{"id":57,"date":"2007-01-26T00:00:00","date_gmt":"2007-01-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=57"},"modified":"2007-01-26T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-25T23:00:00","slug":"le-pvt-derriere-loxymore-un-sesame","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=57","title":{"rendered":"Le PVT&#8230; Derri\u00e8re l&rsquo;oxymore, un s\u00e9same!"},"content":{"rendered":"<p>Le Permis Vacances-Travail est un programme d&rsquo;&eacute;change entre la France et un assortiment de destinations excitantes&#8230; &agrave; savoir l&rsquo;Australie, la Nouvelle-Z&eacute;lande, le Japon et le Canada. N&rsquo;&eacute;tant pas familier des accords de mobilit&eacute; concernant l&rsquo;Oc&eacute;anie, je n&rsquo;aborderai de ce s&eacute;same que son application nord-am&eacute;ricaine. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Les accords de mobilit&eacute; entre la France et le Canada autorisent chaque ann&eacute;e 7,000 d&eacute;soeuvr&eacute;s fran&ccedil;ais &agrave; incarner le colon &agrave; Montr&eacute;al, en &eacute;change de quoi le Qu&eacute;bec exporte annuellement un peu moins de 7.000 chanteuses de vari&eacute;t&eacute; vers Paris. <\/p>\n<p>Je sch&eacute;matise, c&rsquo;est entendu&nbsp;: tous les fran&ccedil;ais ne s&rsquo;&eacute;tablissent pas &agrave; Montr&eacute;al. Certains se rendent &agrave; Toronto, d&rsquo;autres &agrave; Vancouver, d&rsquo;autres dans la prairie ou les montagnes. Et m&ecirc;me si leur proportion va diminuant, quelques-uns des canadiens francophones qui arrivent chaque ann&eacute;e en France pour y chercher fortune (quelle id&eacute;e) ne sont pas des chanteurs de vari&eacute;t&eacute;. A d&eacute;faut d&rsquo;irriter les occupants de tous les ascenseurs du pays &agrave; grands assauts de tr&eacute;molos, les malheureux &eacute;choient invariablement dans les vignes fran&ccedil;aises, les mains en sang et la bouche charg&eacute;e de grossi&egrave;ret&eacute;s vernaculaires dirig&eacute;es contre notre fameuse administration. Tout un cat&eacute;chisme en v&eacute;rit&eacute;. Des hosties, des calices, des tabernacles, des eucharisties. Quand ils n&rsquo;ont pas encore adopt&eacute; nos insultes la&iuml;ques, par habitude. <\/p>\n<p>Laissons ces exceptions au proverbe bien connu&nbsp;: &laquo;&nbsp;pour vivre heureux, vivons cach&eacute;s&nbsp;&raquo;, et concentrons-nous sur les cas familiers. Mais d&rsquo;abord, les proc&eacute;dures.&nbsp; <\/p>\n<p>Il suffit de t&eacute;l&eacute;charger un formulaire d&rsquo;inscription sur Internet, de rassembler les pi&egrave;ces demand&eacute;es (correspondant &agrave; la moiti&eacute; de celles exig&eacute;es par les ASSEDIC &ndash; douze &agrave; mon dernier enregistrement), puis d&rsquo;envoyer tout &ccedil;a &agrave; l&rsquo;ambassade du Canada &agrave; Paris. Quinze jours plus tard, vous voil&agrave; officiellement autoris&eacute; &agrave; travailler au Canada et &agrave; y fl&acirc;ner &agrave; votre guise pendant douze mois. Dans l&rsquo;acception fran&ccedil;aise du terme. Attention, fl&acirc;ner est un acte r&eacute;pr&eacute;hensible au Qu&eacute;bec. <\/p>\n<p>Seules conditions, &ecirc;tre &acirc;g&eacute; de 18 &agrave; 35 ans et attester d&rsquo;une r&eacute;serve d&rsquo;argent d&rsquo;au moins 2100 euros au moment du d&eacute;part. Ajoutez &agrave; cela le billet d&rsquo;avion et l&rsquo;assurance voyage, et les fonds minimums atteignent les 3000 euros. Donnez-vous une ann&eacute;e &agrave; trimer dur &agrave; l&rsquo;usine et &agrave; vivre chez papa-maman. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai fait. <\/p>\n<p>Si vous arrivez en mars, les membres de l&rsquo;&eacute;quipage de votre compagnie a&eacute;rienne bon march&eacute; sont heureux de vous annoncer une temp&eacute;rature &agrave; destination autrement plus vivable que tous les cas de froid mortel dont on vous a parl&eacute; avant votre d&eacute;part. Le mythe du &ndash;40&deg; est vivace. D&rsquo;aucuns trouvent le chiffre pittoresque. Nos amis Qu&eacute;b&eacute;cois eux-m&ecirc;mes donnent volontiers dans l&rsquo;hyperbole climatique. <\/p>\n<p>Une fois les formalit&eacute;s douani&egrave;res pass&eacute;es, et avec elles les derniers uniformes de police mont&eacute;e que vous verrez jamais, vous vous retrouvez donc en parka, gants de laine et bonnet (s) &agrave; h&eacute;ler un taxi par 7&deg;C, emp&ecirc;tr&eacute; dans un embarras aussi concret que vos tricots superf&eacute;tatoires. <\/p>\n<p>La premi&egrave;re impression tandis que vous vous laissez conduire le long de ces rues de Dorval recouvertes de slosh, ce r&eacute;sidu de gel noirci par la pollution, est une impression de d&eacute;go&ucirc;t devant la salet&eacute; et la d&eacute;liquescence&hellip; Mars est absolument d&eacute;gueulasse. Tandis que le soleil blafard fait fondre la glace au ralenti, tous les d&eacute;chets pris dans