{"id":63,"date":"2007-02-23T00:00:00","date_gmt":"2007-02-22T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=63"},"modified":"2007-02-23T00:00:00","modified_gmt":"2007-02-22T23:00:00","slug":"six-pieds-sous-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=63","title":{"rendered":"Six pieds sous terre"},"content":{"rendered":"<p>Les sp&eacute;cialistes sont unanimes : l&#39;&acirc;ge d&#39;or des s&eacute;ries t&eacute;l&eacute; s&#39;ach&egrave;ve en 1980. A contrario, il n&#39; y a que les amateurs de perversit&eacute;s t&eacute;l&eacute;visuelles qui font l&#39;&eacute;loge des vingt ann&eacute;es qui suivent. Il est vrai, seuls des obscurantistes d&eacute;viants pourraient visionner Maggie, 21th Jump Street, Dallas ou Voisin, voisine en y trouvant mati&egrave;re &agrave; d&eacute;volution.&nbsp;<!--more--><\/p>\n<p>Et puis il y eut Six feet under. Cr&eacute;&eacute;e par Alan Ball &#8211; auquel on doit American Beauty &#8211; pour la cha&icirc;ne HBO, cette longue fresque met en sc&egrave;ne la famille Fisher, croque-morts californiens n&eacute;vros&eacute;s. Ici, pas de fleurs dans les cheveux, de batik ou de patchouli ; seulement quelques costumes 3 pi&egrave;ces, des cadavres, des mines compass&eacute;es et des familles &eacute;plor&eacute;es. Un cadre propice &agrave; la mise en sc&egrave;ne d&#39;une tragi-com&eacute;die humaine, o&ugrave; l&#39;on voit les personnages &eacute;voluer au gr&eacute; des&nbsp; 63 &eacute;pisodes.&nbsp;<\/p>\n<p>Tout commence par la mort de Nathaniel Fisher, le p&egrave;re de famille, percut&eacute; par un bus alors qu&#39;il rentre du travail pour f&ecirc;ter No&euml;l en famille. Son fils a&icirc;n&eacute; Nate rencontre Brenda dans un a&eacute;roport et vit une aventure avec elle. Claire, la fille, adolescente d&eacute;jant&eacute;e attir&eacute;e par une petite frappe hispanique, roule en corbillard vert. David, le deuxi&egrave;me fils, vit avec la peur de r&eacute;v&eacute;ler son homosexualit&eacute; &agrave; ses proches. Enfin, Ruth, la m&egrave;re r&eacute;serv&eacute;e et pieuse, avoue d&egrave;s le lendemain du d&eacute;c&egrave;s de son mari qu&#39;elle a a eu une relation extra conjugale avec son coiffeur. Des intrigues parall&egrave;les se mettent alors en place dans un sc&eacute;nario tr&egrave;s riche : Federico Diaz, thanathopracteur surdou&eacute; &agrave; la vie de famille pleine de rebondissements ; Claire et sa passion pour la photographie, ses amours, ses amis ; les amours de David et de Keith, la descente aux enfers de Brenda, dont les parents sont psychiatres et dont le fr&egrave;re est malade mental ; ses amours avec Nate ; les amours de Ruth : son coiffeur Hiram, son fleuriste russe Nikola&iuml;, Arthur, un apprenti de l&#39;entreprise et enfin, George, professeur de g&eacute;ologie parano&iuml;aque.<\/p>\n<p>&nbsp;La mort, bien s&ucirc;r omnipr&eacute;sente, ne rend pourtant pas cette s&eacute;rie morbide. Elle est juste la porte d&#39;entr&eacute;e vers une multitude de th&egrave;mes abord&eacute;s avec humour (noir) : l&#39;amour, les relation familiales, la religion, l&#39;homosexualit&eacute;, la trahison, la culpabilit&eacute;, la repentance, le handicap mental&#8230; Toute une pl&eacute;iade de th&egrave;mes, parfois tabous jusqu&#39;alors dans les s&eacute;ries t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es, qui met le t&eacute;l&eacute;spectateur face &agrave; des situations qu&#39;il peut avoir connu dans<span>&nbsp; <\/span>son existence. C&#39;est peut-&ecirc;tre l&agrave; la premi&egrave;re cl&eacute; du succ&egrave;s de cette s&eacute;rie : l&#39;emprise du sc&eacute;nario dans le r&eacute;el est tr&egrave;s forte. Chaque &eacute;pisode s&#39;ouvre par le d&eacute;c&egrave;s d&#39;un futur &quot;client&quot; de la maison Fischer, souvent inspir&eacute; de faits divers. Le voile se l&egrave;ve alors sur le m&eacute;tier de thanatopracteur, dont on se demande bien comment il peut susciter des vocations. <\/p>\n<p>La deuxi&egrave;me cl&eacute; est sans doute la mise en sc&egrave;ne des caract&egrave;res des personnages dans lesquels chacun trouvera son compte : un s&eacute;ducteur victime d&#39;un accident vasculaire c&eacute;r&eacute;bral et sa femme volage, un couple homosexuel lib&eacute;r&eacute;, une apprentie artiste &eacute;tudiante en &eacute;cole d&#39;art&hellip; Les personnages se d&eacute;voilent &agrave; nous dans leurs fragilit&eacute;s, leurs doutes, et l&#39;empathie que l&#39;on &eacute;prouve vient de leur capacit&eacute; &agrave; nous renvoyer &agrave; notre propre condition.La derni&egrave;re cl&eacute; de cette r&eacute;ussite est plus latente, et nous &eacute;voque l&#39;appr&eacute;hension de notre finitude. La t&eacute;l&eacute;vision nous projette sans cesse des images de jeunesse, de corps en parfaite sant&eacute; et de r&eacute;ussite. Notre r&eacute;ceptivit&eacute; &agrave; ces messages positivistes nous rassurent et nous permettent de nous inscrire dans le d&eacute;ni de ce qui nous arrivera immanquablement. Les seules possibilit&eacute;s donn&eacute;es au spectateur d&#39;appr&eacute;hender la mort se font au travers d&#39;actualit&eacute;s, ou &agrave; l&#39;occasion de talk shows mis&eacute;rabilistes peu ancr&eacute;s dans notre quotidien.&nbsp;L&agrave;, c&#39;est de nos vies dont &quot;Six feet under&quot; parle, avec une sensibilit&eacute; et une humanit&eacute; jamais vues jusqu&#39;alors.<\/p>\n<p>&nbsp;<strong>Plus d&#39;infos <\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.sixfeetunder-france.com\/index_site.php\">http:\/\/www.sixfeetunder-france.com\/index_site.php<\/a><\/p>\n<p>http:\/\/www.hbo.com\/sixfeetunder\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les sp&eacute;cialistes sont unanimes : l&#39;&acirc;ge d&#39;or des s&eacute;ries t&eacute;l&eacute; s&#39;ach&egrave;ve en 1980. A contrario, il n&#39; y a que les amateurs de perversit&eacute;s t&eacute;l&eacute;visuelles qui font l&#39;&eacute;loge des vingt ann&eacute;es qui suivent. Il est vrai, seuls des obscurantistes d&eacute;viants pourraient visionner Maggie, 21th Jump Street, Dallas ou Voisin, voisine en y trouvant mati&egrave;re &agrave; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":64,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-63","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-la-telemission-ou-lopium-des-cons"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=63"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/64"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=63"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=63"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=63"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}