{"id":93,"date":"2007-07-18T00:00:00","date_gmt":"2007-07-17T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/rennet\/?p=93"},"modified":"2007-07-18T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-17T23:00:00","slug":"the-pogues-1ere-partie-zombification","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rennet.org\/?p=93","title":{"rendered":"The Pogues : 1\u00e8re partie&#8230; Zombification."},"content":{"rendered":"<p>En 2003, je faisais la queue devant l&rsquo;Olympia Theatre &agrave; Dublin pour voir les chicots pourris de Shane McGowan faire une bouillie de paroles qui me faisaient me tortiller d&rsquo;euphorie et hurler au g&eacute;nie chaque fois je les entendais sur disque.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Comme nombre de personnes ayant pass&eacute; un minimum de temps en Irlande (deux ans, dans mon cas), j&rsquo;avais d&eacute;couvert la musique des Pogues dans le contexte qui lui sied le mieux, &agrave; savoir dans l&rsquo;ivresse exub&eacute;rante des pubs irlandais. Qui n&rsquo;a jamais entendu un pub de trois &eacute;tages plein &agrave; craquer brailler en ch&oelig;ur &laquo;&nbsp;<strong>Dirty Old Town<\/strong>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>Streams of Whiskey<\/strong>&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;<strong>Fairytale of New York<\/strong>&nbsp;&raquo; dans un ressac de verres lev&eacute;s devrait de toute urgence se procurer un billet d&rsquo;avion pour Dublin ou Cork et se ruer t&ecirc;te baiss&eacute;e dans le premier rade bond&eacute; aux abords de la Liffey ou de la Lee. &nbsp;Avant de mettre les pieds dans un de ces nobles &eacute;tablissements d&rsquo;imbibition forcen&eacute;e, je consid&eacute;rais la notion de musique traditionnelle irlandaise avec le m&ecirc;me m&eacute;pris que je vouais aux Fest-Noz insoutenables de chez nous. Quelques cuites plus tard, converti par la stout, j&rsquo;achetais une compile de chansons traditionnelles chez mon disquaire. Quelle joie&nbsp;! Le livret contenait les paroles des chansons. Apr&egrave;s quelques &eacute;coutes, je pourrais beugler &laquo;&nbsp;<strong>The Fields Of Athenry<\/strong>&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;<strong>The Irish Rover<\/strong>&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;<strong>The Water Is Wide<\/strong>&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;<strong>Girl From The County Down<\/strong>&nbsp;&raquo; comme tout le monde! &nbsp;Le concert de Shane McGowan fut un d&eacute;sastre, &eacute;videmment. L&rsquo;ancien chanteur des Pogues &eacute;tait encore plus rond que Sarkozy au dernier sommet du G8. Il fallut attendre une &eacute;ternit&eacute; apr&egrave;s la fin du set des &laquo;&nbsp;<strong>Fluid Druids<\/strong>&nbsp;&raquo; avant qu&rsquo;un bras (de manager impatient, sans doute) ne pousse le chanteur sur sc&egrave;ne. Il tituba au centre de la sc&egrave;ne, regarda longuement en coulisses, puis, dans un &eacute;clair de lucidit&eacute;, zigzagua vers le pied de micro qu&rsquo;il agrippa comme un naufrag&eacute; un bout d&rsquo;&eacute;pave. Il ne se tourna pas une seule fois vers les musiciens qui l&rsquo;accompagnaient, qui attendaient sur sc&egrave;ne depuis ce qui devait &ecirc;tre deux bouteilles. Intervalle durant lequel les spectateurs gueulaient &laquo;&nbsp;<strong><em>Shane-o&rsquo;&nbsp;! Shane-o&rsquo;&nbsp;!<\/em><\/strong>&nbsp;&raquo; pour invoquer leur avatar national de Dionysos.&nbsp;Il n&rsquo;&eacute;tait pas en bon &eacute;tat, le Shane-o&rsquo;. M&ecirc;me dissimul&eacute; derri&egrave;re de grosses lunettes de soleil, son visage bouffi donnait &agrave; voir suffisamment de cernes et de vaisseaux &eacute;clat&eacute;s pour le faire engager instantan&eacute;ment dans un remake de film de zombies (Shane of The Dead&nbsp;?). Il avait les cheveux &eacute;bouriff&eacute;s et une barbe de plusieurs jours. Il portait une boucle d&rsquo;oreille en forme de croix. Sa dentition &eacute;tait un v&eacute;ritable jeu de quilles. Il vacillait sur un rayon de trois m&egrave;tres autour du pied de micro en marmonnant dans sa