la neige au cours des mois pr&eacute;c&eacute;dents resurgissent dans les rues. Il para&icirc;t qu&rsquo;on trouve parfois des choses insolites sous la glace. Des matelas, de la bouffe, Alain Jupp&eacute;&hellip;<\/p>\n<p>Les gratte-ciels s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent de toute leur froideur administrative dans le ciel vitrifi&eacute;. <\/p>\n<p>Banque Scotia, Tour KPMG, Tour CIBC, Ville-Marie. <\/p>\n<p>Oh, c&rsquo;est haut! <\/p>\n<p>Le Mont-Royal ressemble davantage &agrave; une taupini&egrave;re mal&eacute;fique qu&rsquo;&agrave; la colline luxuriante des cartes postales de vos oncles et tantes ornant le frigo chez papa-maman. Un monticule glac&eacute; recouvert d&rsquo;arbres &eacute;tiques. <\/p>\n<p>O&ugrave; sont les gens&nbsp;? Les rues sont d&eacute;sertes, la ville silencieuse. <\/p>\n<p>Ils &laquo;&nbsp;magasinent&nbsp;&raquo; tant que faire se peut dans les centres commerciaux souterrains, ou se dorent la pilule en Floride, ou bien encore font du ski dans les Laurentides. <\/p>\n<p>Le taxi vous d&eacute;pose devant votre auberge de jeunesse sur le vieux port. Avec ses ruelles pav&eacute;es &eacute;troites et sa profusion de restaurants d&rsquo;ob&eacute;dience hexagonale, le vieux port est couru des touristes am&eacute;ricains au moins autant qu&rsquo;il est boud&eacute; des ressortissants fran&ccedil;ais, les uns le trouvant &laquo;&nbsp;so charming&nbsp;&raquo; et les autres trop familier. Ces derniers pr&eacute;f&egrave;rent la culture plastique du boulevard St-Laurent &agrave; la Vieille Europe en toc de la Place Jacques-Cartier. A chacun sa connerie.&nbsp; <\/p>\n<p>Parlant de connerie, comment ne pas mentionner un exemple effarant de collision culturelle <\/p>\n<p>situ&eacute;, fort pertinemment, sur le Vieux-Port, en haut du boulevard St-Laurent : la demeure dans laquelle naquit jadis le sieur de Cadillac (fondateur de la ville de Detroit) accueille aujourd&rsquo;hui&hellip; un McDonald&rsquo;s&nbsp;! De sa plaque comm&eacute;morative en bois, le sieur de Cadillac voit passer tous les jours des &laquo;&nbsp;Joyeux Festins&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;Happy Meal&nbsp;&raquo; en fran&ccedil;ais &#8211; pour ainsi dire) dans l&rsquo;escalier.<\/p>\n<p>Vous d&eacute;posez vos bagages dans votre dortoir et vous vous h&acirc;tez dans les rues de Montr&eacute;al. <\/p>\n<p>Dans un mois, tout cette slosh ne sera plus qu&rsquo;un mauvais souvenir&nbsp;; le vert reprendra la ville, les &eacute;cureuils envahiront les parcs et les premiers festivals d&eacute;voileront leur programmation all&eacute;chante. Le stupre sera de retour sur Ste-Catherine, les tambours reprendront possession du parc Jeanne-Mance, la bi&egrave;re coulera &agrave; flots sur les terrasses de St-Denis et, filles et gar&ccedil;ons d&eacute;tricot&eacute;s se feront de nouveau des sourires dans le m&eacute;tro. <\/p>\n<p>Mais pour l&rsquo;heure, vous ne pensez qu&rsquo;&agrave; trouver un boulot et un appart&rsquo;. <\/p>\n<p>Or l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; ces droits humains fondamentaux est bien moins compliqu&eacute; au Qu&eacute;bec que dans l&rsquo;Hexagone, o&ugrave; leur poursuite constitue une entreprise absurde, ridicule, ali&eacute;nante, et une entreprise de d&eacute;forestation de masse par l&agrave;-dessus. C&rsquo;est une affaire aussi simple que de se procurer un quotidien gratuit &ndash; il y en a de tr&egrave;s bons- et de passer un coup de t&eacute;l&eacute;phone, et cela une fois par jour pendant deux ou trois semaines, en fonction de la configuration des &eacute;toiles, mais pas plus, si tant est que vous n&rsquo;ayez pas des exigences trop particuli&egrave;res&nbsp;; il vous faudra plus de patience si vous pr&eacute;f&eacute;rez habiter seul et que vous rechignez &agrave; emmerder les gens au t&eacute;l&eacute;phone. Le t&eacute;l&eacute;marketing est le secteur d&rsquo;emploi le plus d&eacute;velopp&eacute; &agrave; Montr&eacute;al avec celui de la restauration. <\/p>\n<p>Je vous laisse &agrave; vos recherches. Bon s&eacute;jour au Qu&eacute;bec&nbsp;!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Joe l&#39;shak&eacute;<\/strong><\/p>\n<p><strong>&laquo; D&rsquo;accord, j&rsquo;dis pas qu&rsquo;&agrave; la fin de sa vie, Joe L&rsquo;Trembleur il avait pas un <br \/>peu baiss&eacute;. Mais pendant les ann&eacute;es terribles, sous l&rsquo;occup&rsquo;, il butait &agrave; <br \/>tout va ! Il a m&ecirc;me d&eacute;cim&eacute; toute une division de Panzer ! &raquo;<br \/><em>&#8211; Ma&icirc;tre Folasse.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Permis Vacances-Travail est un programme d&rsquo;&eacute;change entre la France et un assortiment de destinations excitantes&#8230; &agrave; savoir l&rsquo;Australie, la Nouvelle-Z&eacute;lande, le Japon et le Canada. 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