{"id":59,"date":"2007-02-15T00:00:00","date_gmt":"2007-02-14T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=59"},"modified":"2007-02-15T00:00:00","modified_gmt":"2007-02-14T23:00:00","slug":"le-pere-le-fils-et-le-saint-esprit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=59","title":{"rendered":"Le p\u00e8re, le fils et le saint esprit&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>C&rsquo;est en pleine d&eacute;cennie plastique (1988) que les Cowboy Junkies enregistrent un album artisanal et non-coca&iuml;n&eacute; dans une &eacute;glise en plein Toronto. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Par un ph&eacute;nom&egrave;ne qu&rsquo;on ne parvient pas &agrave; s&rsquo;expliquer, Toronto, ville froide, impersonnelle, aseptis&eacute;e comme un hall d&rsquo;h&ocirc;pital, et dont les r&eacute;sidents trimballent une r&eacute;putation de connards dans les provinces attenantes &agrave; l&rsquo;Ontario (particuli&egrave;rement chez nos cousins francophones)&#8230; Par un &eacute;trange ph&eacute;nom&egrave;ne donc, Toronto engendre de temps &agrave; autre de fabuleux musiciens qui ne feront jamais les manchettes. Ce n&rsquo;est pas le cas avec les vingt-et-un Broken Social Scene (ils font les manchettes et ils sont manch&#39;&agrave;couilles), ce n&rsquo;est pas le cas avec Avril Lavigne, pas plus qu&rsquo;avec tous les pseudo-punks en shorts sponsoris&eacute;s par MTV, mais c&rsquo;est le cas, incontestablement, avec les Sadies, Neko Case et les Cowboy Junkies. <\/p>\n<p>Les Cowboy Junkies sont principalement des Timmins&nbsp;: Margo (voix), Michael (guitare), John (guitare), Peter (batterie). On recense &eacute;galement un Anton, Alan, &agrave; la basse. Plus&nbsp; quelques musiciens suppl&eacute;tifs&nbsp;: Jeff Bird, violon, mandoline, harmonica. Kim Deschamps, pedal steel, dobro. Jaro Czerwineck, accord&eacute;on. Steve Shearer, harmonica. <\/p>\n<p>On les imagine assis sur les bancs habituellement r&eacute;serv&eacute;s aux enfants de choeur, tripotant nerveusement leurs instruments, attendant leur morceau. <\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;The Trinity Session&nbsp;&raquo; est le deuxi&egrave;me album des Timmins&nbsp;; ce sera l&rsquo;album culte. C&rsquo;est l&rsquo;album de snob. Celui qu&rsquo;on passe quand on veut impressionner l&rsquo;&eacute;lue de son c&oelig;ur &agrave; sa premi&egrave;re visite chez soi. Avec &laquo;&nbsp;The Trinity Session&nbsp;&raquo;, les Cowboy Junkies pourraient bien &ecirc;tre les pr&eacute;curseurs ignor&eacute;s du renouveau folk US ou de la &laquo;&nbsp;country alternative&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;alt-country&nbsp;&raquo;), &eacute;tiquette intrigante r&eacute;unissant des gens aussi dou&eacute;s que Howe Gelb, Calexico, Ryan Adams, Sparklehorse, Bright Eyes, Handsome Family et Lucinda Williams. <\/p>\n<p>De nos jours, constatons-le, la country n&rsquo;est plus n&eacute;cessairement un truc saccharin&eacute; et croonant portant un Stetson aux larges bords et une boucle de ceinturon p&eacute;tante et qui fait marrer &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. Ce ne sont plus n&eacute;cessairement des battements de santiags fr&eacute;n&eacute;tiques sur une sc&egrave;ne en bois et des histoires de gens aux dents blanches et qui votent conservateur. <\/p>\n<p>Dans le cas des Cowboy Junkies, on pourrait parler de &laquo;&nbsp;country cool&nbsp;&raquo;. Ou bien de &laquo;&nbsp;folk vesp&eacute;rale&nbsp;&raquo;. On pourrait aussi entendre en Margo Timmins le pendant f&eacute;minin de Chris Isaac, particuli&egrave;rement sur des fines ballades comme &laquo;&nbsp;Blue Moon Revisited&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;300 Miles&nbsp;&raquo; o&ugrave; son susurrement fatal ondoie dans une r&eacute;verb&rsquo; ouat&eacute;e. Suivant l&rsquo;exemple des v&eacute;n&eacute;rables du patrimoine folk am&eacute;ricain, les Cowboy Junkies se situent du c&ocirc;t&eacute; des travailleurs&nbsp;: que &ccedil;a soit dans la mine avec &laquo;&nbsp;Mining For Gold&raquo; (reprise d&rsquo;un traditionnel du 19e) ou dans le b&acirc;timent avec &laquo;&nbsp;Working on a Building&nbsp;&raquo;. Une gageure &agrave; l&rsquo;heure de la pop synth&eacute;tique pour salon de coiffure et des premiers vid&eacute;oclips tourn&eacute;s dans les piscines californiennes. <\/p>\n<p>En &eacute;coutant &laquo;&nbsp;Misguided Angel&nbsp;&raquo;, ballade tout ce qu&rsquo;il y a de plus folk, on jurerait que Margo Timmins vous chuchote par derri&egrave;re l&rsquo;oreille et que tous les autres musiciens sont planqu&eacute;s derri&egrave;re le canap&eacute;. Il se d&eacute;gage de l&rsquo;acoustique impeccable de l&rsquo;enregistrement un sentiment de proximit&eacute; qui donne &agrave; cet album tout son caract&egrave;re intime et chaleureux. <\/p>\n<p>Cette impression de proximit&eacute; sublime encore la qualit&eacute; intrins&egrave;que des chansons, merveilleusement &eacute;crites et arrang&eacute;es avec une ma&icirc;trise inou&iuml;e. D&rsquo;un blues nocturnal (&laquo;I Don&rsquo;t Get It&nbsp;&raquo;&nbsp;&agrave; une reprise du Velvet plus moite qu&rsquo;un co&iuml;t dans le bayou en plein &eacute;t&eacute; (&laquo;&nbsp;Sweet Jane&nbsp;&raquo;), en passant par une lamentation de dessous un saule pleureur (&laquo;&nbsp;To Love Is To Bury&nbsp;&raquo;), pour finir sur un autre blues nocturnal (&laquo;&nbsp;Walking After Midnight&nbsp;&raquo;), &laquo;&nbsp;The Trinity Session&nbsp;&raquo; &eacute;meut, &eacute;merveille, &eacute;mulsionne. &nbsp;Moralit&eacute;&nbsp;: ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on vient d&rsquo;une ville de merde qu&rsquo;on n&rsquo;a rien &agrave; chanter&#8230; Si &ccedil;a se trouve, on fait du&nbsp;rock m&ecirc;me&nbsp;&agrave; Mulhouse. <\/p>\n<p><strong>Joe l&#39;Trembleur<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est en pleine d&eacute;cennie plastique (1988) que les Cowboy Junkies enregistrent un album artisanal et non-coca&iuml;n&eacute; dans une &eacute;glise en plein Toronto.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":60,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-59","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/59","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=59"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/59\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/60"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=59"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=59"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=59"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}