barbe. C&rsquo;&eacute;tait vraiment triste &agrave; voir. Les spectateurs irlandais, eux, avaient l&rsquo;air de souscrire de toute leur &acirc;me &agrave; cette d&eacute;ch&eacute;ance. &nbsp;Shane-o&rsquo; massacra trois chansons, balbutia un au revoir, chancela en direction des coulisses et disparut sans autre forme de proc&egrave;s. A nouveau, un bras le bouta hors des coulisses. Le reste du concert fut path&eacute;tique. Je revois encore Shane McGowan essayant &agrave; grand-peine de danser une valse avec un boudin du public qu&rsquo;il avait invit&eacute;e &agrave; monter sur sc&egrave;ne. Je sortis de l&agrave; compl&egrave;tement d&eacute;moralis&eacute;. <\/p>\n<p><strong>Cannibalisme<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;L&rsquo;histoire des Pogues commence un jour de 1980. Shane McGowan et Spider Stacy tra&icirc;nent chez une amie &agrave; Londres quand Shane s&rsquo;empare de la guitare de celle-ci et se met &agrave; improviser une version punk de la ballade traditionnelle &laquo;&nbsp;<strong>Poor Paddy Works On The Railway&nbsp;<\/strong>&raquo; (Paddy, de Padraig, Patrick, est le surnom p&eacute;joratif donn&eacute; par les anglais aux irlandais), &agrave; l&rsquo;exemple du groupe JEEP qu&rsquo;il a vu interpr&eacute;ter une version rapide du tradi &laquo;&nbsp;<strong>Wild Rover<\/strong>&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est une r&eacute;v&eacute;lation. Persuad&eacute;s qu&rsquo;ils tiennent quelque chose, McGowan, Stacy et un pote banjo&iuml;ste du nom de Jem Finer commencent &agrave; r&eacute;p&eacute;ter et &agrave; battre le pav&eacute;. Stacy est alors le chanteur attitr&eacute; du trio. Il chante dans un autre groupe appel&eacute; les &laquo;&nbsp;<strong>Millwall Chainsaws<\/strong>&nbsp;&raquo;, tandis que Shane joue avec les &laquo;&nbsp;<strong>Nipple Erectors<\/strong>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;les dresseurs de t&eacute;tons&nbsp;&raquo;&nbsp;!), ou &laquo;&nbsp;Nips&nbsp;&raquo;. McGowan est d&eacute;j&agrave; une sorte de c&eacute;l&eacute;brit&eacute; locale. En 1976, il appara&icirc;t en premi&egrave;re page des journaux, couvert de sang apr&egrave;s qu&rsquo;une fille qu&rsquo;il a essay&eacute; d&rsquo;embrasser l&rsquo;a mordu &agrave; l&rsquo;oreille lors d&rsquo;un concert du Clash. La presse &agrave; sensation britannique, bien connue pour ses manchettes d&eacute;biles, titre &laquo;&nbsp;<em><strong>Cannibalisme &agrave; un concert des Clash<\/strong><\/em>&nbsp;&raquo;. &nbsp;Un soir de libations, McGowan et Olly Watts (le batteur des Millwall Chainsaws) accostent Richard Strange, propri&eacute;taire du tr&egrave;s branch&eacute; Cabaret Futura dans le West End de Londres. D&eacute;complex&eacute;s par l&rsquo;alcool et vraisemblablement d&rsquo;autres substances, ils se pr&eacute;sentent comme un groupe jouant &laquo;&nbsp;des chansons de rebelles irlandais&nbsp;&raquo; et exigent de jouer dans son club. Strange accepte. &nbsp;Deux semaines plus tard, les &laquo;&nbsp;<strong>New Republicans<\/strong>&nbsp;&raquo; se produisent sur la sc&egrave;ne du Cabaret Futura. Pendant vingt minutes, le groupe nouvellement form&eacute; passe des chansons du r&eacute;pertoire traditionnel irlandais &agrave; la moulinette&nbsp;: &laquo;&nbsp;<strong>The Foggy Dew<\/strong>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>The Merry Ploughboy<\/strong>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>The Bold Fenian Men&nbsp;<\/strong>&raquo;. La voix de Stacy ayant eu &agrave; souffrir d&rsquo;une crise de nerfs r&eacute;cente, c&rsquo;est Shane McGowan qui se colle au chant. &nbsp;N&eacute; en Angleterre de parents irlandais, Shane McGowan a pass&eacute; les six premi&egrave;res ann&eacute;es de sa vie dans la famille de sa m&egrave;re &agrave; Carney, un petit village dans le nord du comt&eacute; de Tipperary en Irlande. La question de son appartenance ne se discute pas : ses parents sont irlandais, il a grandi en Irlande, les auteurs qu&rsquo;il aime sont irlandais, la bi&egrave;re qu&rsquo;il aime est irlandaise, le chanteur des Sex Pistols est irlandais. &nbsp;Les d&eacute;buts sont chaotiques. Le contexte ne se pr&ecirc;te pas du tout aux intentions du groupe. En ao&ucirc;t 1979, l&rsquo;IRA a assassin&eacute; 18 soldats de sa Majest&eacute; &agrave; Warrenpoint dans le comt&eacute; de Down en Irlande du Nord. Les temps ne sont gu&egrave;re propices aux manifestations d&rsquo;irlandit&eacute;. Mais l&rsquo;id&eacute;e fait son chemin.