{"id":73,"date":"2007-04-23T00:00:00","date_gmt":"2007-04-22T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=73"},"modified":"2007-04-23T00:00:00","modified_gmt":"2007-04-22T23:00:00","slug":"just-a-walk-just-a-fake","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=73","title":{"rendered":"Just a walk, just a fake ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>C&#39;est incroyable comme le fait d&#39;enfoncer des portes ouvertes peut s&#39;apparenter &agrave; un exercice de haute voltige : l&#39;absence de la r&eacute;sistance du bois sur l&#39;&eacute;paule&nbsp; peut provoquer une chute dont la gravit&eacute; est conditionn&eacute;e par&nbsp; la hauteur des branches. <\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Nos artistes contemporains, aimant scier celles qui les accueillent, n&#39;h&eacute;sitent parfois pas &agrave; nous ass&eacute;ner des lieux communs enrob&eacute;s de galimatias jargonneux au nom d&#39;une contemporan&eacute;it&eacute; revendiqu&eacute;e. <\/p>\n<p>L&#39;exposition <strong>&quot;Just a Walk&quot;<\/strong> &agrave; la Cri&eacute;e &#8211; Centre d&#39;art contemporain de Rennes &#8211;&nbsp; est une belle illustration de cet &eacute;tat d&#39;esprit : elle montre comment la mauvaise foi et les moyens techniques peuvent tenter de dissimuler l&#39;insondable vacuit&eacute; d&#39;un discours artistique.<\/p>\n<p>Or donc, d&eacute;crivons la chose&#8230; Une vid&eacute;o d&#39;eau coulant sur une vitre projet&eacute;e sur un mur ; quelques paysages num&eacute;riques expos&eacute;s dans des caissons lumineux ; une vid&eacute;o d&#39;un lent travelling dans une rue, une autre d&#39;un personnage de dos tenant une fus&eacute;e allum&eacute;e, quelques typographies d&eacute;form&eacute;es en lettres de n&eacute;on et &agrave; la mine de plomb,&#8230; A priori, la vari&eacute;t&eacute; des supports d&#39;expression laisse penser que nous avons &agrave; faire &agrave; un touche-&agrave;-tout.<\/p>\n<p>Un petit coup d&#39;oeil &agrave; la plaquette que l&#39;on nous remet &agrave; l&#39;entr&eacute;e nous conforte : photographe, graphiste, vid&eacute;aste, installationniste, <strong>Josselyn Cottencin<\/strong> est vant&eacute; comme un &ecirc;tre dou&eacute; de tous ces talents. On apprend &eacute;galement que ce &agrave; quoi on assiste est le fruit de deux ann&eacute;es d&#39;un&nbsp; travail &eacute;labor&eacute; au gr&eacute; d&#39;un voyage &agrave; travers l&#39;Europe (Glasgow, Lisbonne, Porto,&#8230;), histoire de s&#39;interroger sur &quot;la pratique du d&eacute;placement&quot; ou sur la notion de &quot;territoires&quot;construit dans l&#39;intimit&eacute; d&#39;un individu. On y apprend &eacute;galement qu&#39;&agrave; la vision de l&#39;exposition, la possibilit&eacute; d&sup1;un r&eacute;cit fictionnel est laiss&eacute;e au spectateur en termes de flux et de rythmes, tout &ccedil;a dans le but d&#39;atteindre un ailleurs, une autre temporalit&eacute; &#8230;<\/p>\n<p>A ce moment, le spectateur l&egrave;ve les yeux, regarde autour de lui, et constate avec regret que la plaquette qu&#39;il tient dans ses mains est la b&eacute;quille sur laquelle l&#39;artiste s&#39;appuie pour faire passer la pillule. Le discours et la mise en oeuvre sont ici une compilation de tout ce qui fait le &quot;rien&quot; en art ; la malhonn&ecirc;tet&eacute; et le trucage transpirent, l&#39;artiste tente de se dissimuler derri&egrave;re sa posture verbeuse. L&#39;ensemble est cependant bien r&eacute;alis&eacute; : les caissons lumineux, la vid&eacute;o et les n&eacute;ons sont tr&egrave;s probablement pr&eacute;sents pour nous en mettre &quot;plein la vue&quot;, pallier au manque de coh&eacute;rence de l&#39;ensemble, cr&eacute;er une sc&eacute;nographie o&ugrave; les moyens de mise en oeuvre prennent le pas sur le propos .&nbsp;L&#39;art contemporain permet certes quelques interrogations sur nos fonctionnements, mais surtout nous donne &agrave; voir des individualit&eacute;s qui s&#39;affirment et font irruption dans nos champs. L&agrave;, M. Cottencin ne fait rien d&#39;autre que de nous faire profiter de ses deux ans d&#39;une vacance pay&eacute;e par quelques institutions insensibles ou ignorantes, argant d&#39;une posture &quot;critique&quot; plut&ocirc;t que de nous faire profiter de l&#39;acuit&eacute; de son regard, de la justesse de son propos, de sa contribution &agrave; l&#39;exp&eacute;rience du monde. Le pire, c&#39;est que l&#39;on ressort de l&agrave; m&ecirc;me pas choqu&eacute;, ou amus&eacute;, ou encore triste, non, le vide de ce travail est v&eacute;ritablement exemplaire.<\/p>\n<p>Il est des b&eacute;otiens qui pensent que l&#39;art contemporain est un vaste foutage de gueule. Il en est d&#39;autres qui se prosternent syst&eacute;matiquement devant n&#39;importe quel artiste, &agrave; partir du moment o&ugrave; celui-ci d&eacute;livre un commentaire r&eacute;f&eacute;renc&eacute; de son oeuvre, dans une d&eacute;marche d&#39;auto-&eacute;x&eacute;g&egrave;se. La sensibilit&eacute;, la perception et le savoir-faire, termes volontairement ringardis&eacute;s par une cat&eacute;gorie de cyniques, sont pourtant le c&brvbar;ur de la pratique de l&#39;artiste depuis toujours.<\/p>\n<p>Certains commanditaires feraient bien de les replacer au centre de leurs politiques d&#39;achat.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&#39;est incroyable comme le fait d&#39;enfoncer des portes ouvertes peut s&#39;apparenter &agrave; un exercice de haute voltige : l&#39;absence de la r&eacute;sistance du bois sur l&#39;&eacute;paule&nbsp; peut provoquer une chute dont la gravit&eacute; est conditionn&eacute;e par&nbsp; la hauteur des branches.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":74,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-73","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-apportez-moi-la-tete-de"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/73","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=73"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/73\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/74"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=73"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=73"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=73"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}