{"id":9,"date":"2006-05-03T00:00:00","date_gmt":"2006-05-02T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=9"},"modified":"2006-05-03T00:00:00","modified_gmt":"2006-05-02T23:00:00","slug":"captain-beefheart-and-his-magic-band","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=9","title":{"rendered":"Captain Beefheart and his magic band"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoBodyText\">Captain Beefheart n&rsquo;est pas une cha&icirc;ne de fast-food am&eacute;ricaine&#8230; ce n&rsquo;est pas non plus un super h&eacute;ros de comics issu d&rsquo;un croisement entre esp&egrave;ces bovines et humaine (le concept a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; par les Grecs depuis bien longtemps).<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p class=\"MsoBodyText\">Ce n&rsquo;est pas le surnom d&rsquo;un joueur vedette du championnat de football am&eacute;ricain. Captain Beefheart est le nom de sc&egrave;ne de l&rsquo;un des chanteurs les plus d&eacute;jant&eacute;s de l&rsquo;histoire du rock, aujourd&rsquo;hui retir&eacute; des d&eacute;cibels, et menant une vie de peintre &eacute;r&eacute;mitique, un certain Don (Van) Vliet. <\/p>\n<p class=\"MsoBodyText\">Les origines du Captain Beefheart beuglant remontent &agrave; la d&eacute;cision farouche de Mr. Vliet p&egrave;re de d&eacute;cliner les propositions de bourses d&rsquo;&eacute;tudes faites &agrave; son fils par une &eacute;cole d&rsquo;art europ&eacute;enne. A 13 ans en effet, notre Don Vliet jouit d&eacute;j&agrave; d&rsquo;une certaine renomm&eacute;e artistique, gr&acirc;ce &agrave; des talents de sculpteur qu&rsquo;ent&eacute;rinent plusieurs apparitions t&eacute;l&eacute;. Afin d&rsquo;&eacute;viter toute tentation relative &agrave; la fibre cr&eacute;atrice du fiston, la famille Vliet quitte la Californie pour le d&eacute;sert mojave. <\/p>\n<p>Au cours de ses &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;universit&eacute; d&rsquo;Antelope Valley, Don Vliet fait la rencontre de Frank Zappa, guitariste fantasque passionn&eacute; de Rhythm &amp; Blues. Les deux hurluberlus se lient d&rsquo;amiti&eacute; et jouent dans plusieurs groupes incons&eacute;quents, &eacute;chafaudant des bizarreries parmi lesquelles un op&eacute;ra intitul&eacute; <em>I Was A Teenage Maltshop<\/em>, et un projet de film intitul&eacute; <em>Captain Beefheart vs. The Grunt People.<\/em> Le projet n&rsquo;aboutit pas mais Don Vliet garde le pseudonyme. Le partenariat Vliet\/ Zappa est interrompu en 1964 par une descente de police au studio de Cucamonga et l&rsquo;interpellation subs&eacute;quente de Zappa pour obsc&eacute;nit&eacute;. <\/p>\n<p>D&eacute;but 1965, Don Vliet est contact&eacute; par Alex Snouffer, guitariste local qui lui propose de monter un nouveau groupe. La premi&egrave;re mouture du Magic Band est constitu&eacute;e de Doug Moon &agrave; la guitare rythmique, Jerry Handley &agrave; la basse, Vic Mortensen &agrave; la batterie (bient&ocirc;t remplac&eacute; par Paul Blakely), et d&rsquo;Alex Snouffer et Don Vliet, qui changent leurs noms en Alex St Clair et Don Van Vliet. <\/p>\n<p>En d&eacute;pit de l&rsquo;orientation franchement peu polic&eacute;e de sa musique, le groupe est rep&eacute;r&eacute; par A&amp;M, maison de disques inoffensive qui le signe aussit&ocirc;t. <\/p>\n<p>Apr&egrave;s avoir livr&eacute; deux 45 tours sans grand succ&egrave;s (&laquo; Diddy Wah