&nbsp; &nbsp;Finalement, fin 1982, une premi&egrave;re mouture du groupe voit le jour sur la sc&egrave;ne du Pindar Of Wakefield, sous le nom de &laquo;&nbsp;<strong>Pogue Mahone<\/strong>&nbsp;&raquo;, anglicisation de la formule ga&eacute;lique P&oacute;g mo th&oacute;in, &laquo;&nbsp;<em><strong>embrasse mes fesses<\/strong><\/em>&nbsp;&raquo;. Le groupe est alors compos&eacute; de Shane McGowan (chant et guitare), Jem Finer (banjo), Spider Stacy (chant, percussions diverses), James Fearnley (accord&eacute;on), Cait O&rsquo;Riordan (basse) et John Hasler (batterie). Ce dernier laissera tr&egrave;s vite sa place &agrave; Andrew Ranken.&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;<strong>D&eacute;sacralisation<\/strong>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>Devenus les &laquo;&nbsp;<strong>Pogues<\/strong>&nbsp;&raquo; tout court, les six musiciens enregistrent un single intitul&eacute; &laquo;&nbsp;<strong>Dark Streets Of London<\/strong>&nbsp;&raquo;. La chanson suscite l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du label ind&eacute;pendant Stiff Records qui se h&acirc;te de signer le groupe. D&eacute;termin&eacute;s &agrave; percer, les Pogues multiplient les concerts dans les pubs et les clubs. En 1984, leur notori&eacute;t&eacute; grandissante leur vaut l&rsquo;honneur de tourner en premi&egrave;re partie du Clash. C&rsquo;est en octobre de la m&ecirc;me ann&eacute;e que sort leur premier album, &laquo;<strong>&nbsp;Red Roses For Me<\/strong>&nbsp;&raquo; (du titre d&rsquo;une pi&egrave;ce du c&eacute;l&egrave;bre dramaturge Sean O&rsquo;Casey). &nbsp;Sur ce premier album, les Pogues revisitent avec une f&eacute;rocit&eacute; irr&eacute;sistible les vieilles histoires de beuverie, de vagabondage et de labeur du r&eacute;pertoire traditionnel irlandais, les &laquo;&nbsp;<strong>Waxie&rsquo;s Dargle<\/strong>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>Muirshen Durkin<\/strong>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>Poor Paddy Works On The Railway<\/strong>&nbsp;&raquo;. Mais les titres les plus marquants sont encore les compositions originales de Shane McGowan, comme ce &laquo;&nbsp;<strong>Boys From The Count Hell<\/strong>&nbsp;&raquo; et son riff d&rsquo;intro Morriconien. Une chanson d&eacute;lirante aux paroles infr&eacute;quentables&nbsp;: <\/p>\n<p>&nbsp;<strong>(Boys From The County Hell)<\/strong><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Le premier jour de mars, il pleuvait<\/em><em>&nbsp;Il pleuvait plus fort que j&rsquo;ai jamais vu <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai bu dix pintes de bi&egrave;re et j&rsquo;ai insult&eacute; tous les gens qui &eacute;taient l&agrave;<\/em><\/p>\n<p><em>Je voudrais que toute cette pluie arr&ecirc;te de me tomber dessus<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Pr&ecirc;tes moi dix livres et je te paierai &agrave; boire, <\/em><em>et toi la m&egrave;re, r&eacute;veilles moi de bonne heure demain matin<\/em><em>&laquo; <\/em><\/p>\n<p><em>A l&rsquo;&eacute;poque, je travaillais pour un proprio<\/em><\/p>\n<p><em>Et c&rsquo;&eacute;tait le connard le plus m&eacute;chant que vous ayez jamais vu<\/em><\/p>\n<p><em>Ca lui faisait mal au cul de perdre le moindre penny<\/em><\/p>\n<p><em>Et c&rsquo;&eacute;tait un mis&eacute;rable encul&eacute; et un putain de b&acirc;tard de fils de pute<\/em><em>&laquo;<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;Je me rappelle comment on s&rsquo;est occup&eacute;s de lui un dimanche<\/em><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>On l&rsquo;a chop&eacute; par le dos et on lui a bris&eacute; les couilles<\/em><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>Et