&#39;on croirait avoir &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; dans un silo &agrave; grains (une autre l&eacute;gende dont on ne sait pas trop si elle est fond&eacute;e ou non). La guitare en est r&eacute;duite &agrave; arp&eacute;ger au second-plan. &laquo; For A Day Like Today &raquo; serait le th&egrave;me p&eacute;nulti&egrave;me de cette com&eacute;die musicale r&ecirc;v&eacute;e plus haut. Dans un monde de go&ucirc;t, dix mille spectateurs, boulevers&eacute;s par tant de lyrisme, l&#39;applaudiraient chaque soir depuis 1970. L&#39;aboutissement de ce spectacle fantasmatique serait &laquo; Vem Kan Segla &raquo;, chanson de boy-scout bien connue, chant&eacute;e en su&eacute;dois par Lizell et traduite en anglais de rogomme par Hazlewood.<br \/>Hazlewood est mort le 4 ao&ucirc;t 2007 d&#39;un cancer des reins. &laquo;<em> I heard the preacher say: &quot;God must have a sens of humour&quot;, cause when they put him in his grave, it didn&#39;t even rain <\/em>&raquo; (Cold hard world).<\/p>\n<p>Requiescat in pace.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&#39;occasion du record store day (disquaire day en fran&ccedil;ais de France), le label d&eacute;poussi&eacute;reur Light in the attic sort un double album vinyle de Lee Hazlewood, intitul&eacute; &quot;the LHI years&quot;. 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