Diddy &raquo;, une reprise de Bo Diddley, et &laquo; Moonchild &raquo;, &eacute;crit par un certain David Gates), Don Van Vliet s&rsquo;attelle &agrave; composer un premier album. Mais les gens d&rsquo;A&amp;M sont tellement offusqu&eacute;s par les maquettes qu&rsquo;ils re&ccedil;oivent, jug&eacute;es &laquo; trop n&eacute;gatives &raquo;, qu&rsquo;ils annulent aussit&ocirc;t le contrat. Le label Buddah r&eacute;cup&egrave;re le groupe. Paul Blakely est remplac&eacute; par John French. Le groupe d&eacute;m&eacute;nage &agrave; Los Angeles pour enregistrer. Gary Marker est engag&eacute; comme producteur, mais il se fait mettre &agrave; la porte sit&ocirc;t apr&egrave;s avoir convaincu Ry Cooder, avec lequel il a jou&eacute; au sein des Rising Sons, de rejoindre le Magic Band. Un inconnu du nom de Richard Perry est embauch&eacute; derechef. Les s&eacute;ances d&rsquo;enregistrement d&eacute;g&eacute;n&egrave;rent, Doug Moon est vir&eacute;, Jerry Handley manque de l&rsquo;&ecirc;tre d&rsquo;un cheveu, on est parfois dans l&rsquo;obligation de convoquer des musiciens de studio. D&egrave;s lors, on se perd en conjectures : qui a jou&eacute; sur quoi ? Et qui est cet Herb Bermann, cr&eacute;dit&eacute; co-auteur de huit titres sur douze ? L&rsquo;infortun&eacute; Marker pr&eacute;tend avoir &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; &agrave; trois Herb Bermann diff&eacute;rents par Don Van Vliet. A d&rsquo;autres, le chanteur affirme avoir invent&eacute; ce personnage de toutes pi&egrave;ces afin de minimiser sa mainmise sur le disque. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Safe As Milk<\/em> sort en septembre 1967. Titre mensonger. D&rsquo;abord parce que l&rsquo;album est commercialement risqu&eacute;. Ensuite parce qu&rsquo;il est tr&egrave;s douteux que le lactose ait jou&eacute; aucun r&ocirc;le dans sa composition. On penserait davantage au bourbon ou aux amph&eacute;tamines&hellip;<\/p>\n<p>Don Van Vliet chante un peu comme Barbe-Bleue une nuit de lune de miel. Bien avant de ressusciter des p&eacute;p&eacute;s carib&eacute;ens, le Ry Cooder tricotait ici des riffs barbel&eacute;s avec une fluidit&eacute; impeccable (le riff d&rsquo;amorce en particulier est une petite merveille contondante). Avec un batteur spasmodique et une basse priapique par-dessus le march&eacute;, <em>Safe As Milk<\/em> est un album brut, roboratif, qui donne confus&eacute;ment envie de donner des coups de pied au cul, histoire de faire bouger le monde. Avec des bottines en peau de crocodile !!! A la seule exception d&rsquo;un &laquo; I&rsquo;m Glad &raquo; de bal de fin d&rsquo;ann&eacute;e (quoique nettement ironique), tout est d&eacute;mentiel. &laquo; Sure &lsquo;Nuff &lsquo;N Yes I Do &raquo; est une sorte de boogie &eacute;pais des bayous de Louisiane. &laquo; Zig Zag Wanderer &raquo; un swing d&eacute;tonant. &laquo; Call On me &raquo; et &laquo; Yellow Brick Road &raquo; sont des cas concrets de Rhythm&rsquo;n&rsquo;Blues corrosif. &laquo; Dropout Boggie &raquo; est carr&eacute;ment garage, limite sid&eacute;rurgique. &laquo; Electricity &raquo; et &laquo; Abba Zabba &raquo; sont des loufoqueries carabin&eacute;es &agrave; faire tomber bien des m&acirc;choires. Bref, Captain Beefheart avait tout bon d&rsquo;entr&eacute;e. C&rsquo;est apr&egrave;s que &ccedil;a se g&acirc;te. Les bonus de l&rsquo;&eacute;dition CD de <em>Safe As Milk<\/em> permettent de