peut-&ecirc;tre que ce n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un r&ecirc;ve, peut-&ecirc;tre que &ccedil;a s&rsquo;est vraiment pass&eacute;<\/em><\/p>\n<p><em>Mais tout ce que je sais c&rsquo;est que je suis parti sans un sou, bordel de merde [&hellip;] <\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp; Mais maintenant j&rsquo;ai la plus chouette des v&eacute;randas<\/em><\/p>\n<p><em>Je peux m&rsquo;asseoir et regarder les junkies, les alcoolos, les macs et les putes<\/em><\/p>\n<p><em>Cinq bouteilles de vin tra&icirc;nent le sol<\/em><\/p>\n<p><em>Par le Christ, je voudrais qu&rsquo;il y en ait cinquante de plus [&hellip;]<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Les gars et moi on est bourr&eacute;s et on est &agrave; ta recherche<\/em><\/p>\n<p><em>On va bouffer tes foutues entrailles et on n&rsquo;en aura rien &agrave; foutre<\/em><\/p>\n<p><em>Mon p&egrave;re &eacute;tait une chemise bleue *1 et ma m&egrave;re &eacute;tait une vraie dame<\/em><\/p>\n<p><em>Mon fr&egrave;re a obtenu ses m&eacute;dailles &agrave; My Lai *2 au Vietnam [&hellip;] <\/em><\/p>\n<p><em>Le premier jour de mars, il pleuvait<\/em><\/p>\n<p><em>Il pleuvait plus fort que j&rsquo;ai jamais vu<\/em><\/p>\n<p><em>Reste de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la rue, on sait jamais<\/em><\/p>\n<p><em>Nous sommes une bande de diables assoiff&eacute;s, nous sommes les gars du comt&eacute; de l&rsquo;enfer&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p><em>&nbsp;<\/em>&nbsp;En comparaison, le c&eacute;l&egrave;bre couplet de Johnny Cash &laquo;&nbsp;<em><strong>J&rsquo;ai tir&eacute; sur un gars &agrave; Reno rien que pour le voir crever&nbsp;<\/strong><\/em>&raquo; tient de la comptine pour enfants. Autre composition originale, &laquo;&nbsp;<strong>Streams Of Whiskey<\/strong>&nbsp;&raquo;, chanson &agrave; boire contagieuse dans laquelle Shane McGowan rend hommage &agrave; Brendan Behan, po&egrave;te et dramaturge irlandais du vingti&egrave;me si&egrave;cle (1923-1967), alcoolique incurable et Fenian convaincu *3. C&rsquo;est &agrave; lui que l&rsquo;on doit &laquo;&nbsp;<strong>The Auld Triangle<\/strong>&nbsp;&raquo;, &eacute;galement sur l&rsquo;album.&nbsp; <\/p>\n<p>&nbsp;<strong>(Streams Of Whiskey)<\/strong><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;La nuit derni&egrave;re, comme je dormais, j&rsquo;ai r&ecirc;v&eacute; que je rencontrais Behan<\/em><\/p>\n<p><em>Je lui ai serr&eacute; la main et on a pass&eacute; du temps ensemble<\/em><\/p>\n<p><em>Quand je lui ai demand&eacute; quelle &eacute;tait sa philosophie de la vie<\/em><\/p>\n<p><em>Il n&rsquo;a eu que ces mots simples et clairs &agrave; me r&eacute;pondre&nbsp;:<\/em><em>&laquo;&nbsp;Je vais dans n&rsquo;importe quelle direction o&ugrave; souffle le vent<\/em><\/p>\n<p><em>Je vais l&agrave; o&ugrave; le whisky coule &agrave; flots<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Ces mots m&rsquo;avaient l&rsquo;air d&rsquo;&ecirc;tre la plus sage des philosophies<\/em><\/p>\n<p><em>Il n&rsquo;y a rien &agrave; gagner d&rsquo;un truc mouill&eacute; qui s&rsquo;appelle une larme<\/em><\/p>\n<p><em>Quand le monde est trop noir et que j&rsquo;ai besoin de lumi&egrave;re int&eacute;rieure<\/em><\/p>\n<p><em>Je rentre dans un bar et je bois quinze pintes de bi&egrave;re&nbsp;&raquo;. <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;En raison du caract&egrave;re fou furieux de l&rsquo;entreprise, &laquo;&nbsp;Red Roses For Me&nbsp;&raquo; acquiert un statut d&rsquo;&oelig;uvre culte. A telle enseigne qu&rsquo;Elvis Costello se propose de produire leur album suivant. &laquo;&nbsp;<strong>Rhum, Sodomy and The Lash<\/strong>&nbsp;&raquo; para&icirc;t en 1985. La l&eacute;gende veut que la formule ait &eacute;t&eacute; invent&eacute;e par Winston Churchill pour d&eacute;crier la marine anglaise: &laquo;<em><strong>&nbsp;ne me parlez pas de la tradition navale, ce n&rsquo;est que rhum, sodomie et coups de fouet&nbsp;&raquo;.<\/strong><\/em> La pochette de l&rsquo;album fait figurer les membres du groupe parmi les naufrag&eacute;s du &laquo;&nbsp;<strong>Radeau de la M&eacute;duse<\/strong>&nbsp;&raquo; de G&eacute;ricault. Comme le pr&eacute;c&eacute;dent, l&rsquo;album contient son lot de reprises&nbsp;: &laquo;&nbsp;<strong>Navigator<\/strong>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>The Gentleman Soldier<\/strong>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>I&rsquo;m A Man You Don&rsquo;t Meet Every Day&nbsp;<\/strong>&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>The Band Played Waltzing Matilda<\/strong>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<strong>Dirty Old Town<\/strong>&nbsp;&raquo;. Le c&oelig;ur (et le foie) mis &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans leur interpr&eacute;tation fait (font) de ces reprises de &laquo;&nbsp;<strong>Dirty Old Town<\/strong>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<strong>The Band Played Waltzing Matilda<\/strong>&nbsp;&raquo; des enregistrements bien plus populaires que les versions d&rsquo;origine. Le &laquo;&nbsp;<strong>Dirty Old Town<\/strong>&nbsp;&raquo; des Pogues devient la version de r&eacute;f&eacute;rence, et pour cause&nbsp;: l&rsquo;instrumentation est splendide&nbsp;et la diction de tra&icirc;ne-savates de McGowan porte en elle toute la mis&egrave;re farouche des faubourgs ouvriers. La reprise de &laquo;&nbsp;<strong>The Gentleman Soldier<\/strong>&nbsp;&raquo; est un carnag<br \/>\n absolu. D&eacute;tail singulier, &laquo;&nbsp;<strong>I&rsquo;m A Man You Don&rsquo;t Meet Every Day<\/strong>&nbsp;&raquo;, une histoire de vieux capitaine, est chant&eacute;e par Cait O&rsquo;Riordan &agrave; la premi&egrave;re personne.&nbsp; &nbsp;Aussi convaincantes soient-elles, ces reprises ont surtout le m&eacute;rite de donner la mesure du g&eacute;nie de McGowan. Car, hormis &laquo;&nbsp;<strong>Dirty Old Town<\/strong>&nbsp;&raquo; si on veut, aucune d&rsquo;elles ne soutient la comparaison avec les propres chansons du garnement. Avec &laquo; <strong>Sally McLennane<\/strong> &raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>A Pair Of Brown Eyes<\/strong> &raquo; et&nbsp; &laquo; <strong>The Sick Bed Of Cuchulainn<\/strong> &raquo;, McGowan transcende toute une tradition &agrave; lui seul ou presque, fouillant ses paroles dans l&rsquo;histoire et les l&eacute;gendes&nbsp;; dans les livres et dans la rue&nbsp;; au fond des gosiers, au plus profond des c&oelig;urs, et jusque dans les tripes. Qu&rsquo;on en juge d&rsquo;apr&egrave;s ces traductions approximatives&nbsp;: &nbsp;<\/p>\n<p><strong>(Sally McLennane)<\/strong><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Jimmy jouait de l&rsquo;harmonica dans le pub o&ugrave; je suis n&eacute;<\/em><\/p>\n<p><em>Il jouait du soir jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;aube<\/em><\/p>\n<p><em>Il calmait les esprits des psychopathes et des gars qui avaient la trique<\/em><\/p>\n<p><em>Et ils avaient tous l&rsquo;air heureux au petit matin <\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Mais Jimmy ne se plaisait pas dans notre petit monde<\/em><\/p>\n<p><em>dans lequel l&rsquo;homme &eacute;l&eacute;phant brisait des vert&egrave;bres quand il avait bu trop de Powers *4. <\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;M&ecirc;me s&rsquo;il &eacute;tait triste de voir la peine des gens qu&rsquo;il laissait derri&egrave;re<\/em><\/p>\n<p><em>Il prit la route pour Dieu sait o&ugrave; au petit matin.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;On l&rsquo;a accompagn&eacute; &agrave; la gare sous la pluie&nbsp;<\/em><em>On l&rsquo;a embrass&eacute; en le mettant dans le train&nbsp;<\/em><em>Et on lui a chant&eacute; une chanson du bon vieux temps<\/em><\/p>\n<p><em>M&ecirc;me si on savait qu&rsquo;on le reverrait <\/em><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est triste &agrave; dire, mais je dois m&rsquo;en aller<\/em><\/p>\n<p><em>Alors paie-moi une bi&egrave;re ou un whisky pour la route<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;aimerais croire que je rentrerai le plus t&ocirc;t possible<\/em><\/p>\n<p><em>Pour retrouver le plus chouette petit rade et Sally