se faire une id&eacute;e de la nouvelle direction exp&eacute;rimentale voulue par Don Van Vliet, qui sera en &eacute;vidence sur <em>Strictly Personal, <\/em>l&rsquo;album suivant. Fortement marqu&eacute;s par le free jazz et le dada&iuml;sme, le Captain et son Band commencent &agrave; s&rsquo;affranchir du blues-rock de leurs d&eacute;buts pour s&rsquo;orienter vers une musique avant-gardiste et d&eacute;brid&eacute;e. Mais tandis que le groupe est en tourn&eacute;e en Europe, le producteur Robert Krasnow d&eacute;cide d&rsquo;assaisonner le disque &agrave; la sauce psych&eacute;d&eacute;lique pour le rendre plus lisse et plus en vogue. Van Vliet est furibard et il renie le disque. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En r&eacute;action &agrave; cette injure mercantile, et avec l&rsquo;assentiment total de Zappa comme producteur, Captain Beefheart enregistre en 1969 le double album le plus d&eacute;glingu&eacute; de l&rsquo;histoire du rock, le fameux <em>Trout Mask Replica<\/em>. <\/p>\n<p><em>Trout Mask Replica<\/em> est la blague pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e des journalistes, qui pr&eacute;tendent l&rsquo;avoir &eacute;cout&eacute; en entier et avoir trouv&eacute; &ccedil;a g&eacute;nial. En r&eacute;alit&eacute;, il est quasiment impossible d&rsquo;&eacute;couter cet album d&rsquo;une traite sans fl&eacute;chir. Convulsif et d&eacute;structur&eacute;, il repr&eacute;sente un d&eacute;fi masochiste pour le commun des tympans. Le pari bravache se transmet de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration depuis 1969 : &laquo; tu peux pas te le taper en entier &raquo;. De fait, <em>Trout Mask Replica <\/em>serait en quelque sorte le pendant musical d&rsquo;une crise d&rsquo;&eacute;pilepsie de 79 minutes. Une vraie cacophonie plomb&eacute;e, un foutoir bruitiste, un happening, une sculpture musicale fa&ccedil;on C&eacute;sar Baldaccini. Ca me donne envie de le r&eacute;&eacute;couter, tiens. <\/p>\n<p>Dans les ann&eacute;es 70, Captain Beefheart enregistrera plusieurs albums dont je me suis laiss&eacute; dire qu&rsquo;ils &eacute;taient plus accessibles, particuli&egrave;rement <em>The Spotlight Kid<\/em>,et il collaborera de nouveau avec Zappa &agrave; de nombreuses reprises. Mais en 1986, Don Van Vliet tirera sa r&eacute;v&eacute;rence. Il se retirera dans le d&eacute;sert Mojave pour s&rsquo;adonner &agrave; son autre passion, la peinture : &laquo; Sortir du rock a beaucoup am&eacute;lior&eacute; ma vie et je suis beaucoup plus en paix avec moi-m&ecirc;me quand je peins &raquo;. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Joe l&#39;trembleur<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.beefheart.com\/\">www.beefheart.com<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.freewebs.com\/teejo\/\">www.freewebs.com\/teejo\/<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><u>www.shiningsilence.com\/hpr\/<\/u><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Captain Beefheart n&rsquo;est pas une cha&icirc;ne de fast-food am&eacute;ricaine&#8230; ce n&rsquo;est pas non plus un super h&eacute;ros de comics issu d&rsquo;un croisement entre esp&egrave;ces bovines et humaine (le concept a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; par les Grecs depuis bien longtemps).<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-9","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}