McLennane<\/em><em>&laquo;&nbsp;Les ann&eacute;es ont pass&eacute;es, les temps ont chang&eacute;, je suis devenu un homme<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai appris comment d&eacute;verrouiller la vertu de la douce Sally McLennane<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai encaiss&eacute; les quolibets, j&rsquo;ai bus des tas de bi&egrave;res et je suis rentr&eacute; chez moi en rampant &agrave; l&rsquo;aube<\/em><\/p>\n<p><em>Finalement, un matin, j&rsquo;ai fini barman<\/em><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai jou&eacute; de la pompe jusqu&rsquo;&agrave; en devenir bossu et j&rsquo;ai enfil&eacute; du whisky<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai parl&eacute; putains et chevaux avec les vieux qui buvaient de la brune<\/em><\/p>\n<p><em>Je les ai entendus dire que Jimmy se faisait de l&rsquo;argent &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger<\/em><\/p>\n<p><em>Certains gars sont partis vers ce paradis-l&agrave; au petit matin<\/em><em>&laquo;&nbsp;On les a accompagn&eacute;s &agrave; la gare sous la pluie&nbsp;<\/em><em>On les a embrass&eacute;s en les mettant dans le train&nbsp;<\/em><em>Et on leur a chant&eacute; une chanson du bon vieux temps. [&hellip;]<\/em><em>&laquo;&nbsp;Quand Jimmy est rentr&eacute; il a &eacute;t&eacute; surpris qu&rsquo;ils soient partis<\/em><\/p>\n<p><em>Il m&rsquo;a demand&eacute; quels trains ils avaient pris<\/em><\/p>\n<p><em>Certaines personnes ont peur de clamser mais pas Jimmy<\/em><\/p>\n<p><em>Il a bu jusqu&rsquo;&agrave; en &eacute;touffer, et il a pris la route du Ciel au petit matin.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;On l&rsquo;a accompagn&eacute; &agrave; la gare sous la pluie&nbsp;<\/em><em>On l&rsquo;a embrass&eacute; en le mettant dans le train&nbsp;<\/em><em>Et on lui a chant&eacute; une chanson du bon vieux temps, m&ecirc;me si on savait qu&rsquo;on le reverrait.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est triste &agrave; dire, mais je dois m&rsquo;en aller<\/em><\/p>\n<p><em>Alors paie-moi une bi&egrave;re ou un whisky pour la route<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;aimerais croire que je rentrerai le plus t&ocirc;t possible<\/em><\/p>\n<p><em>Pour retrouver le plus chouette petit rade et Sally McLennane&nbsp;&raquo;<\/em>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>(The Sick Bed Of C&uacute;chulainn *5)<\/strong><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;McCormack et Richard Tauber *6 fredonnent &agrave; ton chevet<\/em><\/p>\n<p><em>Il y a un verre de punch &agrave; tes pieds et un ange au-dessus de ta t&ecirc;te<\/em><\/p>\n<p><em>Il y a des d&eacute;mons de chaque c&ocirc;t&eacute; du lit avec des fioles dans leurs mains<\/em><\/p>\n<p><em>Il ne suffirait plus que d&rsquo;une seule goutte de poison pour te faire r&ecirc;ver &agrave; des terres&nbsp;&eacute;trang&egrave;res.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Quand tu t&rsquo;es bourr&eacute; la gueule &agrave; Francfort et que tu as attrap&eacute; la syphilis &agrave; Cologne<\/em><\/p>\n<p><em>Et que t&rsquo;as entendu les trains grin&ccedil;ants de la mort tandis que tu &eacute;tais &eacute;tendu l&agrave; tout seul<\/em><\/p>\n<p><em>Frank Ryan *7 t&rsquo;a pay&eacute; un whisky dans un bordel &agrave; Madrid<\/em><\/p>\n<p><em>Et t&rsquo; as castagn&eacute; un connard de chemise noire *8 qui insultait tous les youpins.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Au chevet de C&uacute;chulainn, on va se mettre &agrave; genoux et r&eacute;citer une pri&egrave;re<\/em><em>Les fant&ocirc;mes griffent &agrave; la porte et le diable est assis sur sa chaise.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Et dans la taverne &agrave; Euston *9, t&rsquo;as cri&eacute; que c&rsquo;&eacute;tait ta tourn&eacute;e<\/em><\/p>\n<p><em>Mais ils ont pas voulu te servir, alors tu as fracass&eacute; les fen&ecirc;tres<\/em><\/p>\n<p><em>Ils t&rsquo;ont emmen&eacute; dans la rue et ils t&rsquo;ont donn&eacute; des coups de pied dans la t&ecirc;te<\/em><\/p>\n<p><em>Alors tu es rentr&eacute; par une issue de secours et tu as tout recommenc&eacute;.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Au chevet de C&uacute;chulainn, on va se mettre &agrave; genoux et r&eacute;citer une pri&egrave;re<\/em><em>Les fant&ocirc;mes griffent &agrave; la porte et le diable est assis sur sa chaise.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Tu te souviens de cette soir&eacute;e infecte quand tu as entendu hurler les Banshees *10<\/em><\/p>\n<p><em>Il y avait des connards de fain&eacute;ants bourr&eacute;s qui chantaient &laquo;&nbsp;Billy In The Bowl&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p><em>Ils t&rsquo;ont emmen&eacute; &agrave; la messe de minuit et ils t&rsquo;ont plant&eacute; l&agrave;<\/em><\/p>\n<p><em>Alors t&rsquo;as d&eacute;pos&eacute; une pi&egrave;ce dans l&rsquo;assiette et t&rsquo;as vomi dans l&rsquo;&eacute;glise.<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Maintenant tu chantes une chanson de libert&eacute; pour les noirs et les pakis et les arabes<\/em><\/p>\n<p><em>Et ils vont te sortir de cette d&eacute;charge publique et te foutre dans une caisse<\/em><\/p>\n<p><em>Puis ils vont t&rsquo;emmener au prieur&eacute; et te mettre en terre<\/em><\/p>\n<p><em>Mais tu vas sortir la t&ecirc;te et crier &laquo;&nbsp;on va reprendre une tourn&eacute;e&nbsp;!&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Sur la tombe de C&uacute;chulainn, on va s&rsquo;agenouiller et r&eacute;citer une pri&egrave;re<\/em><\/p>\n<p><em>Et Dieu est dans son paradis, et Billy est dans la baie.&nbsp;&raquo;<\/em>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De l&rsquo;avis g&eacute;n&eacute;ral le meilleur album des Pogues, &laquo;&nbsp;<strong>Rhum, Sodomy &amp; The Lash<\/strong> &raquo; impose d&eacute;finitivement le groupe dans la cour des grands. Le guitariste Philip Chevron (ex-Radiators From Space, premier groupe punk irlandais) a rejoint le bordel organis&eacute;. Les titres instrumentaux que sont &laquo;&nbsp;<strong>Wildcats Of Kilkenny<\/strong>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;A<strong> Pistol For Paddy Garcia&nbsp;<\/strong>&raquo; (encore un morceau d&rsquo;ob&eacute;dience Morriconienne) montrent un groupe fringant, fougueux et plein de morgue. Le succ&egrave;s ne se fait plus attendre. Le deuxi&egrave;me album des Pogues atteint la 13&egrave; place des charts en Angleterre en 1985. Les Pogues tournent &agrave; travers l&rsquo;Europe. L&rsquo;arriv&eacute;e du multi-instrumentaliste Terry Woods, qui a fait ses armes chez divers groupes folk (Steeleye Span, en particulier), &eacute;largit encore les horizons et les ambitions du groupe. En 1986, les Pogues partent &agrave; l&rsquo;assaut des Etats-Unis. &nbsp;La m&ecirc;me ann&eacute;e, ils mettent fin &agrave; leur contrat avec leur label Stiff (celui-ci fera faillite en 1987), et enregistrent en secret un mini-album de quatre titres intitul&eacute; &laquo;&nbsp;<strong>Poguetry In Motion<\/strong>&nbsp;&raquo; (de nouveau produit par Costello), qui comprend la bondissante &laquo;&nbsp;<strong>London Girl<\/strong>&nbsp;&raquo; ainsi que deux de leurs plus belles chansons, &laquo;&nbsp;<strong>A Rainy Night In Soho&nbsp;<\/strong>&raquo; et &laquo;&nbsp;<strong>The Body Of An American<\/strong>&nbsp;&raquo;. Ce dernier titre, qui relate les exploits et le tr&eacute;pas d&rsquo;un boxeur am&eacute;ricain d&rsquo;origine irlandaise, est enregistr&eacute; &agrave; point pour la tourn&eacute;e am&eacute;ricaine qui suivra incessamment. &nbsp;Les chansons mises en bo&icirc;te, Cait O&rsquo;Riordan quitte le groupe pour convoler avec Elvis Costello. Le roadie Darryl Hunt est officiellement int&eacute;gr&eacute; pour pallier &agrave; son d&eacute;part. <\/p>\n<p><strong>Les Pogues sont fins pr&ecirc;ts pour conqu&eacute;rir le monde&#8230;&nbsp;A suivre&hellip;.<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong>&nbsp;<em><strong>*1 &#8211; Les &laquo;&nbsp;chemises bleues&nbsp;&raquo; &eacute;taient les sympathisants fascistes irlandais de l&rsquo;Army Comrades Association pendant la guerre d&rsquo;Espagne. <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*2 &ndash; My Lai est un des grands scandales de la guerre du Vietnam. En 1968, le 23&egrave; r&eacute;giment d&rsquo;infanterie de l&rsquo;arm&eacute;e am&eacute;ricaine massacre plus de 300 civils vietnamiens dans ce village. <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*3 &#8211; En 1939, Brendan Behan est arr&ecirc;t&eacute; par la police britannique qui lui reproche d&rsquo;avoir particip&eacute; &agrave; un attentat &agrave; la bombe &agrave; Liverpool. Il passe trois ans en prison et devient interdit de s&eacute;jour en Angleterre. En 1942, il tire sur un policier &agrave; Dublin au cours de c&eacute;r&eacute;monies comm&eacute;morant le soul&egrave;vement de 1916. Il est condamn&eacute; &agrave; 14 ans de prison mais n&rsquo;en purgera que quatre avant d&rsquo;&ecirc;tre amnisti&eacute;. En 1947, il est de nouveau arr&ecirc;t&eacute; en Angleterre. Ses pi&egrave;ces les plus connues sont&nbsp;The Hostage (1958) et The Quare Fellow (1959). <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*4 &#8211; Powers est une marque de whisky irlandais qui porte bien son nom.<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*5 &#8211; Dans la mythologie celtique irlandaise, C&uacute;chulainn est le champion de l&rsquo;Ulster. Un guerrier invincible, extr&ecirc;mement irritable, qui passe son temps &agrave; botter des culs. Curieusement, c&rsquo;est une figure du nationalisme qui est revendiqu&eacute;e &agrave; la fois par les unionistes d&rsquo;Ulster et les nationalistes Irlandais. Pour certains intellectuels, il est surtout le symbole de l&rsquo;ignorance crasse et de la violence gratuite. <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*6 &#8211; John Francis McCormack (1884-1945) &eacute;tait un t&eacute;nor irlandais et Richard Tauber (1891-1948)&nbsp; un t&eacute;nor autrichien &eacute;migr&eacute; &agrave; Londres. <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*7- Frank Ryan (1902-1944) &eacute;tait un membre influent de l&rsquo;IRA et le leader de la faction irlandaise engag&eacute;e dans la guerre d&rsquo;Espagne au c&ocirc;t&eacute; des R&eacute;publicains contre Franco (&agrave; l&rsquo;inverse de la &laquo;&nbsp;chemise bleue&nbsp;&raquo; dans la chanson &laquo;&nbsp;Boys From The County Hell&nbsp;&raquo;, voir plus haut). <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*8- Les &laquo;&nbsp;chemises noires&nbsp;&raquo; &eacute;taient les sympathisants fascistes italiens de Mussolini &agrave; partir de 1919.&nbsp; On ne va bient&ocirc;t plus oser porter de chemise du tout. <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*9 &ndash; Euston est un quartier de Londres. <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>*10 &ndash; Les Banshees sont des f&eacute;es qui prennent l&rsquo;apparence soit d&rsquo;oiseaux, soit de vieilles lavandi&egrave;res, soit de jeunes femmes super canon (faudrait se d&eacute;cider, hein) et dont le cri, qui passe pour &ecirc;tre plus insupportable que les tr&eacute;molos de Lara Fabian, est cens&eacute; annoncer une mort prochaine.&nbsp;<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<strong>Joe L&rsquo;Trembleur<\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2003, je faisais la queue devant l&rsquo;Olympia Theatre &agrave; Dublin pour voir les chicots pourris de Shane McGowan faire une bouillie de paroles qui me faisaient me tortiller d&rsquo;euphorie et hurler au g&eacute;nie chaque fois je les entendais sur disque.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":94,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-93","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/93","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=93"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/93\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/94"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=93"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=93"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rennet.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=93"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}